28/01/2010

La blagounette: l'allaitement.

Cette semaine j'ai choisi une blagounette que m'a envoyée Anne. J'en profite d'ailleurs pour lui faire un gros bisou au passage: comme vous le savez, elle se fait opérer ce matin. Et bien sûr, tout va bien se passerClin d'oeil.

 
01

 
Une dame et un bébé attendent patiemment le docteur pour le  premier examen du bébé.

Le docteur arrive, examine le bébé, vérifie son poids et, d'un air un peu préoccupé, demande à la dame s'il est nourri au sein ou au biberon.
 
- Au sein,  répond-elle.
- Eh bien, déshabillez-vous jusqu'à la taille! lui dit-il.

Elle s'empresse de le faire.

Puis il lui pince les mamelons, les presse, les palpe et lui  frotte les seins dans tous les sens dans le cadre d'un examen très minutieux.
En lui demandant de se rhabiller, il lui dit:
 

- Pas surprenant que le Bébé ait un poids si faible. Vous n'avez pas de lait.
- Je sais, je suis la grand-mère. Mais je suis quand même contente d'être venue!

 
AB asignat doré
 

09/07/2009

Marthe. Extrait de mon journal Perso.

le vieux chène

 
Ma grand-mère maternelle, Claire, avait 3 enfants quand son mari, jeune officier, mourut à la guerre. Son fils aîné Jean l'aidait à élever les plus jeunes: mon oncle Albert et ma mère Marthe.
 
Elle n'était pas une fillette facile la petite Marthe, elle faisait preuve d'un sacré caractère. Ainsi quand elle avait 9 ans seulement elle rentra un jour de l'école en disant à sa mère et à son grand frère que la maîtresse leur demandait de passer le lendemain: en fait elle avait dit merde à la maîtresse qui informa ma grand mère que cette enfant devait manifestement en connaître plus qu'elle. Elle accepta sur l'insistance et la confirmation d'une sévère punition, de reprendre Marthe en classe: il faut dire que la petite était une élève douée et puis n'est ce pas, une orpheline de guerre... Mais si de nos jours une telle chose paraît banale, imaginez à l'époque dont je parle!
 
Ma grand mère se remaria avec un veuf qui avait lui-même un fils Lucien, de 6 ans l'aîné de Marthe et, quelques années plus tard, pour des considérations d'intérêts familiaux, les 2 jeunes gens furent mariés. Si Lucien était heureux de cet arrangement il ne faisait pas vraiment le bonheur de sa jeune femme. Elle pleura beaucoup me dira-t-elle un jour puis se résigna quand elle s'aperçut qu'un enfant allait naître. Ce fut une petite Lucienne et peu de temps plus tard Lucien, bien assis dans son rôle de mari, se mit à rentrer tard et éméché. Aux reproches de Marthe il répondit par des coups.
Marthe se plaignit à sa mère espérant un peu d'affection et de soutien! peine perdue. Elle tint le coup jusqu'au premier anniversaire de la petite Lucienne, une soirée mémorable pour elle par la violence des coups subis. Elle partit!
 
Imaginez une chose pareille: elle demanda le divorce! Elle n'avait pas 19 ans mais elle osa se mettre au ban de la société malgré le courroux de sa mère et la désapprobation de son frère Jean qui l'avait élevée. Seul son frère Albert la soutint. En cela il prit une énorme place dans sa vie. Elle put s'installer chez lui qui venait d'épouser la douce Charlotte.
 
Charlotte s'occupait de la petite Lucienne tandis que Marthe travaillait en usine. Un travail écrasant mais qui lui permettait de participer financièrement à ses besoins et ceux de sa fille malgré que oh! Albert et Charlotte ne lui auraient jamais rien demandé, ils n'étaient même pas d'accord pour la voir travailler, s'éloigner de la petite fille.

Elle rencontra mon père dans une guinguette un dimanche après midi, comme souvent les jeunes gens de cette époque. Il était beau, il dansait bien, il faisait figure de héros lui dont les parents comédiens avaient quitté l'oppression de l'Espagne. Elle en tomba follement amoureuse et là aussi elle brava la famille: elle l'épousa, un étranger fils de saltimbanques...
 
Oui elle en avait du caractère Marthe et elle n'a pas eu une vie ordinaire pour l'époque dans laquelle elle a vécu, le milieu social qui était le sien.
 
J'ai connu ces grands-parents-là: Claire ma grand-mère qui maltraitait ma nièce Anne Marie, la fille de ma demi-soeur Lucienne par vengeance envers sa grand-mère (ma mère), et son mari, père de Lucien qui vivaient tous deux chez Lucienne; et Lucien bien sûr qui passait mais rarement, voir sa fille et son père. Chez nous vivait mon grand-père paternel le "saltimbanque", devenu veuf.
Quelles empoignades mémorables entre tous ces "vieux" réunis les après midis d'été sous Le Grand Chêne qui donnait son nom à la propriété! Oui car si chacun avait sa petite maison, nous vivions tous sur cet espace que mon père avait acheté pour se marier: Nous habitions dans la maison principale puis des logements avaient été aménagés sur l'arrière dans les anciennes écuries et porcheries
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20/06/2009

Et puis la vie... Extrait de mon journal perso.

C'est le passage de mon journal qui a inspiré le titre de ce blog vous l'aurez compris! Le bonheur, la vie, tout simplement!

 
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Enfin, j'étais sortie de l'emprise familiale! les premiers mois furent difficiles puisque j'ai dû arrêter de travailler et mon mari avait quitté son emploi comme il s'y était engagé. Il était entre deux boulots, moi je touchais mes prestations sociales et nous organisions notre vie de futurs parents: enfin un vrai bonheur, profond, sans concession! je vivais ma grossesse comme les premiers jours du monde. Je sentais ce petit être bouger, je lui parlais bien sûr, comme font toutes les futures mamans, mais en étant persuadée être la première à connaître ce bonheur de cet état d'attente.

 

J'ignorais le sexe, on ne faisait pas d'écho à l'époque, et j'envisageais une petite fille. Mais quand Fred est venu, mais comment décrire cela? Il n'y a pas de mots pour le dire, seules les nouvelles mamans savent! Peu importent alors les douleurs (pas de péridurale), l'attente dans la salle de travail qui a duré des heures... rien, plus rien que ce petit bout d'homme que la sage-femme vous remet avec délicatesse, tout rouge et braillard mais si beau, si fin, si fragile... Allons, la 7ème merveille du monde! Il est enfin là et vous êtes écrasée par la responsabilité de lui avoir donné le jour. Vous savez, aussi sûrement que le monde est monde que plus rien jamais ne sera pareil!

 

Nous avons ramené le Saint Graal à la maison et c'est sur son souffle que je passais mes heures. Il suçait mon sein et c'est ma vie que je lui offrais encore une fois, à chaque fois!

 

Je ne parle pas beaucoup du nouveau papa, c'est vrai. Eh bien, il était très présent auprès de son fils mais de moi aussi. Il participait à tout. Il avait commencé sa nouvelle vie d'homme à terre et çà le préoccupait lui qui n'avait jamais connu çà et il avait beaucoup de mal à s'y contraindre je crois. Il épluchait les petites annonces pour trouver un job à l'étranger, en Afrique de préférence. Mais il ne s'est jamais plaint d'avoir dû quitter la mer et un salaire si confortable.

 

Et il était là, admiratif devant l'enfant, mais il lavait les couches aussi (eh oui!), faisait la cuisine et les courses, aidait aux tâches ménagères... Quand il partait avec Fred dans son landau je n'étais jamais tranquille et il le savait alors il faisait des sorties de plus en plus longues pour m'habituer doucement mais c'est ensemble généralement que nous sortions: une vraie petite famille. Je ne me rendais pas compte mais nous étions très jeunes et les voisins s'émerveillaient de nous voir si responsables, si prévenants!

 

Ce fut une belle période de ma vie. Dieu que nous étions heureux!

 
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07/06/2009

Ma montagne: Bonne fête aux mamans!

A toutes les mamans de France... et d'ailleurs, j'offre cette vue de la tête de soeur Agathe, dans le Dévoluy. De là, vous embrassez le Vercors à vos pieds, haut lieu de la Résistance mais aussi immensité verte qui regorge de trésors!

Vous toutes qui avez donné la vie et qui, à ce titre, êtes fêtées aujourd'hui, je vous embrasse chaleureusement:)))!

la tête de soeur Agathe

 
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05/06/2009

La fin de l'enfance: Extrait de mon Journal Perso.

Amoi

 

Je savais que çà ne passerait pas cette fois. Le matin, je me suis levée tôt, je n'avais pas dormi, j'étais en miettes tant je m'étais tournée et retournée dans mon lit. C'était un jeudi et à cette époque (l'année 1960) le jour de congé scolaire était encore le jeudi. J'avais beaucoup de devoirs: en 3ème, tout commençait à devenir sérieux, même pour une élève très douée. Et puis il me manquait quelques fournitures que je devrais aller chercher en début d'après midi chez le papetier.


Elle devait être opérée le matin. Encore une fois! Mais cette fois-là pour moi je le sentais, c'était différent. J'avais beau me dire que c'était seulement le fait d'être plus âgée qui me faisait prendre conscience enfin de la gravité de la situation mais non, çà ne me rassurait pas du tout. Alors je me disais: "fais tout bien, si tu te conduis particulièrement bien Dieu ne la prendra pas". Et effectivement j'ai tout bien fait: J'ai fait les courses, préparé le repas, fait les lits, le nettoyage de la maison à fond, lavé la vaisselle, j'ai été gentille, serviable, je ne me suis pas irritée quand mon frère m'a cherchée des noises pour une broutille, lui aussi devait être inquiet... j'ai tout fait comme il faut! Bien gentiment en pensant lui donner sa chance.


L'après midi, je suis partie chercher mes fournitures: 4kms! une promenade à l'époque. Mais tout au long du chemin je me disais: à quoi bon! Je sentais que le lendemain ne serait pas pour moi un jour d'école.
Pourtant je suis rentrée et me suis mise au travail sur mon coin de nappe dans la salle commune.


Vers 16h, mon beau frère est rentré. Nous nous sommes élancés nous les plus jeunes pour avoir des nouvelles mais je savais déjà. Je n'ai pas pleuré. Ma soeur Carole s'est écroulée (elle avait 20 ans) mais pas moi. Je n'ai rien dit mais je sentais mes yeux devenir immenses, mon coeur aussi, dilatée voilà! Je crois que c'est ce que j'ai ressenti. J'enflais de désespoir et j'étais seule pour toujours. A ce moment-là déjà j'étais seule. Je l'ai toujours été depuis. L'orpheline de 14 ans pleurerait sa mère pour le restant de sa vie. Dieu? qui est dieu?

 

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20/05/2009

Ma mère: Extrait de mon Journal Perso.

Mere-a-l-enfant-AffichesG. klimt

 

   Du plus loin que je me souvienne, je l'ai toujours connue malade. Et je ne dis pas malade de bobos sans importance ou imaginaires non! malade du cancer. Ce qui a été le facteur déclenchant du désamour que mon père m'a porté: oui parce qu'elle a eu son cancer, de l'utérus dans un premier temps, dés après ma naissance. Il s'est généralisé par la suite mais c'est par là qu'il a démarré. De là à dire que j'en étais la cause n'est ce pas? C'est si simple d'accuser l'enfant qui est né plutôt que remettre en doute son propre mode de vie. Car enfin, s'il fallait des responsables, c'était bien du côté des parents qu'il aurait fallu chercher, je ne me suis pas fabriquée toute seule comme d'ailleurs les frères et soeurs qui m'ont précédée dans l'utérus de ma mère!

Mais non, j'étais coupable donc pas aimée de ce père que j'adorais pourtant. Par contre ma mère, peut être pour compenser et parce que vraiment j'étais une petite fille charmante et puis sans doute parce que tout simplement j'étais sa fille, sa petite dernière, me vouait un profond amour.

 

Les matins d'école je partais au petit jour parce que la route était longue. Dans une trouée de la haie, je l'apercevais qui me faisait toujours le même signe de la main, le baiser envoyé et moi, penchée par ce trou providentiel je lui renvoyais tout çà en soufflant dans les mains. Mais si un matin, distraite, j'oubliais ce rituel, quelle tristesse toute la journée et quels baisers au retour pour me racheter de ce "délit:)"!

 

J'étais une petite fille heureuse mais pas épanouie avec cette épée de Damoclès au dessus de ma tête: le départ de maman. Je comptais souvent dans ma tête: si elle meurt dans un an j'aurai... et là je spéculais sur ce que j'étais capable d'assumer toute seule puis bien vite, je chassais ces idées de mon esprit de crainte d'attirer le malheur et je culpabilisais d'y penser. J'aurais eu besoin de mots, de gestes qui ne se faisaient pas à l'époque, on ne parlait pas de ces choses-là. Sans doute ces années ont-elles forgées ma sensibilité extrême d'aujourd'hui, mon sens de l'écoute qui me fait choisir si souvent de façon naturelle par les personnes ayant besoin de s'épancher.

 

C'est ma joie et ma fierté de pouvoir, parfois, aider quelqu' un qui se trouve dans la peine, la détresse morale...; être ces bras, cette épaule que personne ne m'a tendus! Pourtant bien souvent moi aussi j'ai besoin d'écoute et c'est dans ce journal perso que j'ai écrit jour aprés jour que je trouve les mots: mettre des mots sur les évènements les plus douloureux, les sortir du coeur, de l'âme... exorciser les souffrances anciennes pour pouvoir profiter du présent!


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