23/03/2010

A ma soeur. Poème de la semaine.

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Ma soeur
Il fallait le comprendre
Ma soeur
Je ne pouvais entendre
Ton mal d'aimer
Ta soif de nous le dire
Toi tu voulais
Autre chose que le pire
Tu as
Connu tant de souffrances
Tu avais
Connu tant de malchance
Tu attendais
De nous une lumière
Pourtant tu sais
Nous ne pouvions rien faire
C'est toi
Qui contrôlais ta vie
C'est toi
Mais toi tu nous as fuis
Tu aurais pu
Choisir de te reprendre
Tu sais la vie
Parfois peut nous surprendre
Elle offre
Ses moments les plus doux
A ceux
Qui croient être au bout
Il faut parfois
Savoir saisir sa chance
D'un autre amour
D'une douce présence
Tu as
Couru vers des chimères
La nuit parfois, je crois
Entendre tes prières
Je sais la peur
De vivre est bien trop dure
Alors adieu
Adieu ma soeur ma reine
Tu sais sous peu
Je n'aurai plus de peine
Je garderai
Tous nos mots les plus chauds
Et de nous deux
Les rêves les plus beaux
Car je n'aurai
Au coeur plus d'amertume
Et je vivrai
Sans pensées importunes
Je donnerai
Ce que tu as refusé
Et j'aimerai
Ceux que tu as quittés
Pour effacer en eux
Toute trace de haine
Et ne garder
Que ce mot doux: on t'aime!

16/06/2009

L'avant: Extrait de mon journal perso.

 Copie de morrisson joplin emblêmes des années60
Joplin, Morrison: symboles d'une génération!

 

 J'ai rencontré celui qui deviendrait mon mari dans un restaurant où j'avais trouvé un boulot de serveuse pendant la période estivale. Mon père et ma sœur exigeaient de moi une rentrée d'argent régulière et ne me laissaient pour argent de poche que le strict minimum. Je n'étais pas difficile, je prenais tout ce qui se présentait. J'en ai exercé beaucoup de petits boulots qui souvent ne me rapportaient que ce qui devait être ramené à la maison. Je n'ai jamais non plus envisagé de me rebeller contre cet état de fait: une jeune fille douce, gentille et docile!
 

J'étais en attente de ce poste si convoité dans la pub: Je n'y faisais pas d'étincelles. Je faisais de l'encadrement d'une équipe qui cherchait (et parfois trouvait) des slogans, imaginait des astuces tirées par les cheveux je crois bien... pour promouvoir auprès des "ménagères de plus de 25 ans"  des produits d'entretien, de beauté, etc... Eh oui, Chef d'équipe moi! avec ma timidité maladive mais avec pour bagage ma bonne volonté! J'ai passé là des moments formidables d'amitié, de complicité, dans une entreprise qui ne parlait encore que de réclame, le mot publicité a émergé à peu prés à cette époque.
 

Mon fiancé lui, naviguait. Mais il savait déjà qu'il quitterait ce monde-là pour fonder notre famille. En attendant, et parce qu'il partait pour 6 à 10 mois parfois, je le retrouvais dans les ports les plus proches pour 4 ou 8 jours, selon la chance. Heureusement que mon employeur était compréhensif!!!
 

Et je m’amusais aussi beaucoup malgré ma vie de famille si compliquée! Ces années 60 étaient faites d’insouciance, d’émergence de musiques, des petites boites sympas où nous les filles étions très favorisées puisque l’entrée y était gratuite et on pouvait y danser toute la nuit en sécurité; c’était l’époque des copains et de la solidarité entre nous les jeunes, face aux générations précédentes.

Puis je suis tombée enceinte comme on dit encore aujourd'hui. Et mon fiancé a quitté son emploi pour entrer dans une société de maintenance: plus question de voyager, nous allions nous marier. Nous avons opté pour juin.
 

C'était sans compter sur les soubresauts de l'histoire puisque nous étions en 68, plus personne dans les mairies, état civil compris, le mariage était reporté on ne savait quand! Les files d'attente s'allongeaient et mon petit ventre s'arrondissait, ô pas des masses hein! je n'étais pas bien grosse au point que dans le bus, enceinte de 6 mois, j'ai souvent dû laisser ma place aux futures mamans "prioritaires" qui pourtant étaient moins avancées que moi dans leur grossesse!
   

C'est donc le 10 août 68 que je suis passée devant monsieur le Maire. Une nouvelle vie commençait pour moi. Celle d'une jeune femme qui allait pouvoir enfin ne vivre que par ses propres choix, sans subir l'emprise d'un père, d'une soeur qui, pour peut être n'avoir voulu que mon bien n'en ont pas moins cherché que le leur dans ce que de nos jours on appellerait de l'exploitation d'enfant.

 
Copie de imagemagic