21/07/2010

Langage des corps. Atelier d'écriture.

Voilà! je vais vous laisser méditer, avoir chaud ou froid, fantasmer, rire, chanter, essayer d'écrire vous aussi un texte sur ce thème. Je pars demain matin en vacances jusque fin juillet. Alors je vous embrasse et que vous partiez ou pas, je vous souhaite d'être heureux:)!

 

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Voici donc la fameuse consigne:

Une écriture du corps _ Retrouvez le souvenir ou imaginez une perception du corps d'un autre (mouvements,présence, odeurs...), qu'il soit caché ou soudain dévoilé, dans une situation amoureuse ou non, mais dans un moment ou le corps de l'autre jette un trouble. Découverte (la nudité d'un corps qu'on connaissait autrement), gêne (par exemple la maladie qui expose au regard ou des situations imprévues qui donnent à voir un corps qu'on ne souhaite pas voir)...Ou retrouvez une sensation particulière de votre corps : dans l'eau ou dans un état second. Écrivez ces sensations sous formes de bribes, d'images....

Sa main comme une flamme. Sa main comme un brasier. Elle est là sur le siège, elle ne bouge pas. Pourtant elle l'imagine qui remonte doucement et son pouls s'accélère, sa respiration progressivement devient haletante. Elle a chaud, elle a froid elle ne sait plus trop.


Lui il est là tranquille, il ne parle pas. Sa voisine de canapé lui pose une question. Il se tourne vers elle et dévoile fugitivement l'échancrure de son cou, délicieusement blanc, doux, enfantin.

Sa main alors fait des volutes dans l'air, rythmant ses mots. elle voit ses lèvres, un peu fines mais très rouges, qui bougent et s'humidifient. Il sourit et la blancheur de ses dents décroche dans sa poitrine à elle un séisme de sensations. Maintenant elle est moite, elle ne suit absolument plus aucune conversation, elle est muette et chaude. Lui se tourne un peu vers elle, il lui parle mais elle n'entend pas, elle ne perçoit que "lui" physiquement. ce qu'il dit importe peu, d'ailleurs est-il intelligent? Elle ne l'a jamais jugé, elle le côtoie depuis des années sans même lui porter le moindre intérêt et là, tout à coup c'est le désir, absolu.

Il faut qu'elle le touche. Il lui suffirait de l'effleurer, elle est sûre qu'alors, la magie n'opérerait plus, il redeviendrait François, le mari de Nadine.

Mais en attendant, il est le mâle. Sa bouche est sèche, gonflée, presque douloureuse. Elle passe doucement sa langue sur sa lèvre supérieure et ce contact enflamme d'autant plus ses sens. Elle a la perception éperdue de son corps malgré la distance. Elle imagine sur elle, en elle, son grain de peau, sa chaleur nichée en elle, palpitante et le désir monte, le ventre se fait creux, en attente, haletant, le picotement de la nuque est presque insoutenable, son corsage caresse et dessine ses seins durcis, Elle est à lui, pour lui en cet instant de passion folle. De légers tremblements l'animent: quelqu'un pourrait-il le voir? Elle ne sait plus, elle est tendue vers son plaisir. Et puis la jouissance est là, sublime, sans nom, suffocante d'être enfouie, tue. Elle pourrait hurler, elle voudrait crier et pourtant elle ne bouge pas. Ses cuisses doucement se sont rapprochées et le crissement de la soie échauffe encore ses sens. Elle mord l'intérieur de sa joue et cette douleur, même légère, lui donne du plaisir parce que c'est encore lui qui la lui inflige.


Elle le regarde. Voila! La magie est passée. François ne saura jamais et elle gardera en elle, toujours, la blessure de sa chair offerte, ce moment d'amour flou, solitaire et pourtant partagé.

 

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17/12/2009

La transhumance vue par A. Daudet.

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Contrairement à l'habitude il ne s'agit pas là d'un texte que j'ai écrit, je manque de temps à l'approche de Noël. C'est un extrait des Lettres de mon moulin, d'Alphonse Daudet si cher aux gens du midi. Ce sont des souvenirs d'enfance pour moi, qui remontent lisant ces lignes: lorsque j'avais ô! 8 ou 9 ans, on m'a demandé de lire ces pages pour une fête de Noël à l'école. Et ce passage-ci ... je ne peux pas vous dire, c'est inoubliable tant j'étais émue, j'imaginais la scène, je voyais les cabris gambader dans la transhumance.... De grands moments de joie! Dites-le avec l'accent dans votre tête, vous  verrez, çà change tout:)!


Il faut vous dire qu'en Provence, c'est l'usage, quand viennent les chaleurs, d'envoyer le bétail dans les Alpes. Bêtes et gens passent cinq ou six mois là-haut, logés à la belle étoile, dans l'herbe jusqu'au ventre.

Puis, au premier frisson de l'automne, on redescend au mas, et l'on revient brouter bourgeoisement les petites collines grises que parfume le romarin... Donc hier soir les troupeaux rentraient.
 

Depuis le matin, le portail attendait, ouvert à deux battants, les bergeries étaient pleines de paille fraîche. D'heure en heure on se disait: "Maintenant, ils sont à Eyguières, maintenant au Paradou."
Puis, tout à coup, vers le soir, un grand cri: "Les voilà!" et là-bas, au lointain, nous voyons le troupeau s'avancer dans une gloire de poussière. Toute la route semble marcher avec lui... Les vieux béliers viennent d'abord, la corne en avant, l'air sauvage; derrière eux le gros des moutons, les mères un peu lasses, leurs nourrissons dans les pattes; les mules à pompons rouges portant dans des paniers les agnelets d'un jour qu'elles bercent en marchant; puis les chiens tout suants, avec des langues jusqu'à terre, et deux grands coquins de bergers drapés dans des manteaux de cadis roux qui leur tombent sur les talons comme des chapes.
 
Tout cela défile devant nous joyeusement et s'engouffre sous le portail, en piétinant avec un bruit d'averse... Il faut voir quel émoi dans la maison. Du haut de leur perchoir, les gros paons vert et or, à crête de tulle, ont reconnu les arrivants et les accueillent par un formidable coup de trompette. Le poulailler, qui s'endormait, se réveille en sursaut. Tout le monde est sur pied: pigeons, canards, dindons, pintades. La basse-cour est comme folle; les poulets parlent de passer la nuit!... On dirait que chaque mouton a rapporté dans sa laine, avec un parfum d'Alpe sauvage, un peu de cet air vif des montagnes qui grise et qui fait danser.
 
C'est au milieu de tout ce train que le troupeau gagne son gîte. Rien de charmant comme cette installation. Les vieux béliers s'attendrissent en revoyant leur crèche. Les agneaux, les tout petits, ceux qui sont nés dans le voyage et n'ont jamais vu la ferme, regardent autour d'eux avec étonnement.

 
Vous voyez, çà danse, c'est léger... et si l'envie vous prend de sentir cette ambiance, la humer, vous en imprégner, lisez comme moi je le fais encore aujourd'hui "Les lettres de mon moulin": On ne ne s'en lasse pas:)!

 
AB asignat doré

09/12/2009

La crèche: souvenirs d'enfance (suite).

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Le saviez-vous? Certains prétendent que les marseillais construisirent des crèches avec les santons en terre cuite pour compenser l'interdiction des messes de minuit pendant la révolution.
A la fin du XVIIIe siècle les enfants jouent avec les santouns qui représentent des saints miniatures en plâtre ou en bois.
C'est de ce jouet enfantin que vont naître les premiers santons dans les quartiers près du vieux port de Marseille, car le santon est bien originaire de la cité phocéenne.
Le premier santonnier, Jean Louis Lagnel, né à Marseille en 1764,  fabriqua en série et en argile crue les "santouns" des enfants qui seront destinés aux crèches familiales.
Les personnages représentent, dès l'origine les petits métiers de la vie d'autrefois. La collection familiale de figures se transmet et s'enrichit de génération en génération.

 
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Nous avions bien avancé dans les préparatifs de Noël. On voyait maintenant la taille qu'aurait la crèche et nous pouvions acheter les santons.  Bien sûr on ne changeait pas tout d'un coup, tant pis si le berger, le rémouleur et même le Jésus étaient un peu petit, c'était un travail à long terme parce que les santons en Provence, c'est cher!
Mais nous achetions les figurines en plâtre, bien plus économiques. Maman cousait les vêtements et nous nous chargions, nous les petits,  de la peinture: joues bien roses garanties!

Nous allions   "en ville", c'est-à-dire dans le centre de Marseille, nous qui vivions assez loin., dans les collines de Château Gombert.  On partait, ma sœur, mes 2 frères et moi accompagnés de maman, pour arriver à la tombée de la nuit et profiter des illuminations. Dès l'église des Réformés nous étions enchantés: un grand sapin s'élevait là, préfigurant ce qui nous attendait au long de notre Canebière, si chère aux marseillais comme vous savez. Sans doute n'étaient-elles pas aussi belles que maintenant les illuminations mais pour nous c'était magique. Tout brillait, les platanes chantaient leur joie, des grandes guirlandes les reliaient entre eux et d'un côté à l'autre de l'avenue des étoiles scintillaient.
Puis nous parvenions au Vieux Port et les pêcheurs n'étaient pas en reste de décorations pour leurs « pointus ». Chacun faisait dans son style mais tout, en tous cas, nous clignait de l'œil. Sans parler des boutiques aux vitrines pétillantes c'est le mot, avec leurs personnages animés! Nos yeux n'étaient pas assez grands pour tout voir!

Après avoir pris un  goûter  dans une brasserie nous remontions vers les allées de Meilhand où se tenait alors la foire aux santons. Je vous en ai déjà parlé dans un post précédent. On faisait d'abord une grande visite, admirer, comparer et surtout se mettre en tête les couleurs, les tissus... qui allaient nous permettre de décorer nos propres figurines.

Puis nous achetions les personnages que nous avions décidé de remplacer et/ou d'ajouter. Nous passions beaucoup de temps à discuter avec les santonniers, écouter leurs conseils à eux, les professionnels qui confectionnaient ces merveilles et puis nous nous lancions mais toujours, nous emportions une pièce de plus que prévu. Ma mère m'avouera plus tard qu'elle prenait en compte ce petit plus qui nous faisait tant plaisir.

Nous refaisions un petit tour de ville, profitant de ces précieux moments et puis nous reprenions le tramway et rentrions à la maison des lumières dans le regard et des idées de décors plein la tête! Car dès le lendemain nous nous mettrions au travail: peindre et habiller ces nouvelles pièces!

Il en faut peu pour être heureux et nous l'étions ô combien!

 
AB asignat doré

03/12/2009

La vieille. Le poème de la semaine.

Je n'ai pas trop de scrupules à reposter ce texte. D'abord parce que je l'aime beaucoup et tant pis pour l'immodestie dont je fais preuve là:) et puis parce que c'est sans nul doute le poème le plus apprécié par mes lecteurs au vu des très nombreux coms qu'il a suscité. Peut être une projection sur la vieillesse à venir ou la vision que chacun a de ses propres "vieux"? J'aime ce terme moi, vieux! C'est plus affectueux que personnes âgées. Qu'Est-ce que ç veut dire çà personnes âgées? Disons-nous personne jeunes

Mais si je poste ceci, ce n'est pas anodin, pas seulement pour les raisons que je donne plus haut: nous avons tous nos vieux, ne les oublions pas au moment de Noël, fête de famille par excellence. Dans la mesure où leur santé le permet, même si vous ne faites pas grand-chose pour l'occasion, n'oubliez pas que pour eux, ce sera un gage d'amour que de partager ces moments avec vous.
 

la vieille
 

Son temps est raccourci, ses gestes sont menus
Elle avance petit et un pied après l'autre
Ses os sont torturés, son dos en est bossu
Ses soucis ne sont déja plus les mêmes que les nôtres.
Elle marche courbée mais son pas est léger
Ses préoccupations, le temps les a changées
Elle ne pense plus à ces années qui arrivent
Elle le sait très bien qu'elle va vers l'autre rive.
 
Mais elle n'en souffre pas, elle va l'âme en paix
Elle a mené sa vie aussi loin que possible
Elle a aimé un homme et lui a tout donné
Elle finit ces jours qui se suivent, paisibles
Ses souvenirs sont prés de son lointain passé
Elle oublie la tristesse des dernières années
Ses enfants sont partis vers d'autres horizons
Mais elle, elle n'oublie pas. Elle vit avec Gaston.
 
Ce jeune militaire qui partait mais avant
Il voulait faire d'elle une femme, une mère
Qui sait s'il reviendrait de cette sale guerre
Son père y est resté et son frère, le grand.
Elle oublie tout ce temps qui s'est enfui depuis
Qu'elle a fermé sa tombe, l'a bénite de buis
Parfois elle lui parle et lui qui est si bon
Au dela de la mort, toujours il lui répond.
 
Bientôt, bientôt tu vois, je vais te retrouver
Tu m'accompagneras tu me tiendras la main
Te souviens-tu Gaston combien j'aimais l'été!
Toi tu étais jaloux tu traitais de vauriens
Tous ces gars du village qui me faisaient la cour
Mais au fond tu savais, oui tu savais très bien
Que tu étais celui que j'aimerais toujours
Au delà de mes nuits, au delà de nos jours.
 
Nous ne le disions pas, nous avions nos pudeurs
Nous frôlions du regard, nos coeurs faisaient le reste
Nous nous parlions d'amour mais pas besoin de gestes
Vous les garçons saviez respecter nos candeurs
Nos robes étaient longues mais d'un geste parfois
La cheville dévoilait plus que vous attendiez
Je n'oublierai jamais la toute première fois
Où tu osas baiser ma chevelure dorée.
 
Nous nous retrouverons un beau jour quelque part
Ce sera comme avant, nous serons jeunes et beaux
Tu baiseras ma main soulevant ton chapeau
Ce sera l'arrivée, nullement un départ.
Pour nous les jours seront à jamais d'insouciance
Nous ferons comme avant, garderons nos silences
Nous fermerons nos yeux n'écoutant que nos coeurs
Vois-tu mon cher Gaston, ce sera le bonheur.

 
AB asignat doré

21/10/2009

Le cinéma de papa: Journal perso!

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J'allais beaucoup au cinéma quand j'étais enfant: ma sœur, qui avait 7 ans de plus que moi, pouvait y aller tous les dimanches à condition d'être  "chaperonnée ". Et le chaperon, c'était moi!
Je me souviens de mon premier film: "Le corsaire rouge," avec Victor Mature. Enfin, je ne m'en souviens pas vraiment si ce n'est une scène avec ballon dirigeable je crois, mais sans certitude.
 
Nous nous mettions au balcon: ma sœur m'installait au premier rang puis elle rejoignait ses copains, au fond de la salle. Et c'était parti pour environ 4h de cinéma. Parce qu'on ne se contentait pas du film et quelques pubs locales à l'époque: il y avait un court-métrage: un film policier avec un acteur que je trouvais très beau, Louis Jourdan, puis un entracte suivi d'une série de pubs et de films animés ou des Charlots, Laurel et Hardy... et les actualités avec ces voix qui m'effrayaient un peu, un autre entracte et la présentation des films à venir et enfin le film, le tout évidemment coupé de  "caramels, bonbons, chocolats glacés...." proposés par les ouvreuses.

Mes films préférés étaient les westerns. Le genre avait beaucoup de succès à l'époque et pour cause,  c'étaient de très bon films et j'adorais  John Wayne, Gary Cooper dans  "Le train sifflera 3 fois " avec Grace Kelly, sublime bien sûr!
Mais aussi d'autres merveilles du cinéma comme "Gilda " servi par Glen Ford qui m'émouvait beaucoup et la merveilleuse Rita Hayworth: je ne me serais jamais douté que la scène du gant deviendrait un grand moment de cinéma (on dit culte aujourd'hui!). Où l'érotisme allait se nicher n'est-ce pas? ...  Qui, de ma génération, n'a pas vu tous ces films?

J'ai vu  "Pour qui sonne le glas" , avec Gary Cooper encore et Ingrid Bergman: Je n'ai su que plus tard que ce superbe film était tiré du roman éponyme d'Ernest Hemingway, quand j'ai eu l'âge de lire le livre en fait! D'ailleurs, dans les mêmes conditions j'avais aimé  "L'adieu aux armes".

Bien sûr je n'ai pas raté James Dean, j'ai pleuré devant " A l'est d'eden", frémi devant  "La fureur de vivre " mais pas trop aimé  "Géant"!

Il y avait les péplums aussi avec le très beau Charlton Heston et Yul Brinner: je ne savais pas que je le trouvais sexy alors:)! j'étais une enfant!
Et puis les films français:  "La vérité sur Bébé Donge " m'a laissée sceptique. Disons que je n'y ai strictement rien compris!  Il y avait "Don Camillo "qui nous faisait beaucoup rire. "Fanfan la Tulipe" m'a charmée, il fut longtemps mon film préféré, sans doute le physique de Gérard Philipe n'étant pas étranger à cet engouement de gamine.  "Nous sommes tous des assassins" m'a énormément marquée au point que maman s'est demandée si elle était assez vigilante dans le choix des films par ma sœur.

Avez-vous vu  "Le salaire de la peur "?  Vanel et Montand nous ont fait trembler de frayeur: explosera, explosera pas???

Puis Brigitte Bardot est venue montrer un autre chemin, avec les nouveaux cinéastes, une autre manière d'approcher et de filmer les acteurs en France, Marilyn, Marlon Brando et tant d'autres encore à Hollywood....

Je me rends compte à quel point ces années  "d'accompagnatrice"» ont formé ma culture cinématographique de l'époque.
Alors vous comprenez bien que, malgré qu'il lui soit arrivé de m'oublier à la fin de la séance et que j'aie dû attendre qu'elle s'en rende compte et revienne me chercher, tremblant de peur et  de froid, je n'ai jamais trahi ma sœur!

Et peut être n'est-ce pas un hasard si mon film préféré aujourd 'hui est  "Cinéma paradiso"» avec le grand Noiret!

 
AB asignat doré

20/06/2009

Et puis la vie... Extrait de mon journal perso.

C'est le passage de mon journal qui a inspiré le titre de ce blog vous l'aurez compris! Le bonheur, la vie, tout simplement!

 
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Enfin, j'étais sortie de l'emprise familiale! les premiers mois furent difficiles puisque j'ai dû arrêter de travailler et mon mari avait quitté son emploi comme il s'y était engagé. Il était entre deux boulots, moi je touchais mes prestations sociales et nous organisions notre vie de futurs parents: enfin un vrai bonheur, profond, sans concession! je vivais ma grossesse comme les premiers jours du monde. Je sentais ce petit être bouger, je lui parlais bien sûr, comme font toutes les futures mamans, mais en étant persuadée être la première à connaître ce bonheur de cet état d'attente.

 

J'ignorais le sexe, on ne faisait pas d'écho à l'époque, et j'envisageais une petite fille. Mais quand Fred est venu, mais comment décrire cela? Il n'y a pas de mots pour le dire, seules les nouvelles mamans savent! Peu importent alors les douleurs (pas de péridurale), l'attente dans la salle de travail qui a duré des heures... rien, plus rien que ce petit bout d'homme que la sage-femme vous remet avec délicatesse, tout rouge et braillard mais si beau, si fin, si fragile... Allons, la 7ème merveille du monde! Il est enfin là et vous êtes écrasée par la responsabilité de lui avoir donné le jour. Vous savez, aussi sûrement que le monde est monde que plus rien jamais ne sera pareil!

 

Nous avons ramené le Saint Graal à la maison et c'est sur son souffle que je passais mes heures. Il suçait mon sein et c'est ma vie que je lui offrais encore une fois, à chaque fois!

 

Je ne parle pas beaucoup du nouveau papa, c'est vrai. Eh bien, il était très présent auprès de son fils mais de moi aussi. Il participait à tout. Il avait commencé sa nouvelle vie d'homme à terre et çà le préoccupait lui qui n'avait jamais connu çà et il avait beaucoup de mal à s'y contraindre je crois. Il épluchait les petites annonces pour trouver un job à l'étranger, en Afrique de préférence. Mais il ne s'est jamais plaint d'avoir dû quitter la mer et un salaire si confortable.

 

Et il était là, admiratif devant l'enfant, mais il lavait les couches aussi (eh oui!), faisait la cuisine et les courses, aidait aux tâches ménagères... Quand il partait avec Fred dans son landau je n'étais jamais tranquille et il le savait alors il faisait des sorties de plus en plus longues pour m'habituer doucement mais c'est ensemble généralement que nous sortions: une vraie petite famille. Je ne me rendais pas compte mais nous étions très jeunes et les voisins s'émerveillaient de nous voir si responsables, si prévenants!

 

Ce fut une belle période de ma vie. Dieu que nous étions heureux!

 
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