16/10/2009

Les matins calmes: Poème de la semaine.

J'ai écrit et posté ce texte, oh! Il y a longtemps!. Je l'ai vite retiré: Certains lecteurs l'avaient commenté comme un poème gai et frais (le titre sans doute!). Pour d'autres, qui m'avaient pensée concernée, il avait fait peur, certains me pensaient bien cruelle d'aborder un sujet si lourd.
 
Je l'avais en fait écrit en souvenir d'une amie d'enfance décédée à 15 ans d'une leucémie. Elle aurait mon âge aujourd'hui. J'ai eu envie de donner une seconde chance à ce poème en le remaniant, pour le rendre je pense,plus abordable.

 
1A1les matins calmes

 
Je veux me réveiller dans des grands matins calmes
Entrouvrir mes volets sur un ciel toujours bleu
Beaux jours de chaud soleil qui vous blesse les yeux
Je ne veux plus jamais verser aucune larme.
 
Je veux courir pieds nus dans des champs verdoyants
En phase avec la terre aller le coeur léger
Je ne veux plus souffrir, seulement être aimée
Le soir venu sereine, admirer le couchant.
 
Ne me refusez pas de pouvoir vivre encore
Supprimez cette bête qui me ronge le flanc
Je ne veux pas mourir sans revoir l'océan
De l'écume des vagues éclabousser mon corps.
 
Je peux tout accepter, sacrifier mes cheveux
J'ai tant d'espoir au coeur de connaître l'amour
Je vaincrai ce cancer qui avale mes jours
Ô comme un oiseau fou m'élancer vers les cieux.
 
Mes yeux verront encore d'autres vertes prairies
Écarquillés d'amour pour qui prendra ma main
J'échapperai alors à ce qu'on dit destin
C'est à çà que je crois, vers lui que je souris.
 
Mais ne me laissez pas finir dans ce grand lit
J'étais jeune, j'étais belle et la vie m'attendait
Ce crabe monstrueux peut-il me dévorer?
Et faire que pour vous j'entrerai dans l'oubli.
 
Je sens bien que je cède, en moi cesse la vie
Je m'éloigne déjà, je ne veux pas de drame
Je suis abandonnée, je dépose les armes
Alors, tout doucement, je vois mon paradis...
 
Et me réveille enfin sur des grands matins calmes.

 
AB asignat doré

20/08/2009

Et si l'enfant. Poème de la semaine.

J'ai déjà posté ce texte sur 4 mains, il n'y a pas très longtemps d'ailleurs.

Puis j'ai appris hier que dans un village voisin, ce que nous appelons communément un fait divers s'est produit. Un enfant maltraité a été enlevé à sa famille. Jamais au point d'en mourir, jamais avec des brutalités mais privé des petits plaisirs auxquels ses frères avaient droit comme l'inscription à un club de sport, une sortie en famille, un cadeau pour son anniversaire... et des mots si durs qu'ils lui sont devenus intolérables au point de préférer la séparation. C'est lui qui a fait ce choix, il a 9 ans!

 
paul-klee-buste-enfant-1933
Aquarelle sur coton sur contreplaqué. 50,8 x 50,8 cm, 1933, Centre Paul Klee, Berne.

  


Et si l'enfant pouvait parler il vous dirait
Toi l'ami le frère le voisin
Toi qui vois tout mais ne dis rien
Mais qui es-tu ou est ton âme?
 

Quand je hurlais de désespoir, que faisais-tu ou étais-tu
Quand mon corps écartelé geignait l'entendais-tu
Quand ma souffrance devenait telle que ma vie s'enfuyait déjà
Qu'éprouvais-tu
Et toi qui me dis que tu m'aimes comment peux-tu
Les longs chemins que j'ai suivis malgré mon âge
Les connais-tu?
Les souffrances les chagrins la solitude
Les sauras-tu!
J'en ai tant vu pourtant! une habitude
Mais le vois-tu
Pourquoi enfant je dois subir
De l'homme lourd tous les outrages
Me diras-tu?
A mon secours peux-tu venir
  
 

Et je gis là, nuit de silence
Mais qui viendra?
Pourtant le cœur plein d'espérance
Tout finit là
Vivre ou mourir quelle importance
Et tu diras
C'est la mort ma seule vengeance
L'homme connaîtra la déchéance
Pourquoi, pourquoi?
 
  

Faire la Une des journaux?
Trop tard déjà!
Pourtant le ciel était si beau
Mais ce jour-là...

 
Copie de imagemagic