14/09/2009

Fin d'été: le poème de la semaine.

FIN D'ETE

 
 
Mon âme au bord des yeux
Je regarde le ciel
Piano désaccordé
Mon pauvre coeur palpite
Les nuages aux dos ronds
Se bousculent et s'agitent
C'est la fin de l'été
De ses saveurs de miel
Et de mon amour feu.

 
Je le sais, on m'a dit
Je connaissais l'histoire
Ces passions des beaux jours
Ne vont jamais bien loin
Oui mais moi je l'aimais
Je voulais tant y croire
Il semblait sûr de nous
De nos grands sentiments
Dans le chaud de nos nuits.

 
Mais pour lui est fini
L'incendie qui me brûle
Il n'est rien au delà
Du pauvre quotidien
Les feuilles tourbillonnent
Le vent se fait chagrin
Il ne reviendra pas
Il l'a dit ce matin
 
Et l'amour feu s'éteint.

 
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25/08/2009

Remise à neuf!

Je suis rentrée cette aprés midi des 3 lacs. C'est trop peu dire que je me suis régénérée: je suis, comment dire?  neu-ve!!!

 
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Le matin, petit déjeuner à l'ombre des grands arbres avec pour seul bruit que celui du vent dans les feuilles, les canards qui remontent du lac réclamer un peu de pain,

 
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promenade de santé dans la forêt, farniente-lecture, petite sieste à l'ombre puis baignade, repos (toujours à l'ombre des arbres qui bordent le lac de baignade)

 
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jusqu' à être seule sur la plage, les enfants passant leurs aprés-midi à trouer leurs maillots sur les pentes du toboggan aquatique,

 
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repas au restaurant surplombant le lac et soirée animée du camping.

 
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Vous l'aurez compris, je ne me suis pas épuisée. Une petite incursion au marché (très beau) du dimanche matin au village à côté mais c'est tout hein, pas de visites ni rien qui vienne troubler ma petite routine vacancière! Le Bon-heur!!!!

 
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14/08/2009

Et tu t'en vas: poème de la semaine.

1-1a-A-

 

 
J'écoute
  

Et en moi s'insinue le silence
La solitude n'est rien face à l'indifférence
Plus rien chez nous ne peut justifier cette vie
Nous ne sommes plus un couple pas même des amis.
 

Tu es là mais absent

 
Tes yeux tournés déjà vers des ailleurs plus beaux
Une vie avec elle où tout sera nouveau
Elle pourra te sourire chaque matin venu
Et tu pourras lui dire ce que pour moi tu as tu.

 
Partir

 
Et m'éloigner de toi sans attendre demain
Essayer de m'enfuir vers un autre destin
Croire que le chaud soleil pourra encore mûrir
Donner autant de fruits que nous pouvions cueillir.

 
Et oublier

 
Oublier ô combien le ciel peut être bleu
Quand on le voit à deux, quand on est amoureux
Regarder l'autre rive avec des yeux confiants
Il y a d'autres joies, un autre jour m'attend.

 
Survivre

 
Et avancer sans regarder derrière
Il n'y a rien de bon à se faire la guerre
Je monterai bientôt sur un autre bateau
Qui cinglera là-bas vers des ailleurs plus chauds.

 
Sourire

 
Pour un autre qui saura m'aimer mieux
Je veux croire en demain, connaître d'autres jeux
Je ne veux faire que çà, je ne veux pas sombrer
Je me raccroche à tout pour pouvoir oublier.


Mais mon coeur saigne encore

 
Te voir te retourner sans un geste vers moi
Vers celle qui est là et qui te prend à moi
Elle sait qu'elle pourra te donner cet enfant
Alors que moi jamais je ne serai maman.

 
Et tu t'en vas...

 
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15/07/2009

ELLE: Exercice d'atelier.

Exercice d’atelier encore mais il s’agit d’un texte plus ancien. Par contre je crois bien l'avoir posté sur 4 mains déjà, je ne sais plus.
En tous cas il s’agit de la phrase cachée, si le cœur vous en dit donnez-vous donc la peine de la chercher? Peut-être un changement de style, ou une incongruité dans la logique du récit vous mettront-ils sur la piste! Personnellement j’ai eu du mal à la retrouver après tout ce temps:) ! Comme vous voyez, encore autre chose, un autre style plus sentimental, l’humour là n’a pas sa place mais je m’y retrouve aussi, je ne renie pas ce côté en moi.

 

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Ce n'est pas une légende mais une histoire vraie.

ELLE avait 17 ans lorsque son père, riche commerçant du Nord-Cameroun, la maria à LUI: pour une jeune fille de cette famille, de ce milieu, ce n'était pas trés jeune. Et ELLE se plia sans mot-dire au désir de cet homme qui la chérissait depuis qu'elle avait ouvert ses grands yeux sur le monde.

Aussi fut-elle stupéfaite au soir de ses noces, de découvrir celui à qui son père l'avait  -pensa-t'elle alors-  vendue.

LUI n'était pas, à proprement parler, un homme laid. Grand commerçant Bamiléké il avait, comme beaucoup d'hommes de cette ethnie, cette silhouette râblée, un peu courte, le visage lunaire, les cheveux déjà rares et un peu grisonnants. C'est du moins ce que vit ELLE. Elle ne remarqua pas ses grands yeux un peu tristes, le pli généreux de sa bouche au timide sourire... Non, rien vraiment ne la toucha en lui.

Alors, lorsqu'il l'approcha oh! pour un chaste baiser pourtant, il ne souhaitait pas l'effaroucher, elle le repoussa avec violence et, par la porte-fenêtre ouverte sur la nuit, s'enfuit dans le jardin vers cette charmante gloriette  -mais elle ne savait pas-  qu'il avait fait aménager pour elle. Elle y passa le reste de la nuit: elle savait bien pourtant que le mariage devait être consommé. mais, faisant un pas pour rentrer parfois, elle revoyait cet homme qui lui était apparu si repoussant et ses jambes ne suivaient pas. Elle finit par s'endormir là, sur les coussins dorés de la balancelle bercée doucement par une brise légère.

LUI ne l'avait pas suivie: il comprenait son émoi. Elle a 17 ans, se disait-il. Elle ne sait rien de l'amour, de la vie. Ai-je le droit? Avons-nous le droit?
Il connaissait déjà sa grâce, sa beauté; il l'avait vue grandir, entourée des soins de son père qui la vénérait et des 3 épouses qui l'avaient prise en charge au départ de sa mère. Son père n'avait pas voulu d'autre enfant. Ses épouses n'auraient qu'un seul rôle auquel elles s'étaient strictement tenues, élever et chérir cette unique enfant; et comment ne pas aimer la tendre biche qui leur était confiée!

C'étaient ces pensées-là que LUI remuait dans sa tête tout en s'apprêtant, comme à l'accoutumée, à partir travailler.

Le soir, lorsqu'il rentra au palais, il trouva ELLE installée dans son boudoir prés d'une lampe. Elle brodait à petits points une minuscule pièce de lingerie. Il s'approcha doucement, s'assit en face d'elle, vit sa rougeur monter par plaques de sa gorge vers son cou gracile puis se répandre sur son visage grisé par l'émotion. Il prit ses 2 mains rapprochées dont il ôta la broderie, il porta à ses lèvres les doigts palpitants posés là dans ses mains en coupe à lui tels de fragiles oisillons. Alors ELLE osa lever les yeux vers lui. Elle vit ce regard infiniment doux, infiniment aimant posé sur elle, et elle pleura. Elle pleura longtemps et lui la tint là, tendrement, buvant à petits coups le sel de son visage, apaisant de tout son amour ses peurs et son chagrin.
 

Le coeur gonflé d'amour, ELLE s'étira au chant des oiseaux. Pour qu'elle profite de cette douceur matinale avant la grosse chaleur du jour, LUI avait ouvert avant de partir les grandes baies vitrées donnant sur le parc. Le bruissement de la fontaine finit de la réveiller. Un plateau chargé d'une théière brûlante et de douceurs l'attendait orné d'un vase de cristal d'où émergeaient 5 magnifiques roses rouges. Elle y trouva également un bristol: "Dors tranquille mon amour, je ne serai jamais qu'à toi", avait-il écrit d'un tracé large et élégant.

Quand la servante vint l'habiller, elle prévint ELLE que Monsieur ne rentrerait pas de plusieurs jours: "Oh! il faut s'habituer allez, c'est souvent comme çà. Ils aiment les jeunettes mais retournent toujours vers la 1° épouse", fit-elle détachée.
Le coeur de ELLE se liquéfia:

- Mais où vit-elle, cette femme? balbutia-t'elle.

- Là-bas vers Biltine, bien loin plus au Nord, dit la servante en se retirant trés vite.

Que pensa ELLE? Que fit-elle durant ces 3 longs jours à ne voir personne, même pas son père, son cher vieux père qui l'aimait tant et l'avait pourtant trompée?

Elle pleura beaucoup. Elle espéra.

Au bout de ces 3 jours de longue attente, désespérée de ne pas le voir revenir, elle partit à sa recherche à travers les déserts brûlants. Cheveux au vent, pieds nus, vêtue seulement d'une longue robe claire qui lui faisait une allure de mirage, elle partit. Sans rien d'autre que son désespoir, son chagrin, son immense détresse, elle partit.
 

LUI revint au 4° jour: il était heureux. ELLE etait désormais sa seule, son Unique épouse! Répudiée cette femme épousée par la volonté de son père! Il se voulait libre pour ELLE, amoureux d'ELLE, aux pieds d'ELLE.
 

On ne la revit jamais. Il ne sortit plus. Ses cheveux avaient blanchi dans la nuit même suivant son retour. Sans goût à rien, il errait: plus de travail, plus d'amis, plus rien ne comptait pour LUI que cette minuscule pièce de lingerie brodée par ELLE.

 
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