25/10/2009

Bohemian Rhapsody!

Il me manque: alors de temps en temps comme çà, je l'écoute et j'ai un peu froid! Et puis, aujourd'hui c'est mon anniversaire alors le choix s'est fait surtout, avant tout, pour mon plaisir:)!.

 

 
Bon dimanche à tous:)!

 

AB asignat doré

23/09/2009

Mes premiers textes: Extrait de journal perso.

collage

 


A quel âge cesse-t-on de croire au Père Noël? C'est à l'époque où j'y croyais encore que remontent mes premiers souvenirs de cahiers d'écriture. En tous cas il me semble que mon premier fut celui là, que j'écrivais sur un cahier à lignes que la maîtresse m'avait donné, ainsi que des crayons de couleurs et bien sûr le crayon à papier qui allait avec: un vrai trésor car à l'époque, le matériel était distribué par l'école et utilisé pour l'école, cahier de 32 pages recouvert de ce papier bleu, un peu brillant qui sentait si bon! Ouvrir un cahier neuf n'est rien pour les enfants d'aujourd'hui mais pour nous c'était une fête!

J'étais une bonne élève et , en récompense spéciale, plutôt qu'un bon point ou une image, il m'avait été donné ce matériel que j'allais pouvoir utiliser à ma guise!

Parce que j'aimais inventer des histoires, je décidai d'en écrire là, dans ce cahier secret. Je commençai par y mettre un petit conte  de Noël bien sûr puisque cette fabuleuse fête approchait, que j'illustrai d'un beau sapin décoré de boules. Je précise que je dessinais très mal! Enfin, c'est-ce que je crois puisque je suis si mauvaise illustratrice mais à l'époque évidemment j'admirais mes chefs-d'ouvres. J'ouvrais mon cahier dans la chambre que je partageais avec ma sœur et j'admirais mon écriture d'enfant appliquée, les mots, le dessin très coloré et j'étais heureuse et fière. Dés que je percevais un bruit, hop! Je fermais le précieux cahier et le glissais dans mon tiroir de chevet.

Puis un autre texte vint, en vers celui-là. Je trouvai ce mode d'expression plus simple pour moi, une rime en amenant une autre et je continuai mes illustrations. Sur la page de droite le texte, sur celle de gauche le dessin. De petites choses simples: la poupée amoureuse du beau soldat , elle dans sa jolie maison de bois, lui dans la bataille qui se livrait juste là, dans la chambre de mon frère à côté! Je me souviens très bien de ce texte parce que j'ai beaucoup pleuré à la relecture. J'ai oublié les autres, je ne pourrais vous en parler. Je sais cependant que souvent des Pères Noël à longue barbe y figuraient.

Noël, le jour de l'an, passèrent et mon cahier s'étoffait de mes contes et poèmes. Je le jugeais magnifique en toute modestie et brûlais d'envie de faire découvrir ce talent qui m'était venu.  Alors, à la fin de ces vacances d'hiver, j'offris mon cahier à maman.

Elle l'ouvrit d'abord avec un petit sourire attendri pensant y trouver les gribouillages de petite fille de mon âge. Puis elle lut! Que lui inspirèrent ces petits textes naïfs, je ne sais pas trop. Elle sécha une petite larme, me demanda l'autorisation de le montrer à la famille: bien sûr je permettais, imaginez mon bonheur de voir enfin reconnu mon travail! Car pour moi c'était celà! J'avais tant investi d'amour, d'heures d'application... et puis pour moi si timide, la petite dernière... j'étais gonflée d'importance:))!

J'ai gardé par la suite une certaine aisance à m'exprimer par écrit. Je ne craignais pas mes débordements d'imagination dans mes rédactions. J'avais trouvé là le moyen de m'extérioriser, de conjurer cette timidité qui me paralysait et ne redoutais plus de me lever pour avoir à lire mon texte à la classe quand il se révélait être le meilleur ce qui, disons le, arrivait très souvent! Et puis je choisissais un vocabulaire riche, imagé, une habitude que j'ai perdue quand je me suis mise vraiment à l'écriture: là j'ai toujours écrit avec des mots très simples, ceux de la vie quotidienne. C'est-ce que je fais encore aujourd'hui!

 
Copie de imagemagic

17/08/2009

Petite enfance. Extrait de journal perso.

AA1 au marché

 

Lorsque j'étais petite fille et d'ailleurs encore maintenant, j'adorais aller au marché. Alors l'été, maman nous réveillait tôt ma sœur et moi, nous déjeunions d'un délicieux pain perdu puis nous partions à la fraîche car, disait maman, les bons produits ne nous attendront pas sur l'étal! Et il fallait voir un marché en Provence dans les années 50!

 
Bien sûr nous passions prendre les légumes pour la ratatouille et le pistou,  le poisson frais (ah! Les petits rougets à griller, les sardines encore frétillantes...!), mais aussi les tripes pour préparer les pieds-paquets! Qui ne connaît pas nos pieds-paquets de Provence n'a jamais rien goûté! Je ne pourrais pas vous en donner la recette, je ne la connais pas et les tripiers se sont faits très rares de nos jours: j'achète les inégalables pieds-paquets de Sisteron en bocaux de verre, ils sont fameux dans toute la France... et même ailleurs! Mais en ce temps-là, c'est maman qui s'y mettait: des heures de travail!

 
Vous l'aurez compris, les marchés étaient très colorés et très vivants mais ils avaient cette spécificité: les vendeurs de brousses du Rove, un fromage unique, qui a sa propre recette de bergers faisant  paître leurs chèvres dans ces collines arides du quartier du Rove entre l'Estaque et Martigues. Les marchands, soufflaient dans leur cornet de cuivre pour rameuter les clients et hurlaient comme seuls les marseillais savent le faire: aaaah qu'elle est belleee ma brousse madameee, elle est belle, elle est fraîèèche » et c'était vrai qu'elle était fraîche et savoureuse. J'en mange encore aujourd'hui mais elle est moins parfumée, sans doute parce que les chèvres broutent une herbe toujours aussi rare mais sans doute bien plus polluée. 

Les glaciers fonctionnaient sur le même principe avec leur vélo à 3 roues. Je ne parle pas là de glaces en cornets mais de pains de glace à rafraîchir pour nos glacières. Nous avions aussi les pognes, du Rove encore, les seules, les vraies: brioches rondes parfumées à la fleur d'oranger. Et bien d'autres spécialités que je vous vante ici et là sur ce blog.

 
Puis nous déposions nos paniers dans un café, nous buvions une orangeade et, pour  me faire plaisir, maman nous emmenait sur la place de La Plaine faire un tour de manège: horreur! J'avais peur, j'étais malade et qui plus est, timide comme on en fait peu, je n'aurais jamais osé attraper le pompon qui vous donnait droit à un tour gratuit. La dame du manège qui me trouvait bien mignonne et voyant maman, semaine après semaine, m'expliquer comment tirer sur le pompon que pourtant on me fichait sous le nez pour qu'il n'y ait pas de malentendu: il était bien pour moi ce fameux tour en plus, m'offrait malgré tout le ticket-sésame et c'était parti pour un autre moment de cauchemar.

 
Mais jamais au grand jamais je n'aurais avoué, craignant de faire du chagrin à maman, que j'aurais donné tous les tours de manège du monde pour au moins une fois prendre le tramway 68 qui, venant d'Aubagne,  passait sous la place de La Plaine en zigzags et chaos dans un long tunnel (pensais-je alors), et nous amenait à la gare de l'Est à deux pas de la célèbre Canebière.

 
AA1 au marché 2
 
  
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29/06/2009

Les vacances. Extrait de mon Journal Perso.

chateau gombert
Collines de Château Gombert.

 
Je vous l'ai dit déjà, enfant je vivais dans la campagne en périphérie de Marseille. Pour vous donner une idée du lieu, si vous avez vu le château de ma mère et la suite de Pagnol, vous avez là un aperçu : Pour lui, les collines étaient le Garlaban, pour moi, celles de Château Gombert, mais toujours le Massif de l'Etoile et pas moins belles, pas moins pleines de sentiers aux senteurs Provence garantis où nous nous ébattions l'été venu avec un bonheur tous les ans renouvelé. Nous prenions garde, et nos parents ne cessaient de nous le rappeler, à ne jamais faire de feu dans ces lieux sacrés mais très secs où tous les ans des incendies, criminels ou pas, se déclaraient. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui.

Nous faisions la cueillette de baies à confiture, ma préférée étant celle de mûres de ronces. Équipés de crochets de notre fabrication, nous nous arc-boutions pour attraper les plus éloignées qui, c'est bien connu, sont toujours plus belles, plus grosses. Et nous rentrions la bouche violette d'y avoir goûté,l es mains et les bras en sang. Maman n'avait pas le droit d'attendre: vite, nous l'aidions à laver à la fontaine notre énorme provision et hop! Au feu. Nous salivions devant le chaudron parfumé et nous adorions quand elle nous proposait à tous un bol brûlant de la préparation pour "vérifier" la cuisson:)!

Mais ce que j'aimais par-dessus tout c'est, après l'un de ces orages d'été qui nous laissait tremblants de peur, dans la quasi obscurité en plein après-midi, sortir dés les dernières gouttes pour ramasser les limaçons.
Çà n'a plus trop court de nos jours: il s'agit de ces petits escargots, blancs à marrons en passant par le beige, aux rayures en spirales, qui s'accrochent en grappes aux tiges montées des fenouils sauvages dont ils se gorgent de la saveur anisée. Nous avions nos coins, pas la moindre petite tige de fenouil ne nous échappait! Nous  prenions les plus gros  et veillions à en laisser toujours suffisamment pour assurer la relève, écolos avant la lettre que nous étions!
Nous les transportions dans des paniers à salade de l'époque, tapissés d'un torchon pour éviter l'évasion.
 
Maman les laissait dégorger 2 ou 3 jours dans des cages grillagées puis elle les préparait à l'aïgue sau, littéralement eau salée. Il s'agit en fait d'un bouillon  bien salé et poivré agrémenté de fenouil bien sûr, bouquet garni, ail et oignons, blanc de  poireau  et petits bâtonnets de carottes mais surtout d'une peau d'orange entière gardée et séchée de l'hiver. Je ne vous en dis pas plus, il est impensable que quelqu'un  envisage de nos jours de préparer ce délice que les grands dégustaient à l'apéritif avec un pastis bien frais pris sous un énorme chêne mais que nous enfants, nous mangions dans des bols, assis sur le pas de la porte, en tirant les limaçons de leurs coquilles avec une aiguille à coudre: un régal!

Et d'ailleurs puisqu'on en parle, je me souviens sur les marchés, les vendeuses de ces délicieuses petites bêtes, leur chaudron rempli, les cornets de papier gris déjà roulés et criant pour attirer le client: « à l'aïgue sau les limaçouns y'en a des graüs et des pitchouns »! Vous aurez compris à l'eau salé les limaçons, il y en a des gros et des petits, mais c'est moins chantant n'est-ce pas dit comme çà?

 
aigue sau
L'aïgue sau!

 
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05/06/2009

La fin de l'enfance: Extrait de mon Journal Perso.

Amoi

 

Je savais que çà ne passerait pas cette fois. Le matin, je me suis levée tôt, je n'avais pas dormi, j'étais en miettes tant je m'étais tournée et retournée dans mon lit. C'était un jeudi et à cette époque (l'année 1960) le jour de congé scolaire était encore le jeudi. J'avais beaucoup de devoirs: en 3ème, tout commençait à devenir sérieux, même pour une élève très douée. Et puis il me manquait quelques fournitures que je devrais aller chercher en début d'après midi chez le papetier.


Elle devait être opérée le matin. Encore une fois! Mais cette fois-là pour moi je le sentais, c'était différent. J'avais beau me dire que c'était seulement le fait d'être plus âgée qui me faisait prendre conscience enfin de la gravité de la situation mais non, çà ne me rassurait pas du tout. Alors je me disais: "fais tout bien, si tu te conduis particulièrement bien Dieu ne la prendra pas". Et effectivement j'ai tout bien fait: J'ai fait les courses, préparé le repas, fait les lits, le nettoyage de la maison à fond, lavé la vaisselle, j'ai été gentille, serviable, je ne me suis pas irritée quand mon frère m'a cherchée des noises pour une broutille, lui aussi devait être inquiet... j'ai tout fait comme il faut! Bien gentiment en pensant lui donner sa chance.


L'après midi, je suis partie chercher mes fournitures: 4kms! une promenade à l'époque. Mais tout au long du chemin je me disais: à quoi bon! Je sentais que le lendemain ne serait pas pour moi un jour d'école.
Pourtant je suis rentrée et me suis mise au travail sur mon coin de nappe dans la salle commune.


Vers 16h, mon beau frère est rentré. Nous nous sommes élancés nous les plus jeunes pour avoir des nouvelles mais je savais déjà. Je n'ai pas pleuré. Ma soeur Carole s'est écroulée (elle avait 20 ans) mais pas moi. Je n'ai rien dit mais je sentais mes yeux devenir immenses, mon coeur aussi, dilatée voilà! Je crois que c'est ce que j'ai ressenti. J'enflais de désespoir et j'étais seule pour toujours. A ce moment-là déjà j'étais seule. Je l'ai toujours été depuis. L'orpheline de 14 ans pleurerait sa mère pour le restant de sa vie. Dieu? qui est dieu?

 

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