23/09/2009

Mes premiers textes: Extrait de journal perso.

collage

 


A quel âge cesse-t-on de croire au Père Noël? C'est à l'époque où j'y croyais encore que remontent mes premiers souvenirs de cahiers d'écriture. En tous cas il me semble que mon premier fut celui là, que j'écrivais sur un cahier à lignes que la maîtresse m'avait donné, ainsi que des crayons de couleurs et bien sûr le crayon à papier qui allait avec: un vrai trésor car à l'époque, le matériel était distribué par l'école et utilisé pour l'école, cahier de 32 pages recouvert de ce papier bleu, un peu brillant qui sentait si bon! Ouvrir un cahier neuf n'est rien pour les enfants d'aujourd'hui mais pour nous c'était une fête!

J'étais une bonne élève et , en récompense spéciale, plutôt qu'un bon point ou une image, il m'avait été donné ce matériel que j'allais pouvoir utiliser à ma guise!

Parce que j'aimais inventer des histoires, je décidai d'en écrire là, dans ce cahier secret. Je commençai par y mettre un petit conte  de Noël bien sûr puisque cette fabuleuse fête approchait, que j'illustrai d'un beau sapin décoré de boules. Je précise que je dessinais très mal! Enfin, c'est-ce que je crois puisque je suis si mauvaise illustratrice mais à l'époque évidemment j'admirais mes chefs-d'ouvres. J'ouvrais mon cahier dans la chambre que je partageais avec ma sœur et j'admirais mon écriture d'enfant appliquée, les mots, le dessin très coloré et j'étais heureuse et fière. Dés que je percevais un bruit, hop! Je fermais le précieux cahier et le glissais dans mon tiroir de chevet.

Puis un autre texte vint, en vers celui-là. Je trouvai ce mode d'expression plus simple pour moi, une rime en amenant une autre et je continuai mes illustrations. Sur la page de droite le texte, sur celle de gauche le dessin. De petites choses simples: la poupée amoureuse du beau soldat , elle dans sa jolie maison de bois, lui dans la bataille qui se livrait juste là, dans la chambre de mon frère à côté! Je me souviens très bien de ce texte parce que j'ai beaucoup pleuré à la relecture. J'ai oublié les autres, je ne pourrais vous en parler. Je sais cependant que souvent des Pères Noël à longue barbe y figuraient.

Noël, le jour de l'an, passèrent et mon cahier s'étoffait de mes contes et poèmes. Je le jugeais magnifique en toute modestie et brûlais d'envie de faire découvrir ce talent qui m'était venu.  Alors, à la fin de ces vacances d'hiver, j'offris mon cahier à maman.

Elle l'ouvrit d'abord avec un petit sourire attendri pensant y trouver les gribouillages de petite fille de mon âge. Puis elle lut! Que lui inspirèrent ces petits textes naïfs, je ne sais pas trop. Elle sécha une petite larme, me demanda l'autorisation de le montrer à la famille: bien sûr je permettais, imaginez mon bonheur de voir enfin reconnu mon travail! Car pour moi c'était celà! J'avais tant investi d'amour, d'heures d'application... et puis pour moi si timide, la petite dernière... j'étais gonflée d'importance:))!

J'ai gardé par la suite une certaine aisance à m'exprimer par écrit. Je ne craignais pas mes débordements d'imagination dans mes rédactions. J'avais trouvé là le moyen de m'extérioriser, de conjurer cette timidité qui me paralysait et ne redoutais plus de me lever pour avoir à lire mon texte à la classe quand il se révélait être le meilleur ce qui, disons le, arrivait très souvent! Et puis je choisissais un vocabulaire riche, imagé, une habitude que j'ai perdue quand je me suis mise vraiment à l'écriture: là j'ai toujours écrit avec des mots très simples, ceux de la vie quotidienne. C'est-ce que je fais encore aujourd'hui!

 
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09/07/2009

Marthe. Extrait de mon journal Perso.

le vieux chène

 
Ma grand-mère maternelle, Claire, avait 3 enfants quand son mari, jeune officier, mourut à la guerre. Son fils aîné Jean l'aidait à élever les plus jeunes: mon oncle Albert et ma mère Marthe.
 
Elle n'était pas une fillette facile la petite Marthe, elle faisait preuve d'un sacré caractère. Ainsi quand elle avait 9 ans seulement elle rentra un jour de l'école en disant à sa mère et à son grand frère que la maîtresse leur demandait de passer le lendemain: en fait elle avait dit merde à la maîtresse qui informa ma grand mère que cette enfant devait manifestement en connaître plus qu'elle. Elle accepta sur l'insistance et la confirmation d'une sévère punition, de reprendre Marthe en classe: il faut dire que la petite était une élève douée et puis n'est ce pas, une orpheline de guerre... Mais si de nos jours une telle chose paraît banale, imaginez à l'époque dont je parle!
 
Ma grand mère se remaria avec un veuf qui avait lui-même un fils Lucien, de 6 ans l'aîné de Marthe et, quelques années plus tard, pour des considérations d'intérêts familiaux, les 2 jeunes gens furent mariés. Si Lucien était heureux de cet arrangement il ne faisait pas vraiment le bonheur de sa jeune femme. Elle pleura beaucoup me dira-t-elle un jour puis se résigna quand elle s'aperçut qu'un enfant allait naître. Ce fut une petite Lucienne et peu de temps plus tard Lucien, bien assis dans son rôle de mari, se mit à rentrer tard et éméché. Aux reproches de Marthe il répondit par des coups.
Marthe se plaignit à sa mère espérant un peu d'affection et de soutien! peine perdue. Elle tint le coup jusqu'au premier anniversaire de la petite Lucienne, une soirée mémorable pour elle par la violence des coups subis. Elle partit!
 
Imaginez une chose pareille: elle demanda le divorce! Elle n'avait pas 19 ans mais elle osa se mettre au ban de la société malgré le courroux de sa mère et la désapprobation de son frère Jean qui l'avait élevée. Seul son frère Albert la soutint. En cela il prit une énorme place dans sa vie. Elle put s'installer chez lui qui venait d'épouser la douce Charlotte.
 
Charlotte s'occupait de la petite Lucienne tandis que Marthe travaillait en usine. Un travail écrasant mais qui lui permettait de participer financièrement à ses besoins et ceux de sa fille malgré que oh! Albert et Charlotte ne lui auraient jamais rien demandé, ils n'étaient même pas d'accord pour la voir travailler, s'éloigner de la petite fille.

Elle rencontra mon père dans une guinguette un dimanche après midi, comme souvent les jeunes gens de cette époque. Il était beau, il dansait bien, il faisait figure de héros lui dont les parents comédiens avaient quitté l'oppression de l'Espagne. Elle en tomba follement amoureuse et là aussi elle brava la famille: elle l'épousa, un étranger fils de saltimbanques...
 
Oui elle en avait du caractère Marthe et elle n'a pas eu une vie ordinaire pour l'époque dans laquelle elle a vécu, le milieu social qui était le sien.
 
J'ai connu ces grands-parents-là: Claire ma grand-mère qui maltraitait ma nièce Anne Marie, la fille de ma demi-soeur Lucienne par vengeance envers sa grand-mère (ma mère), et son mari, père de Lucien qui vivaient tous deux chez Lucienne; et Lucien bien sûr qui passait mais rarement, voir sa fille et son père. Chez nous vivait mon grand-père paternel le "saltimbanque", devenu veuf.
Quelles empoignades mémorables entre tous ces "vieux" réunis les après midis d'été sous Le Grand Chêne qui donnait son nom à la propriété! Oui car si chacun avait sa petite maison, nous vivions tous sur cet espace que mon père avait acheté pour se marier: Nous habitions dans la maison principale puis des logements avaient été aménagés sur l'arrière dans les anciennes écuries et porcheries
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