23/03/2010

A ma soeur. Poème de la semaine.

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Ma soeur
Il fallait le comprendre
Ma soeur
Je ne pouvais entendre
Ton mal d'aimer
Ta soif de nous le dire
Toi tu voulais
Autre chose que le pire
Tu as
Connu tant de souffrances
Tu avais
Connu tant de malchance
Tu attendais
De nous une lumière
Pourtant tu sais
Nous ne pouvions rien faire
C'est toi
Qui contrôlais ta vie
C'est toi
Mais toi tu nous as fuis
Tu aurais pu
Choisir de te reprendre
Tu sais la vie
Parfois peut nous surprendre
Elle offre
Ses moments les plus doux
A ceux
Qui croient être au bout
Il faut parfois
Savoir saisir sa chance
D'un autre amour
D'une douce présence
Tu as
Couru vers des chimères
La nuit parfois, je crois
Entendre tes prières
Je sais la peur
De vivre est bien trop dure
Alors adieu
Adieu ma soeur ma reine
Tu sais sous peu
Je n'aurai plus de peine
Je garderai
Tous nos mots les plus chauds
Et de nous deux
Les rêves les plus beaux
Car je n'aurai
Au coeur plus d'amertume
Et je vivrai
Sans pensées importunes
Je donnerai
Ce que tu as refusé
Et j'aimerai
Ceux que tu as quittés
Pour effacer en eux
Toute trace de haine
Et ne garder
Que ce mot doux: on t'aime!

19/10/2009

Le Droit à Mourir Dans la Dignité: Société.

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Adoptée à l'unanimité par le Parlement, en réponse au cas de Vincent Humbert, ce jeune tétraplégique qui réclamait le droit de mourir, la loi de 2005 a encadré les conditions de la fin de vie : elle proscrit tout acharnement thérapeutique, autorise le "laisser mourir" quand les patients refusent la poursuite des traitements et permet aux médecins de soulager la douleur au risque d'entraîner la mort.
 
Survenant moins de trois ans après l'adoption de ce texte, l'affaire Sébire en avait  cependant souligné les limites (cette jeune femme défigurée qui réclamait le droit d'être accompagnée dans la mort). La loi ne répond pas au cas des patients incurables et conscients, et qui refusent d'être plongés dans le coma avant de mourir : en bref, si elle s'apparente à une forme d'euthanasie passive, elle ne franchit pas la barrière du geste actif qui donne la mort.
 
L'affaire Sébire a aussi mis en lumière la mauvaise connaissance, voire l'ignorance de la loi sur la fin de vie, par les soignants. La pratique du "laisser mourir" (arrêt de l'hydratation et de l'alimentation), prise au pied de la lettre, a conduit à des dérives, à la limite de la maltraitance, les personnes se retrouvant parfois sans soins suffisamment calmants pour garder leur dignité dans leurs derniers jours d'existence.
 
Le cas d'Hervé Pierra, un jeune homme en situation de coma neurovégétatif, et dont les parents avaient réclamé l'arrêt des traitements, a marqué les esprits : son agonie, a duré six jours après l'arrêt de la sonde qui le nourrissait et s'est transformée en calvaire pour ses parents, faute de sédation adéquate.
 
En avril 2008, le premier ministre François Fillon a mandaté un député UMP (Alpes-Maritimes), qui a donné son nom à la loi du 22 avril 2005, pour faire une évaluation de sa mise en oeuvre. Mais, alors qu'elle devait examiner l'opportunité de l'instauration d'une exception d'euthanasie, la mission s'est vite recentrée sur l'application de la loi, en excluant explicitement le suicide assisté. "Nous nous intéressons aux malades graves et incurables en situation avancée ou terminale, mais non au suicide assisté", déclarait ainsi M. Leonetti, à l'issue des premières auditions. Pendant six mois, la mission a entendu près de 60 spécialistes des questions éthiques et praticiens de la fin de la vie. Elle s'est également déplacée à l'étranger et notamment aux Pays-Bas, où l'euthanasie est autorisée, sous condition, pour les malades incurables.
 
Son rapport devait écarter toute solution de ce type, même à titre exceptionnel. M. Leonetti s'est ainsi prononcé à plusieurs reprises contre le suicide assisté, estimant qu'il relevait d'une liberté qui ne pouvait se transformer en droit opposable.
"La société n'a pas à assumer ce geste, expliquait-il  Chantal Sébire s'est suicidée, c'était son choix personnel, mais la société n'avait pas à l'ériger en loi." En revanche, la mission devrait clarifier le cadre juridique de l'aide au suicide : si le suicide est une liberté, l'assistance d'une tierce personne pour y parvenir, si elle ne fait pas elle-même le geste actif, pourrait ne pas être pénalement sanctionnable.

Tout cela relève d'une hypocrisie à la limite du tolérable: imaginez une infirmière présentant au patient ou à un membre de la famille une seringue, aiguille dans la veine, et demandant à ce que quelque un d'autre qu'elle-même appuie sur le piston!

En ce moment, une discussion tente tant bien que mal d'aboutir qui devrait plaider pour un renforcement de la législation actuelle et une plus grande pédagogie sur les droits offerts aux malades en fin de vie. La mission pourrait ainsi préconiser un meilleur recours à la sédation terminale, qui permet d'"endormir" doucement un patient, en évitant les affres d'une douloureuse agonie. Soyons clairs: les aider à mourir et diantre, c'est-ce qui est demandé, ne tournons plus autour du pot, cherchant des mots moins crus: l'euthanasie bon sens!
Elle pourrait aussi soutenir l'instauration d'un congé d'accompagnement en fin de vie pour les proches des mourants : le ministère de la santé, qui planche sur le dossier, estime "entre 5 millions d'euros à 64 millions d'euros par an" la création d'une telle mesure. Enfin, la mission devrait proposer la création d'un observatoire des pratiques de la fin de vie : si 70 % des Français meurent à l'hôpital, on ignore encore largement dans quelles conditions et avec quel accompagnement soignant.

De tout cœur, et parce qu'ils sont les plus nombreux à être concernés par ces mesures, j'espère que les législateurs prendront en compte  la fin de vie de nos personnes âgées placées en maisons de retraite pas toujours adaptées à leurs besoins et où leur avis est rarement pris en considération.

Et dans tous les cas, moins de blablas bon sang, il y a des gens qui souffrent!

 
AB asignat doré