03/03/2010

L'orpheline: poème de la semaine.

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J'ai posté ce texte en juillet sur 4 mains, avec un succès mitigé: trop triste pour la période des vacances, vacances donc peu de visites, que sais-je. Pourtant il me tient à cœur pour avoir été écrit dans des circonstances particulières. Je l'ai un peu retouché et je le reposte de nouveau. L'aimerez-vous davantage aujourd'hui, je ne sais pas! ce n'est pas vraiment le but je pense.

 
Son regard est éteint
Même pas la brillance
Que donne le chagrin
Dans les grandes souffrances.
Elle ne pense pas
Elle est seule dans sa bulle
Elle voudrait parfois
Qu'un peu le temps recule
Elle entend une voix
Qui lui parle tout bas
Bonjour  ma petite fille
Je suis là, ton papa
Pour toi vois-tu chérie
Je ne suis pas parti
Tu me gardes en toi
Comme un souffle de vie.
Ne cachons pas les mots
Il ne sera plus là
Pour panser ses bobos
Elle ne s'y attend pas
Ce qu'elle voudrait, elle
C'est un grand champ de fleurs
Et puis l'entendre rire
Et effacer ses peurs
Pour elle rien n'est pire
Que cet affreux silence
La maison est muette
De ses bruits familiers
Le calme ou la tempête?
Immense turbulence
Le temps s'en est allé.
Elle pourrait jouer
Mais ce creux dans sa tête
Son âme est en béance
Bien qu' elle ne sache pas
Le temps lui est clément
Qui lui offre cette absence
Car son tout petit être
Ne pourrait pas entendre
Ces mots qu'on lui dit là
Il est mort ton papa.

Alors demain peut-être...
Pour l'instant il est là
.

 

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28/01/2010

La blagounette: l'allaitement.

Cette semaine j'ai choisi une blagounette que m'a envoyée Anne. J'en profite d'ailleurs pour lui faire un gros bisou au passage: comme vous le savez, elle se fait opérer ce matin. Et bien sûr, tout va bien se passerClin d'oeil.

 
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Une dame et un bébé attendent patiemment le docteur pour le  premier examen du bébé.

Le docteur arrive, examine le bébé, vérifie son poids et, d'un air un peu préoccupé, demande à la dame s'il est nourri au sein ou au biberon.
 
- Au sein,  répond-elle.
- Eh bien, déshabillez-vous jusqu'à la taille! lui dit-il.

Elle s'empresse de le faire.

Puis il lui pince les mamelons, les presse, les palpe et lui  frotte les seins dans tous les sens dans le cadre d'un examen très minutieux.
En lui demandant de se rhabiller, il lui dit:
 

- Pas surprenant que le Bébé ait un poids si faible. Vous n'avez pas de lait.
- Je sais, je suis la grand-mère. Mais je suis quand même contente d'être venue!

 
AB asignat doré
 

29/12/2009

Incroyable talent:)!

Regardez ce petit garçon japonais. Il a quoi? entre 3 et 5 ans et il joue du ukulele en virtuose avec là une reprise de I'm yours de Jason Mraz. D'accord! pour les paroles, çà laisse à désirer mais il a certainement oublié de parler tant il s'est consacré à la musique.

Et puis je trouve mignon comme tout cette façon qu'il a de s'arrêter de jouer pour s'essuyer le nez. Et il met une telle ardeur dans le jeu... Il promet ce petit bout. Je l'adore et j'ai eu envie de partager avec vous:)!


 
AB asignat doré

11/12/2009

La blagounette: La lettre à Jésus.

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Cette fois je vous en mets une à moi de blagounette. Elle est ancienne hein, j'en riais déjà quand j'étais enfant! Mais je l'aime toujours autant! je vous l'ai un peu mise au goût du jour.

 
 
Le petit garçon d'un mafieux sicilien  voudrait bien avoir une bicyclette neuve pour Noël.

Alors il prend un papier et un crayon et commence sa lettre:
- Cher petit Jésus, j'aimerais bien avoir pour Noël un VTT neuf car mon vieux vélo...
Il arrête, regarde sa lettre la déchire en se disant: il va s'en fiche, il ne sait même pas ce que c'est un VTT!

Il prend un autre papier et cette fois écrit :
- Cher petit Jésus ayant été sage, j'aimerais pour Noël, avoir une bicyclette neuve...

Il s'arrête, regarde sa lettre, la déchire et se dit que ça ne marchera pas celle-là non-plus: enfin, il s'en fiche Jésus qu'il ait été sage!!!

Il regarde sur le bureau de sa chambre, prend la statue de la Sainte-Vierge,  le rouleau de scotch, baillonne d'abord la bouche de la Vierge puis l'emballe bien saucissonnée, la dépose dans une boîte et ferme soigneusement la boîte en carton aussi.
Puis il descend au sous-sol dépose la boîte dans une valise, ferme la valise à clé, verrouille le code, dépose la valise dans un vieux coffre-fort qu'il ferme avec 2 cadenas.

Il remonte dans sa chambre,  prend un papier et son crayon et là il écrit :
- Cher petit Jésus, si tu veux revoir ta mère vivante...

 
AB asignat doré

09/12/2009

La crèche: souvenirs d'enfance (suite).

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Le saviez-vous? Certains prétendent que les marseillais construisirent des crèches avec les santons en terre cuite pour compenser l'interdiction des messes de minuit pendant la révolution.
A la fin du XVIIIe siècle les enfants jouent avec les santouns qui représentent des saints miniatures en plâtre ou en bois.
C'est de ce jouet enfantin que vont naître les premiers santons dans les quartiers près du vieux port de Marseille, car le santon est bien originaire de la cité phocéenne.
Le premier santonnier, Jean Louis Lagnel, né à Marseille en 1764,  fabriqua en série et en argile crue les "santouns" des enfants qui seront destinés aux crèches familiales.
Les personnages représentent, dès l'origine les petits métiers de la vie d'autrefois. La collection familiale de figures se transmet et s'enrichit de génération en génération.

 
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Nous avions bien avancé dans les préparatifs de Noël. On voyait maintenant la taille qu'aurait la crèche et nous pouvions acheter les santons.  Bien sûr on ne changeait pas tout d'un coup, tant pis si le berger, le rémouleur et même le Jésus étaient un peu petit, c'était un travail à long terme parce que les santons en Provence, c'est cher!
Mais nous achetions les figurines en plâtre, bien plus économiques. Maman cousait les vêtements et nous nous chargions, nous les petits,  de la peinture: joues bien roses garanties!

Nous allions   "en ville", c'est-à-dire dans le centre de Marseille, nous qui vivions assez loin., dans les collines de Château Gombert.  On partait, ma sœur, mes 2 frères et moi accompagnés de maman, pour arriver à la tombée de la nuit et profiter des illuminations. Dès l'église des Réformés nous étions enchantés: un grand sapin s'élevait là, préfigurant ce qui nous attendait au long de notre Canebière, si chère aux marseillais comme vous savez. Sans doute n'étaient-elles pas aussi belles que maintenant les illuminations mais pour nous c'était magique. Tout brillait, les platanes chantaient leur joie, des grandes guirlandes les reliaient entre eux et d'un côté à l'autre de l'avenue des étoiles scintillaient.
Puis nous parvenions au Vieux Port et les pêcheurs n'étaient pas en reste de décorations pour leurs « pointus ». Chacun faisait dans son style mais tout, en tous cas, nous clignait de l'œil. Sans parler des boutiques aux vitrines pétillantes c'est le mot, avec leurs personnages animés! Nos yeux n'étaient pas assez grands pour tout voir!

Après avoir pris un  goûter  dans une brasserie nous remontions vers les allées de Meilhand où se tenait alors la foire aux santons. Je vous en ai déjà parlé dans un post précédent. On faisait d'abord une grande visite, admirer, comparer et surtout se mettre en tête les couleurs, les tissus... qui allaient nous permettre de décorer nos propres figurines.

Puis nous achetions les personnages que nous avions décidé de remplacer et/ou d'ajouter. Nous passions beaucoup de temps à discuter avec les santonniers, écouter leurs conseils à eux, les professionnels qui confectionnaient ces merveilles et puis nous nous lancions mais toujours, nous emportions une pièce de plus que prévu. Ma mère m'avouera plus tard qu'elle prenait en compte ce petit plus qui nous faisait tant plaisir.

Nous refaisions un petit tour de ville, profitant de ces précieux moments et puis nous reprenions le tramway et rentrions à la maison des lumières dans le regard et des idées de décors plein la tête! Car dès le lendemain nous nous mettrions au travail: peindre et habiller ces nouvelles pièces!

Il en faut peu pour être heureux et nous l'étions ô combien!

 
AB asignat doré

17/10/2009

OM: la blagounette de la semaine.

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Attention hein! je suis fan de l'OM (Olympique de Marseille). Sauf que je reconnais: ils perdent souvent!  Mais ils n'ont pas dit leur dernier mot:)! Enfin, j'espère:(((((!

 
Kevin est au tribunal avec ses parents qui divorcent.
Le juge : Kevin mon garçon, je vais te confier à la garde de ta maman !
Kevin : Ah non, Monsieur le juge! ma mère, elle me bat !
Le juge : Ta mère te bat mon pauvre petit? Je vais devoir éclaircir çà! en attendant  je vais te confier à ton papa !
Kevin : Ah non Monsieur le juge, mon père me bat aussi!
Le juge : Ton père te bat aussi ? Mais alors qui veux-tu qui te garde ?
Kevin : Je voudrais bien que ce soit l'OM, Monsieur le juge
Le juge : Gardé par l'OM ? Quelle idée bizarre !
Kevin : Peut être, Monsieur le juge, mais eux ils ne battent jamais personne.

 
AB asignat doré

07/10/2009

La maison du bout du monde: à lire ou à relire!

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La Maison du bout du monde fut LE roman a lire dès sa parution en 1990, salué par la génération Woodstock et les utopies de la libération sexuelle, déjà projetée dans la tourmente des années sida.

De Cleveland à New York, des rêves ambitieux et candides de l'adolescence à la quête désemparée d'un refuge d'où la vie tiendrait tête aux turbulences de notre monde déboussolé, l'histoire de Jonathan et de Bobby, deux amis d'enfance partagés entre homosexualité et recherche de la vie familiale plus traditionnelle, explore la fragilité émotionnelle d'une époque qui vit ses idéaux péricliter vers un tragique dénouement. Pour sauver leur destin de cette faillite annoncée, les deux garçons tenteront avec Clare, leur compagne bohème, d'inventer une alternative à la vie de famille .

Revus aujourd'hui,  les messages d'amour et de paix à tout prix des rengaines hippies résonnent avec une étrange acuité dans ces pages brûlantes, servies par la beauté lyrique d'une prose qui transfigure les événements du quotidien le plus fade en d'intenses moments de grâce.

C'est donc avec la surprise du même immense plaisir que j'ai relu cet ouvrage qui m'a enchantée à l'époque. La maison du bout du monde reste un excellent roman, de lecture facile, que je recommande!

En poche, pas cher, çà ne gâche rien.

 
AB asignat doré

23/09/2009

Mes premiers textes: Extrait de journal perso.

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A quel âge cesse-t-on de croire au Père Noël? C'est à l'époque où j'y croyais encore que remontent mes premiers souvenirs de cahiers d'écriture. En tous cas il me semble que mon premier fut celui là, que j'écrivais sur un cahier à lignes que la maîtresse m'avait donné, ainsi que des crayons de couleurs et bien sûr le crayon à papier qui allait avec: un vrai trésor car à l'époque, le matériel était distribué par l'école et utilisé pour l'école, cahier de 32 pages recouvert de ce papier bleu, un peu brillant qui sentait si bon! Ouvrir un cahier neuf n'est rien pour les enfants d'aujourd'hui mais pour nous c'était une fête!

J'étais une bonne élève et , en récompense spéciale, plutôt qu'un bon point ou une image, il m'avait été donné ce matériel que j'allais pouvoir utiliser à ma guise!

Parce que j'aimais inventer des histoires, je décidai d'en écrire là, dans ce cahier secret. Je commençai par y mettre un petit conte  de Noël bien sûr puisque cette fabuleuse fête approchait, que j'illustrai d'un beau sapin décoré de boules. Je précise que je dessinais très mal! Enfin, c'est-ce que je crois puisque je suis si mauvaise illustratrice mais à l'époque évidemment j'admirais mes chefs-d'ouvres. J'ouvrais mon cahier dans la chambre que je partageais avec ma sœur et j'admirais mon écriture d'enfant appliquée, les mots, le dessin très coloré et j'étais heureuse et fière. Dés que je percevais un bruit, hop! Je fermais le précieux cahier et le glissais dans mon tiroir de chevet.

Puis un autre texte vint, en vers celui-là. Je trouvai ce mode d'expression plus simple pour moi, une rime en amenant une autre et je continuai mes illustrations. Sur la page de droite le texte, sur celle de gauche le dessin. De petites choses simples: la poupée amoureuse du beau soldat , elle dans sa jolie maison de bois, lui dans la bataille qui se livrait juste là, dans la chambre de mon frère à côté! Je me souviens très bien de ce texte parce que j'ai beaucoup pleuré à la relecture. J'ai oublié les autres, je ne pourrais vous en parler. Je sais cependant que souvent des Pères Noël à longue barbe y figuraient.

Noël, le jour de l'an, passèrent et mon cahier s'étoffait de mes contes et poèmes. Je le jugeais magnifique en toute modestie et brûlais d'envie de faire découvrir ce talent qui m'était venu.  Alors, à la fin de ces vacances d'hiver, j'offris mon cahier à maman.

Elle l'ouvrit d'abord avec un petit sourire attendri pensant y trouver les gribouillages de petite fille de mon âge. Puis elle lut! Que lui inspirèrent ces petits textes naïfs, je ne sais pas trop. Elle sécha une petite larme, me demanda l'autorisation de le montrer à la famille: bien sûr je permettais, imaginez mon bonheur de voir enfin reconnu mon travail! Car pour moi c'était celà! J'avais tant investi d'amour, d'heures d'application... et puis pour moi si timide, la petite dernière... j'étais gonflée d'importance:))!

J'ai gardé par la suite une certaine aisance à m'exprimer par écrit. Je ne craignais pas mes débordements d'imagination dans mes rédactions. J'avais trouvé là le moyen de m'extérioriser, de conjurer cette timidité qui me paralysait et ne redoutais plus de me lever pour avoir à lire mon texte à la classe quand il se révélait être le meilleur ce qui, disons le, arrivait très souvent! Et puis je choisissais un vocabulaire riche, imagé, une habitude que j'ai perdue quand je me suis mise vraiment à l'écriture: là j'ai toujours écrit avec des mots très simples, ceux de la vie quotidienne. C'est-ce que je fais encore aujourd'hui!

 
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11/09/2009

Le Tchad (2). Extrait de journal perso.

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C'est le pharmacien qui l'a envoyée me "rendre visite". Elle est arrivée, timide et apeurée, me demandant un peu d'argent pour manger. Son regard était brûlant de fièvre et pourtant elle était belle, son port de tête si fier! Son visage doré s'éclairait de grands yeux pourtant couleurs de nuit, légèrement écartés. Sa bouche en cœur semblait presque trop rouge, comme maquillée, pour une fillette de son âge. Ah oui son âge: 10 ans m'a-t-elle annoncé mais en paraissant à peine 8 malgré sa taille assez élancée comme souvent les filles tchadiennes. Elle marchait pieds nus bien sûr et flottait dans son pagne. C'est-ce qui m'a frappée d'abord chez elle: son extrême maigreur. Pourtant je commençais à être habituée à ces enfants affamés par cette guerre du pouvoir qui déchirait depuis si longtemps les 2 frères ennemis.

Elle se nommait Souad et j'adorais ce prénom si doux.
Elle ne parlait pas au début. Elle arrivait le matin dés après que je me sois installée à ma table, trié mon courrier et donné les premières instructions pour le programme de la journée. Je ne pouvais lui accorder que peu de temps, elle savait que je devrais vite me rendre dans les services ou sortir en quète des aides de l'Etat, des Ambassades... Toujours un papier qui manque, un protocole d'accord avec tel ministère incomplet...

Les premiers jours je lui ai donné cette pièce dont sa survie alimentaire semblait dépendre. Puis je lui ai posé quelques questions. Je lui ai acheté quelque beignet ou fruit... Je  pensais que c'était plus important de lui acheter de la nourriture, qu'au moins ainsi j'étais sûre qu'elle profiterait de ce que je donnais. Mais j'ai très vite compris que partir sans argent serait grave pour elle et sa famille. En fait j'ai appris plus tard que son père était mort à la guerre et ses 2 grands frères étaient engagés dans l'armée: des combattants! C'était de ce que ramenait cette petite fille que se nourrissaient ces « hommes » si utiles: 2 gamins de 18 et 14 ans. Et s'il restait quelque chose, sa mère et elle étaient nourries. Autant dire qu'elles mangeaient rarement.

Ainsi, nous avons instauré un petit rituel: un marchand ambulant passait le matin tôt et nous fournissait ce dont avait besoin l'enfant pour se nourrir: 2 brochettes de rate, un peu de mil ou de riz, une mangue, un petit beignet... C'était plus qu'elle n'avait jamais eu depuis qu'elle avait quitté le sein maternel. Elle restait là, se promenait, aidait de vieilles gens dans le dédale de l'hôpital, soutenait la mère épuisée à changer les langes de son enfant... elle se rendait utile. Puis vers midi, 13 heures, ma journée de travail finie, je lui donnais les quelque 50 F.CFA qu'elle ramènerait à la famille pour ne pas être battue par le frère aîné, très dur et fier de sa kalachnikov presque aussi lourde que lui.

Des mois se sont écoulés ainsi. Que pensait sa famille voyant cette gamine si frêle s'étoffer un peu, devenir de jour en jour plus forte? Elle prenait confiance, se racontait, répondait aux questions mais je n'ai jamais vraiment eu de curiosité envers elle, je préfèrais l'écouter. Elle parlait de ce qui la choquait, posait des questions sur la France, mes enfants, l'école, de la paix surtout: elle ignorait la paix. Elle adorait son pays, sa ville mais ne connaissait rien d'autre que ces trous de balles dans les murs, la peur parfois, quand les bombardements se faisaient plus intenses  mais elle était devenue très rieuse et adorait jouer avec les bébés du service pédiatrie.

Je ne sais pas ce qu'est devenue Souad, j'ai quitté le Tchad rapatriée en avion sanitaire, dans le coma. Lorsque j'y suis retournée, presque un an après pour de courtes vacances auprès de mon mari, personne n'a pu me donner de ses nouvelles. Le pharmacien qui la connaissait un peu avait changé de poste.

 
Elle reste là, dans mon cœur. Comment ne pas imaginer le pire dans ce pays où les filles sont si peu de choses?

 
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10/09/2009

La blagounette du jour: parlons d'enfants!

Oui parce qu'en ce moment il est beaucoup question de nos gentils bambins, je vous propose là une image trés parlante à propos de la rentée des classes:

 
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Et là une petite histoire que m'a gentiment envoyé l'ami UrsonSourire! Tout le monde connait son blog, c'est lui qui photographie si bien les stars au Festival de Cannes... et pas seulement!

 

Un ingénieur se retrouve assis à côté d'une petite fille lors d'un vol intercontinental.


L'ingénieur dit à la petite fille :
- Si on parlait un peu ensemble, il paraît que les voyages passent beaucoup plus vite si on discute avec quelqu'un!

La petite fille le regarde:
- D'accord, de quoi voulez vous parler?

L'homme répond:
- Si on parlait de physique nucléaire?

La petite fille:
- Voyez-vous, un chevreuil, une vache, un cheval mangent tous la même chose, de l'herbe. Pourtant le chevreuil fait des petites crottes, la vache fait des bouses plates et le cheval de gros boulets verts. Comment expliquez vous cela ???

L'ingénieur réfléchit et dit:
- Ma foi, c'est vrai, je ne saurais l'expliquer!

Alors la petite fille rétorque:
-  Comment voulez vous parler de physique nucléaire, alors que vous ne maîtrisez même pas un petit  problème de merde???

 
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02/09/2009

Homosexualité et adoption: Société.

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1. La situation juridique et sociale:
   

La loi bioéthique de juillet 94 ne donne pas accès au recours à la procréation médicalement assistée avec tiers donneur dans la loi française, pratique utilisée aux Pays-Bas ou en Belgique entr-autres. Les femmes françaises vont alors se faire inséminer dans ces pays (ce qui a donné l'appellation "enfants du Thalys").
 

Les "convention mère porteuse" sont également interdites, cependant:

 - un homme en couple homosexuel peut très bien avoir un enfant avec une femme qui ne reconnaît pas l'enfant, l'enfant reconnu par son père biologique est donc élevé par lui et vit en fait dans un couple homosexuel.

- 2 membres de 2 couple homosexuels (un couple hommes et un couple femmes) ont un bébé reconnu par les parents biologiques et sera donc élevé par 2 couples homosexuels.
  

Dans les 2 cas le "non parent" reconnu risque en fait de perdre tout contact avec l'enfant en cas de séparation puisque le "lien affectif" ne peut être reconnu.

 
L'adoption est la solution idéale qui offrira un foyer à un enfant qui en est dépourvu. Mais, si l'adoption par un parent célibataire est reconnue et appliquée, elle ne l'est en aucun cas par un couple dont les 2 parents seraient du même sexe et le fait du PACS ne change rien: il y a là une forme d'hypocrisie qui concède la vie commune mais dénie la possibilité de devenir également parents.

Les législations européennes différent en cela puisque l'adoption conjointe par un couple homosexuel est reconnue aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne au Danemark en Islande et en suède.

 

Tout le monde a encore en mémoire le cas de Philippe Fretté dont le recours a été rejeté après 10 ans de procédure (et la séparation de son couple), les juges européens ayant estimé que la question divisait fortement les spécialistes à l'enfance et que ce n'était pas à la cour (européenne) de se substituer aux états et d'imposer une solution unique en Europe.

 

Mon approche personnelle:
  

 

Tout le monde est d'accord sur 2 choses:

 - Le bien-être de l'enfant avant tout,

- les parents doivent être une référence pour que l'enfant puisse s'épanouir.

 

La question est donc:

Est-ce qu'un couple homosexuel peut être une référence pour un enfant? C'est là que la morale intervient.

Ce qui fait référence, c'est avant tout d'apporter de l'amour à l'enfant, prendre soin de lui et être stable. Et me semble-t-il, on peut très bien remplir toutes ces conditions et vivre en couple du même sexe. Je ne vois là aucune contradiction. Une famille hétérosexuelle peut très bien être une mauvaise famille, l'orientation sexuelle n'a aucune incidence sur la capacité d'aimer et prendre soin d'un enfant, de l'élever.

En ce qui concerne l'adoption, on devrait procéder, comme pour une famille hétéro, à l'évaluation de ces capacités. L'amour donné ne se comptabilise pas en cochant des petites cases sur un formulaire.

D'ailleurs, où est le modèle traditionnel? Qui peut dire ce qu'est un couple "normal"? On peut à la rigueur parler de schéma classique de la famille dicté par la société mais à quoi ressemble-t-il de nos jours devant les familles éclatées, disloquées, déchirées...?

 

Il n'y a pas de règle je pense aujourd'hui. En réalité il existe déjà partout en France des enfants de couple homo parental et ces enfants n'ont aucune reconnaissance c'est cela qui est tout à fait anormal.

 

Un petit mot au sujet des "folles":

 
Car il y a en effet diverse formes d'homosexualité ou du moins différentes façons de la vivre. Certains choisissent le secret, d'autres la vivent aussi naturellement qu'une hétérosexualité et d'autres ont besoin de l' excès et l'excentricité. C'est la partie émergée de l'iceberg car ce sont ceux-là que l'on voit se trémousser aux gayprides et participer aux émissions télé (on cherche le sensationnel) qui au lieu de servir à démontrer la normalité des homosexuels vient démentir cette version plus juste.

 

Cela dit, ceux qui vivent de cette façon leur homosexualité ont en principe une sexualité débridée et montrent peu de motivation à s'investir dans une forme de parentalité quelle qu'elle soit!

 

En conclusion:

 
Je dirai que la situation n'a pas de réponse type. Il y a autant de réponses qu'il y a d'individus. Je crois sincèrement que 2 personnes peu importe leur sexe, peuvent adopter un enfant dé lors qu'il y a de l'amour à donner. Ensuite l'éducation écrira l'histoire de la famille même si je pense qu'il ne doit pas être facile pour un enfant issu de couple homo d'être accepté dans une société si prompte à juger et cataloguer. Le chemin est encore long vers la tolérance mais le fait de légaliser le mariage homo et l'adoption peut aussi contribuer à faire avancer les mentalités. J'ai bon espoir, nous y arriverons! Pour peu que l'église y mette un peu du sien après les politiques... mais çà, c'est un autre débat!!!

 
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20/08/2009

Et si l'enfant. Poème de la semaine.

J'ai déjà posté ce texte sur 4 mains, il n'y a pas très longtemps d'ailleurs.

Puis j'ai appris hier que dans un village voisin, ce que nous appelons communément un fait divers s'est produit. Un enfant maltraité a été enlevé à sa famille. Jamais au point d'en mourir, jamais avec des brutalités mais privé des petits plaisirs auxquels ses frères avaient droit comme l'inscription à un club de sport, une sortie en famille, un cadeau pour son anniversaire... et des mots si durs qu'ils lui sont devenus intolérables au point de préférer la séparation. C'est lui qui a fait ce choix, il a 9 ans!

 
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Aquarelle sur coton sur contreplaqué. 50,8 x 50,8 cm, 1933, Centre Paul Klee, Berne.

  


Et si l'enfant pouvait parler il vous dirait
Toi l'ami le frère le voisin
Toi qui vois tout mais ne dis rien
Mais qui es-tu ou est ton âme?
 

Quand je hurlais de désespoir, que faisais-tu ou étais-tu
Quand mon corps écartelé geignait l'entendais-tu
Quand ma souffrance devenait telle que ma vie s'enfuyait déjà
Qu'éprouvais-tu
Et toi qui me dis que tu m'aimes comment peux-tu
Les longs chemins que j'ai suivis malgré mon âge
Les connais-tu?
Les souffrances les chagrins la solitude
Les sauras-tu!
J'en ai tant vu pourtant! une habitude
Mais le vois-tu
Pourquoi enfant je dois subir
De l'homme lourd tous les outrages
Me diras-tu?
A mon secours peux-tu venir
  
 

Et je gis là, nuit de silence
Mais qui viendra?
Pourtant le cœur plein d'espérance
Tout finit là
Vivre ou mourir quelle importance
Et tu diras
C'est la mort ma seule vengeance
L'homme connaîtra la déchéance
Pourquoi, pourquoi?
 
  

Faire la Une des journaux?
Trop tard déjà!
Pourtant le ciel était si beau
Mais ce jour-là...

 
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17/08/2009

Petite enfance. Extrait de journal perso.

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Lorsque j'étais petite fille et d'ailleurs encore maintenant, j'adorais aller au marché. Alors l'été, maman nous réveillait tôt ma sœur et moi, nous déjeunions d'un délicieux pain perdu puis nous partions à la fraîche car, disait maman, les bons produits ne nous attendront pas sur l'étal! Et il fallait voir un marché en Provence dans les années 50!

 
Bien sûr nous passions prendre les légumes pour la ratatouille et le pistou,  le poisson frais (ah! Les petits rougets à griller, les sardines encore frétillantes...!), mais aussi les tripes pour préparer les pieds-paquets! Qui ne connaît pas nos pieds-paquets de Provence n'a jamais rien goûté! Je ne pourrais pas vous en donner la recette, je ne la connais pas et les tripiers se sont faits très rares de nos jours: j'achète les inégalables pieds-paquets de Sisteron en bocaux de verre, ils sont fameux dans toute la France... et même ailleurs! Mais en ce temps-là, c'est maman qui s'y mettait: des heures de travail!

 
Vous l'aurez compris, les marchés étaient très colorés et très vivants mais ils avaient cette spécificité: les vendeurs de brousses du Rove, un fromage unique, qui a sa propre recette de bergers faisant  paître leurs chèvres dans ces collines arides du quartier du Rove entre l'Estaque et Martigues. Les marchands, soufflaient dans leur cornet de cuivre pour rameuter les clients et hurlaient comme seuls les marseillais savent le faire: aaaah qu'elle est belleee ma brousse madameee, elle est belle, elle est fraîèèche » et c'était vrai qu'elle était fraîche et savoureuse. J'en mange encore aujourd'hui mais elle est moins parfumée, sans doute parce que les chèvres broutent une herbe toujours aussi rare mais sans doute bien plus polluée. 

Les glaciers fonctionnaient sur le même principe avec leur vélo à 3 roues. Je ne parle pas là de glaces en cornets mais de pains de glace à rafraîchir pour nos glacières. Nous avions aussi les pognes, du Rove encore, les seules, les vraies: brioches rondes parfumées à la fleur d'oranger. Et bien d'autres spécialités que je vous vante ici et là sur ce blog.

 
Puis nous déposions nos paniers dans un café, nous buvions une orangeade et, pour  me faire plaisir, maman nous emmenait sur la place de La Plaine faire un tour de manège: horreur! J'avais peur, j'étais malade et qui plus est, timide comme on en fait peu, je n'aurais jamais osé attraper le pompon qui vous donnait droit à un tour gratuit. La dame du manège qui me trouvait bien mignonne et voyant maman, semaine après semaine, m'expliquer comment tirer sur le pompon que pourtant on me fichait sous le nez pour qu'il n'y ait pas de malentendu: il était bien pour moi ce fameux tour en plus, m'offrait malgré tout le ticket-sésame et c'était parti pour un autre moment de cauchemar.

 
Mais jamais au grand jamais je n'aurais avoué, craignant de faire du chagrin à maman, que j'aurais donné tous les tours de manège du monde pour au moins une fois prendre le tramway 68 qui, venant d'Aubagne,  passait sous la place de La Plaine en zigzags et chaos dans un long tunnel (pensais-je alors), et nous amenait à la gare de l'Est à deux pas de la célèbre Canebière.

 
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08/08/2009

Dis-moi:Poème de la semaine.

J'ai déjà posté ce texte sur 4 mains. Mais j'aime assez faire découvrir à mes nouveaux visiteurs quelques petites choses que j'ai faites auparavant et peut-être donner aux amis de longue date l'occasion de redécouvrir une autre facette de ce que je présente ici. Encore que... ce poème est relativement récent et pourtant  je ne l'écrirais plus de cette façon aujourd'hui. Peut être un jour le reprendrai-je! Ce que j'aime dans cette version, c'est sa liberté: pas de structure mais des mots qui ont coulé comme ils venaient dans mon coeur et sous mes doigts. Alors, gagnerait-il à être plus élaboré? Je ne sais pas!

 
a1 dismoi

 

Dis, c'est comment le bonheur
Me demande l'enfant
Est-ce bien quand je pleure
Et que vient ma maman
Me bercer dans ses bras
Que je sais qu'il est là?
 
Dis, c'est quoi la Liberté
Demande l'exilé
Réprouvé et banni
Si loin de son Pays
Puis-je espérer un peu
De calme sous ton ciel bleu?
 
Dis, comment pouvoir courir
Moi qui sans mon fauteuil
Ne pourrait pas sortir
Respirer une feuille
Trouverai-je dans le temps
Des semelles de vent?
 
Dis, quand pourrai-je dormir
Sans trembler, sans souffrir
Ô Dieu c'est quand dis-moi
Que la guerre finira
Pouvoir parler d'amour
Dire demain, dire toujours?
 
Dis, quand pourront vivre ensemble
Sans honte et sans chagrins
Les Peuples déchirés
Qui aspirent à la Paix
Voir grandir leurs enfants
 
Dis-moi, c'est maintenant?

 
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01/07/2009

Attendre l'Afrique: Extrait de Journal Perso.

Les photos que je mets sur ce post ne m'appartiennent pas mais illustrent bien mon lieu de vie en fin des années 60, l'époque de cet épisode de ma vie.

 
marché du prado
Les allées du Prado et le marché cher à mon coeur!

 

Mon jeune mari passait beaucoup de temps à lire les petites annonces. Il préparait disait-il, notre avenir. Il est vrai que le poste qu'il occupait ne correspondait pas vraiment à ses qualifications et qu'il était sous rémunéré ce qui le chagrinait beaucoup lui qui voulait offrir le meilleur à sa famille.

Je ne reprendrais pas le travail: les crèches étaient rares à l'époque et les nounous encore plus surtout dans un quartier assez huppé où les femmes n'avaient pas pour vocation de confier leur progéniture pour aller travailler. Ce côté-là de ma maternité m'ennuyait un peu mais compensé par le fait de pouponner mon petit ange.

Nous étions heureux! Notre petite maison se situait dans la cour d'un immeuble bourgeois et nous disposions d'un jardinet et surtout de soleil toute la journée. J'adorais, moi qui venais de la campagne où le fait d'acheter une baguette impliquait de faire 3kms, descendre ma rue pour me retrouver sur les allées du Prado, à 2 pas de la place Castellane, profiter du marché tous les jeudis matin et quel marché! et des belles boutiques de ce beau quartier. En 1/4 d'h j'étais dans le centre ville, je descendais la rue de Rome et me voici sur la Canebière, le Vieux Port me tendait les bras... Dés les premiers beaux jours nous installions Fred dans sa poussette et nous allions le soir au Parc Borély, l'été nous y faisions du canotage sur le lac. Là nous étions pratiquement à l'immense plage du Prado dont nous ne nous privions pas.

Le bonheur vous dis-je!

 
borely années 60
Le Parc Borely fin des années 60: notre lieu de promenade du soir.

 
plage prado dans les année 60
La plage du Prado à l'époque dont je parle...

 
plage prado le soir
... et la même aujourd'hui, mais de nuit!

 
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20/06/2009

Et puis la vie... Extrait de mon journal perso.

C'est le passage de mon journal qui a inspiré le titre de ce blog vous l'aurez compris! Le bonheur, la vie, tout simplement!

 
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Enfin, j'étais sortie de l'emprise familiale! les premiers mois furent difficiles puisque j'ai dû arrêter de travailler et mon mari avait quitté son emploi comme il s'y était engagé. Il était entre deux boulots, moi je touchais mes prestations sociales et nous organisions notre vie de futurs parents: enfin un vrai bonheur, profond, sans concession! je vivais ma grossesse comme les premiers jours du monde. Je sentais ce petit être bouger, je lui parlais bien sûr, comme font toutes les futures mamans, mais en étant persuadée être la première à connaître ce bonheur de cet état d'attente.

 

J'ignorais le sexe, on ne faisait pas d'écho à l'époque, et j'envisageais une petite fille. Mais quand Fred est venu, mais comment décrire cela? Il n'y a pas de mots pour le dire, seules les nouvelles mamans savent! Peu importent alors les douleurs (pas de péridurale), l'attente dans la salle de travail qui a duré des heures... rien, plus rien que ce petit bout d'homme que la sage-femme vous remet avec délicatesse, tout rouge et braillard mais si beau, si fin, si fragile... Allons, la 7ème merveille du monde! Il est enfin là et vous êtes écrasée par la responsabilité de lui avoir donné le jour. Vous savez, aussi sûrement que le monde est monde que plus rien jamais ne sera pareil!

 

Nous avons ramené le Saint Graal à la maison et c'est sur son souffle que je passais mes heures. Il suçait mon sein et c'est ma vie que je lui offrais encore une fois, à chaque fois!

 

Je ne parle pas beaucoup du nouveau papa, c'est vrai. Eh bien, il était très présent auprès de son fils mais de moi aussi. Il participait à tout. Il avait commencé sa nouvelle vie d'homme à terre et çà le préoccupait lui qui n'avait jamais connu çà et il avait beaucoup de mal à s'y contraindre je crois. Il épluchait les petites annonces pour trouver un job à l'étranger, en Afrique de préférence. Mais il ne s'est jamais plaint d'avoir dû quitter la mer et un salaire si confortable.

 

Et il était là, admiratif devant l'enfant, mais il lavait les couches aussi (eh oui!), faisait la cuisine et les courses, aidait aux tâches ménagères... Quand il partait avec Fred dans son landau je n'étais jamais tranquille et il le savait alors il faisait des sorties de plus en plus longues pour m'habituer doucement mais c'est ensemble généralement que nous sortions: une vraie petite famille. Je ne me rendais pas compte mais nous étions très jeunes et les voisins s'émerveillaient de nous voir si responsables, si prévenants!

 

Ce fut une belle période de ma vie. Dieu que nous étions heureux!

 
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05/06/2009

La fin de l'enfance: Extrait de mon Journal Perso.

Amoi

 

Je savais que çà ne passerait pas cette fois. Le matin, je me suis levée tôt, je n'avais pas dormi, j'étais en miettes tant je m'étais tournée et retournée dans mon lit. C'était un jeudi et à cette époque (l'année 1960) le jour de congé scolaire était encore le jeudi. J'avais beaucoup de devoirs: en 3ème, tout commençait à devenir sérieux, même pour une élève très douée. Et puis il me manquait quelques fournitures que je devrais aller chercher en début d'après midi chez le papetier.


Elle devait être opérée le matin. Encore une fois! Mais cette fois-là pour moi je le sentais, c'était différent. J'avais beau me dire que c'était seulement le fait d'être plus âgée qui me faisait prendre conscience enfin de la gravité de la situation mais non, çà ne me rassurait pas du tout. Alors je me disais: "fais tout bien, si tu te conduis particulièrement bien Dieu ne la prendra pas". Et effectivement j'ai tout bien fait: J'ai fait les courses, préparé le repas, fait les lits, le nettoyage de la maison à fond, lavé la vaisselle, j'ai été gentille, serviable, je ne me suis pas irritée quand mon frère m'a cherchée des noises pour une broutille, lui aussi devait être inquiet... j'ai tout fait comme il faut! Bien gentiment en pensant lui donner sa chance.


L'après midi, je suis partie chercher mes fournitures: 4kms! une promenade à l'époque. Mais tout au long du chemin je me disais: à quoi bon! Je sentais que le lendemain ne serait pas pour moi un jour d'école.
Pourtant je suis rentrée et me suis mise au travail sur mon coin de nappe dans la salle commune.


Vers 16h, mon beau frère est rentré. Nous nous sommes élancés nous les plus jeunes pour avoir des nouvelles mais je savais déjà. Je n'ai pas pleuré. Ma soeur Carole s'est écroulée (elle avait 20 ans) mais pas moi. Je n'ai rien dit mais je sentais mes yeux devenir immenses, mon coeur aussi, dilatée voilà! Je crois que c'est ce que j'ai ressenti. J'enflais de désespoir et j'étais seule pour toujours. A ce moment-là déjà j'étais seule. Je l'ai toujours été depuis. L'orpheline de 14 ans pleurerait sa mère pour le restant de sa vie. Dieu? qui est dieu?

 

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27/05/2009

Mon père: Extrait de mon journal perso.

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Je me souviens des matins bleus. Le soleil tôt levé inondait déjà les prés de sa lumière métallique. Mon père me réveillait à l'aube. Enfin, je crois que c'était l'aube! Nous prenions un café au lait c'est tout! Le matériel de pêche était prêt de la veille, maman s'occupait du casse-croûte du midi. Nous passions chercher mon beau frère, le mari de ma soeur aînée, avec ma nièce Anne Marie et hop! journée de soleil et de bonheur!

 

Il fallait faire 2 bons Kms pour arriver à l'arrêt du tramway. Ah! le vieux tramway de mon enfance, avec ses banquettes en bois qui se tournaient suivant qu'on voulait aller dans un sens ou dans l'autre, le composteur de billets, un monsieur en uniforme dont nous avions un peu peur, avec sa drôle de machine dont il tournait la manivelle aprés y avoir introduit nos 5 tickets! Eh oui car nous allions au terminus, aux Réformés.
Là, nous nous arrêtions dans le premier café de la place Gambetta et nous prenions enfin le petit déjeuner: café au lait crémeux, pain frais, beurre et confiture et aussi... un croissant!
 
Et puis nous repartions trés vite car le plaisir n'attend pas.

 

Nous descendions la Canebière déserte ou presque, les cantonniers nettoyant les caniveaux tandis que les garçons arrosaient à grande eau les terrasses avant d'installer tables et parasols. On se faisait souvent mouiller les pieds, par jeu bien sûr!
 

Puis nous longions le Vieux Port direction la Joliette, on passait le pont tournant (quelle émotion!) puis nous filions, sur la corniche qui fermait les quais.

C'était loin je sais pour de si petites filles mais c'était le prix à payer pour ces journées de bonheur.

 

A suivre...

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20/05/2009

Ma mère: Extrait de mon Journal Perso.

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   Du plus loin que je me souvienne, je l'ai toujours connue malade. Et je ne dis pas malade de bobos sans importance ou imaginaires non! malade du cancer. Ce qui a été le facteur déclenchant du désamour que mon père m'a porté: oui parce qu'elle a eu son cancer, de l'utérus dans un premier temps, dés après ma naissance. Il s'est généralisé par la suite mais c'est par là qu'il a démarré. De là à dire que j'en étais la cause n'est ce pas? C'est si simple d'accuser l'enfant qui est né plutôt que remettre en doute son propre mode de vie. Car enfin, s'il fallait des responsables, c'était bien du côté des parents qu'il aurait fallu chercher, je ne me suis pas fabriquée toute seule comme d'ailleurs les frères et soeurs qui m'ont précédée dans l'utérus de ma mère!

Mais non, j'étais coupable donc pas aimée de ce père que j'adorais pourtant. Par contre ma mère, peut être pour compenser et parce que vraiment j'étais une petite fille charmante et puis sans doute parce que tout simplement j'étais sa fille, sa petite dernière, me vouait un profond amour.

 

Les matins d'école je partais au petit jour parce que la route était longue. Dans une trouée de la haie, je l'apercevais qui me faisait toujours le même signe de la main, le baiser envoyé et moi, penchée par ce trou providentiel je lui renvoyais tout çà en soufflant dans les mains. Mais si un matin, distraite, j'oubliais ce rituel, quelle tristesse toute la journée et quels baisers au retour pour me racheter de ce "délit:)"!

 

J'étais une petite fille heureuse mais pas épanouie avec cette épée de Damoclès au dessus de ma tête: le départ de maman. Je comptais souvent dans ma tête: si elle meurt dans un an j'aurai... et là je spéculais sur ce que j'étais capable d'assumer toute seule puis bien vite, je chassais ces idées de mon esprit de crainte d'attirer le malheur et je culpabilisais d'y penser. J'aurais eu besoin de mots, de gestes qui ne se faisaient pas à l'époque, on ne parlait pas de ces choses-là. Sans doute ces années ont-elles forgées ma sensibilité extrême d'aujourd'hui, mon sens de l'écoute qui me fait choisir si souvent de façon naturelle par les personnes ayant besoin de s'épancher.

 

C'est ma joie et ma fierté de pouvoir, parfois, aider quelqu' un qui se trouve dans la peine, la détresse morale...; être ces bras, cette épaule que personne ne m'a tendus! Pourtant bien souvent moi aussi j'ai besoin d'écoute et c'est dans ce journal perso que j'ai écrit jour aprés jour que je trouve les mots: mettre des mots sur les évènements les plus douloureux, les sortir du coeur, de l'âme... exorciser les souffrances anciennes pour pouvoir profiter du présent!


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11/05/2009

L'enfant et le crapaud: Contes et Nouvelles.

crapaud

 

L'enfant s'assit sur une souche basse, la tête entre ses jambes écartées. Il haletait et la soif collait sa langue à son palais. Il leva les yeux, jetant son regard au plus loin tentant d'apercevoir quelque point d'eau, une mare même croupie, un petit ruisseau... Mais rien. Autour de lui la forêt dense, aux arbres serrés et couverts de poussière rouge entre lesquels il s'était glissé. La canopée lui offrait heureusement un abri contre la violence de la morsure du soleil.

 

Un léger bruit l'effraya mais c'était si doux, si inoffensif qu'il se rassura très vite et fixa le point exact d'où le petit chuchotement venait:

 

- crrôôaaa!

 

Un crapaud, assez gros ma foi, même pour quelque un qui vit en brousse! L'enfant observa son horrible tête aux yeux globuleux, à la peau fripée, épaisse et grise. Il sourit et à ses lèvres gercées perla une goutte de sang. Le crapaud ne bougeait pas. On pouvait voir palpiter son ventre rebondi sur ses flancs et son goitre se gonfla pour lâcher un nouveau « crrrôôaaa! «  impressionnant mais qui fit rire l'enfant .

Tous les 2 restèrent là un instant, s'observant. L'enfant réfléchissait:

 

-Voyons! Un crapaud vit bien prés de l'eau! Se pourrait-il...?

 

Il n'alla pas plus loin dans sa réflexion, le crapaud venait, de toute la longueur de ses pattes maladroites, prendre sur lui une longueur d'avance. Il se retourna et fixa l'enfant qui se leva et sans plus tarder entreprît de suivre la bête. Les lianes freinaient sa course, le crapaud prenait de l'avance sur lui et il ne voulait surtout pas le perdre. Une branche l'écorcha et il poussa un petit cri. Le crapaud alors s'arrêta, fit un saut de côté et l'observa. Puis lorsque l'enfant fut tout prés, il repartit mais cette fois plus lentement, guettant en roulant ses gros yeux l'avancée de son petit compagnon.

C'est ainsi qu'ils arrivèrent dans une minuscule clairière: l'herbe là était abondante, verte et grasse. L'enfant sentit le sol plus souple sous ses pieds, il crut même sentir l'humidité grimper au long de ses petites jambes; sensation bien agréable après une si longue course. Il toucha le sol de sa main bien ouverte et oui, elle était bien humide! Il se pencha un peu pour lêcher l'herbe douce entreprenant de sucer les longues mèches.

 

Le crapaud coassa une dernière fois puis disparut . En le cherchant l'enfant découvrit une toute petite giclée d'eau, claire, belle, fraîche! Il se coucha à plat ventre et but enfin, longuement puis s'endormit, sa main comme une caresse, si légère, caressant un gros galet gris, lisse, rond, doux et frais posé là juste à la sortie de la source.


Lorsqu'il se réveilla, sa main reposait sur un petit galet lisse, gris, doux et frais posé dans l'herbe sèche. L'enfant le ramassa, le frotta doucement sur son short et le glissa délicatement dans sa poche.

 
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