03/03/2010

L'orpheline: poème de la semaine.

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J'ai posté ce texte en juillet sur 4 mains, avec un succès mitigé: trop triste pour la période des vacances, vacances donc peu de visites, que sais-je. Pourtant il me tient à cœur pour avoir été écrit dans des circonstances particulières. Je l'ai un peu retouché et je le reposte de nouveau. L'aimerez-vous davantage aujourd'hui, je ne sais pas! ce n'est pas vraiment le but je pense.

 
Son regard est éteint
Même pas la brillance
Que donne le chagrin
Dans les grandes souffrances.
Elle ne pense pas
Elle est seule dans sa bulle
Elle voudrait parfois
Qu'un peu le temps recule
Elle entend une voix
Qui lui parle tout bas
Bonjour  ma petite fille
Je suis là, ton papa
Pour toi vois-tu chérie
Je ne suis pas parti
Tu me gardes en toi
Comme un souffle de vie.
Ne cachons pas les mots
Il ne sera plus là
Pour panser ses bobos
Elle ne s'y attend pas
Ce qu'elle voudrait, elle
C'est un grand champ de fleurs
Et puis l'entendre rire
Et effacer ses peurs
Pour elle rien n'est pire
Que cet affreux silence
La maison est muette
De ses bruits familiers
Le calme ou la tempête?
Immense turbulence
Le temps s'en est allé.
Elle pourrait jouer
Mais ce creux dans sa tête
Son âme est en béance
Bien qu' elle ne sache pas
Le temps lui est clément
Qui lui offre cette absence
Car son tout petit être
Ne pourrait pas entendre
Ces mots qu'on lui dit là
Il est mort ton papa.

Alors demain peut-être...
Pour l'instant il est là
.

 

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18/12/2009

Premier amour. Poème de la semaine.

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Que le temps me fut doux
Qui me fit mon enfance
Des matins des joyaux
Emplis de fumées bleues
Les jours coulaient sur nous
Et nous étions heureux
Moments de grand silence
Et d'autres de flûtiaux
Rien ne peut être mieux
Que de vivre en Provence
Et c'est sous ces cieux-là
Que j'ai connu l'amour.
Qui me dira pourquoi
Ce fut mon plus beau jour?

Un jour de froid hiver
Autant qu'il m'en souvienne
Car Noël approchait
Le vent était léger
L'air sonnait cristallin
Tu me disais des vers
Maintenant je le sais
Qu'ils n'étaient que rengaine
Je les trouvais si beaux
C'était toi qui l'étais
Et tu as pris mon coeur
Dans ce petit matin
Oh comme j'avais peur
Mon corps entre tes mains!

Tu as trés vite su
Que j'étais encore vierge
Et tu m'as rassurée
Bien plus tard j'ai compris
Que sous tes airs bourrus
Toi tu l'étais aussi
Tu me disais tu sais
J'ai presque dix-sept berges
Mais tu vibrais d'effroi
Bien plus que de passion
Alors tu me serrais
Tu murmurais mon nom
Et nous n'avions pas froid
Sous notre maigre toit.

Pour cacher nos amours
Nous nous étions trouvé
Un petit nid douillet
Un coin de paradis
L'un de ces cabanons
Qu'on trouve par ici
Pas de grand luxe, non
Mais il y faisait flou
Toi tu frôlais ma joue
Et tu me chuchotais:
Mon amour, mon amour
Ô combien je t'aimais

Mon amour, mon amour
Que le temps me fut doux...

 
AB asignat doré

17/12/2009

La transhumance vue par A. Daudet.

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Contrairement à l'habitude il ne s'agit pas là d'un texte que j'ai écrit, je manque de temps à l'approche de Noël. C'est un extrait des Lettres de mon moulin, d'Alphonse Daudet si cher aux gens du midi. Ce sont des souvenirs d'enfance pour moi, qui remontent lisant ces lignes: lorsque j'avais ô! 8 ou 9 ans, on m'a demandé de lire ces pages pour une fête de Noël à l'école. Et ce passage-ci ... je ne peux pas vous dire, c'est inoubliable tant j'étais émue, j'imaginais la scène, je voyais les cabris gambader dans la transhumance.... De grands moments de joie! Dites-le avec l'accent dans votre tête, vous  verrez, çà change tout:)!


Il faut vous dire qu'en Provence, c'est l'usage, quand viennent les chaleurs, d'envoyer le bétail dans les Alpes. Bêtes et gens passent cinq ou six mois là-haut, logés à la belle étoile, dans l'herbe jusqu'au ventre.

Puis, au premier frisson de l'automne, on redescend au mas, et l'on revient brouter bourgeoisement les petites collines grises que parfume le romarin... Donc hier soir les troupeaux rentraient.
 

Depuis le matin, le portail attendait, ouvert à deux battants, les bergeries étaient pleines de paille fraîche. D'heure en heure on se disait: "Maintenant, ils sont à Eyguières, maintenant au Paradou."
Puis, tout à coup, vers le soir, un grand cri: "Les voilà!" et là-bas, au lointain, nous voyons le troupeau s'avancer dans une gloire de poussière. Toute la route semble marcher avec lui... Les vieux béliers viennent d'abord, la corne en avant, l'air sauvage; derrière eux le gros des moutons, les mères un peu lasses, leurs nourrissons dans les pattes; les mules à pompons rouges portant dans des paniers les agnelets d'un jour qu'elles bercent en marchant; puis les chiens tout suants, avec des langues jusqu'à terre, et deux grands coquins de bergers drapés dans des manteaux de cadis roux qui leur tombent sur les talons comme des chapes.
 
Tout cela défile devant nous joyeusement et s'engouffre sous le portail, en piétinant avec un bruit d'averse... Il faut voir quel émoi dans la maison. Du haut de leur perchoir, les gros paons vert et or, à crête de tulle, ont reconnu les arrivants et les accueillent par un formidable coup de trompette. Le poulailler, qui s'endormait, se réveille en sursaut. Tout le monde est sur pied: pigeons, canards, dindons, pintades. La basse-cour est comme folle; les poulets parlent de passer la nuit!... On dirait que chaque mouton a rapporté dans sa laine, avec un parfum d'Alpe sauvage, un peu de cet air vif des montagnes qui grise et qui fait danser.
 
C'est au milieu de tout ce train que le troupeau gagne son gîte. Rien de charmant comme cette installation. Les vieux béliers s'attendrissent en revoyant leur crèche. Les agneaux, les tout petits, ceux qui sont nés dans le voyage et n'ont jamais vu la ferme, regardent autour d'eux avec étonnement.

 
Vous voyez, çà danse, c'est léger... et si l'envie vous prend de sentir cette ambiance, la humer, vous en imprégner, lisez comme moi je le fais encore aujourd'hui "Les lettres de mon moulin": On ne ne s'en lasse pas:)!

 
AB asignat doré

16/12/2009

Premiers sapins: souvenirs d'enfance.

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Le sapin de noël chez nous, on le décorait le 24 décembre au matin alors que la crèche était prête depuis quelques jours déjà. Mon frère aîné et mon père partaient le choisir en forêt le 23. Comme les plafonds étaient très hauts à l 'époque, surtout dans les maisons de campagne, ils ne lésinaient pas sur la taille d'autant qu'il fallait éclaircir les bois. Donc, généralement le sapin touchait le plafond, voire même se recourbait au faîte. Ajoutez à cela que les souvenirs d'enfant sont toujours surdimensionnés et vous aurez une idée de la taille qu'avait notre sapin pour la petite fille que j'étais.

Nous réunissions tout ce que nous avions préparé pour le décor: des boules de platane recouvertes de papier doré ou argent, des étoiles, pères noël et autre figurines en carton, des pommes de pin (des pignes) peintes dans toutes les couleurs dont nous avions disposé, des guirlandes aussi, en carton mais quelques-unes que maman achetait. Elle nous offrait tous les ans quelques boules mais à l'époque c'était très fragile, elles étaient dans une matière, genre ampoules, et il y avait de la casse. Nous mettions aussi des papillotes dans leurs jolis papiers rouges, verts et bleus, des mandarines et oranges,  des petits sachets de noisettes et noix que maman confectionnait pour nous dans du tissu dentelé. Le coton symboliserait la neige et  nous possédions des bougies à clipper sur le bout des branches du sapin.

Mon frère aîné s'aidait d'une échelle et installait la pièce maîtresse: l'Étoile du berger! Je crois bien que j'ai toujours vu cette étoile chez nous. Elle est actuellement dans la famille de ma sœur, l'aînée de la famille, ainsi que notre grande crèche.

C'était pratique: mon frère Paul et moi, les plus jeunes, nous décorions le bas de l'arbre, ma sœur Carole et mon frère Alex s'occupaient du milieu tandis que les plus grands se débrouillaient avec ce que nous voulions bien leur laisser pour meubler le haut. Nous discutions ferme, nous tenions tant à ce que notre partie soit la plus belle! J'aimais par-dessus tout lancer le coton, je chargeais toujours trop et je soupçonne maman d'avoir retiré souvent une partie de ma « neige » lorsque j'étais au lit.

Nous disposions nos chaussures bien cirées au pied du sapin, à côté de la crèche. Un verre de vin, quelques fruits secs et une petite tranche de pain étaient prévus pour restaurer le père noël.

Il était magnifique notre sapin et ce n'est que le soir au moment du repas que nous allumions les nombreuses bougies. Elles ne brûleraient pas longtemps et ce soir-là seulement. Gare au feu disait papa.

C'est surtout le parfum de cet arbre frais coupé que je garde en mémoire: une odeur très présente que j'ai recherchée longtemps dans mes noëls aux sapins standardisés.

 
AB asignat doré

09/12/2009

La crèche: souvenirs d'enfance (suite).

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Le saviez-vous? Certains prétendent que les marseillais construisirent des crèches avec les santons en terre cuite pour compenser l'interdiction des messes de minuit pendant la révolution.
A la fin du XVIIIe siècle les enfants jouent avec les santouns qui représentent des saints miniatures en plâtre ou en bois.
C'est de ce jouet enfantin que vont naître les premiers santons dans les quartiers près du vieux port de Marseille, car le santon est bien originaire de la cité phocéenne.
Le premier santonnier, Jean Louis Lagnel, né à Marseille en 1764,  fabriqua en série et en argile crue les "santouns" des enfants qui seront destinés aux crèches familiales.
Les personnages représentent, dès l'origine les petits métiers de la vie d'autrefois. La collection familiale de figures se transmet et s'enrichit de génération en génération.

 
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Nous avions bien avancé dans les préparatifs de Noël. On voyait maintenant la taille qu'aurait la crèche et nous pouvions acheter les santons.  Bien sûr on ne changeait pas tout d'un coup, tant pis si le berger, le rémouleur et même le Jésus étaient un peu petit, c'était un travail à long terme parce que les santons en Provence, c'est cher!
Mais nous achetions les figurines en plâtre, bien plus économiques. Maman cousait les vêtements et nous nous chargions, nous les petits,  de la peinture: joues bien roses garanties!

Nous allions   "en ville", c'est-à-dire dans le centre de Marseille, nous qui vivions assez loin., dans les collines de Château Gombert.  On partait, ma sœur, mes 2 frères et moi accompagnés de maman, pour arriver à la tombée de la nuit et profiter des illuminations. Dès l'église des Réformés nous étions enchantés: un grand sapin s'élevait là, préfigurant ce qui nous attendait au long de notre Canebière, si chère aux marseillais comme vous savez. Sans doute n'étaient-elles pas aussi belles que maintenant les illuminations mais pour nous c'était magique. Tout brillait, les platanes chantaient leur joie, des grandes guirlandes les reliaient entre eux et d'un côté à l'autre de l'avenue des étoiles scintillaient.
Puis nous parvenions au Vieux Port et les pêcheurs n'étaient pas en reste de décorations pour leurs « pointus ». Chacun faisait dans son style mais tout, en tous cas, nous clignait de l'œil. Sans parler des boutiques aux vitrines pétillantes c'est le mot, avec leurs personnages animés! Nos yeux n'étaient pas assez grands pour tout voir!

Après avoir pris un  goûter  dans une brasserie nous remontions vers les allées de Meilhand où se tenait alors la foire aux santons. Je vous en ai déjà parlé dans un post précédent. On faisait d'abord une grande visite, admirer, comparer et surtout se mettre en tête les couleurs, les tissus... qui allaient nous permettre de décorer nos propres figurines.

Puis nous achetions les personnages que nous avions décidé de remplacer et/ou d'ajouter. Nous passions beaucoup de temps à discuter avec les santonniers, écouter leurs conseils à eux, les professionnels qui confectionnaient ces merveilles et puis nous nous lancions mais toujours, nous emportions une pièce de plus que prévu. Ma mère m'avouera plus tard qu'elle prenait en compte ce petit plus qui nous faisait tant plaisir.

Nous refaisions un petit tour de ville, profitant de ces précieux moments et puis nous reprenions le tramway et rentrions à la maison des lumières dans le regard et des idées de décors plein la tête! Car dès le lendemain nous nous mettrions au travail: peindre et habiller ces nouvelles pièces!

Il en faut peu pour être heureux et nous l'étions ô combien!

 
AB asignat doré

08/12/2009

Noël en Provence: Préparatifs.

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Passée la Sainte Barbe, plus rien à faire qu'à attendre les vacances de Noël. Et quand on est enfant, le temps parait long! Une petite quinzaine me paraissait un monde.
Nous ne restions pas sans rien faire cependant: Noël, çà se prépare. Alors le jeudi, jour de repos scolaire à l'époque, souvenez-vous,  nous partions nous les  plus jeunes, chercher des fournitures à sapin ou crèche.
J'adorais les pignes de pins de diverses sortes. Je ne saurais vous dire les essences mais le plaisir était là. Elles seraient emballées dans du papier argent. Mes frères se spécialisaient dans la mousse qui constituait le fond de crèche que nous préparions avant le sapin qui serait installé, lui, le 24 décembre au matin.

Depuis le Noël précédent nous avions commencé à garder et bien étaler sans le déchirer le papier alu qui enveloppait le chocolat en tablettes. Car si de nos jours il suffit d'aller en acheter au supermarché du coin, pour nous le seul moyen de s'en procurer était l'achat du chocolat qui constituait le goûter de tous les enfants de l'époque,  accompagnant une grosse tranche de pain.
Nous gardions précieusement « Le Provençal », le journal de mon père. Il serai peint pour en faire du rocher. 
Et puis nous avions à faire une maison, un lac... toutes choses qui pourraient venir agrandir, embellir encore la crèche. Pour les maisons, les boites de chaussures soigneusement découpées puis peintes en divers tons de ocre étaient idéales. Par contre mon beau frère nous ramenait pour les toits qui chez nous sont en tuiles, du carton  d'emballage ondulé. Nous découpions et peignions mais dans une couleur tout à fait étudiée, orange et rouge à la fois, avec un peu de jaune pour l'usure et de vert pour des coins de moisissure.

Tous les ans, la crèche gagnait une taille, tant pour ce qui est du « village » que forcément, des personnages donc, nous remplacions un ou deux santons et petit à petit cette petite crèche que nous avions jugée admirable au début, devenait immense et élaborée et nous en étions très fiers!

Peut être une suite pour le montage des crèche et sapin si j'ai le temps....

 
AB asignat doré

21/10/2009

Le cinéma de papa: Journal perso!

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J'allais beaucoup au cinéma quand j'étais enfant: ma sœur, qui avait 7 ans de plus que moi, pouvait y aller tous les dimanches à condition d'être  "chaperonnée ". Et le chaperon, c'était moi!
Je me souviens de mon premier film: "Le corsaire rouge," avec Victor Mature. Enfin, je ne m'en souviens pas vraiment si ce n'est une scène avec ballon dirigeable je crois, mais sans certitude.
 
Nous nous mettions au balcon: ma sœur m'installait au premier rang puis elle rejoignait ses copains, au fond de la salle. Et c'était parti pour environ 4h de cinéma. Parce qu'on ne se contentait pas du film et quelques pubs locales à l'époque: il y avait un court-métrage: un film policier avec un acteur que je trouvais très beau, Louis Jourdan, puis un entracte suivi d'une série de pubs et de films animés ou des Charlots, Laurel et Hardy... et les actualités avec ces voix qui m'effrayaient un peu, un autre entracte et la présentation des films à venir et enfin le film, le tout évidemment coupé de  "caramels, bonbons, chocolats glacés...." proposés par les ouvreuses.

Mes films préférés étaient les westerns. Le genre avait beaucoup de succès à l'époque et pour cause,  c'étaient de très bon films et j'adorais  John Wayne, Gary Cooper dans  "Le train sifflera 3 fois " avec Grace Kelly, sublime bien sûr!
Mais aussi d'autres merveilles du cinéma comme "Gilda " servi par Glen Ford qui m'émouvait beaucoup et la merveilleuse Rita Hayworth: je ne me serais jamais douté que la scène du gant deviendrait un grand moment de cinéma (on dit culte aujourd'hui!). Où l'érotisme allait se nicher n'est-ce pas? ...  Qui, de ma génération, n'a pas vu tous ces films?

J'ai vu  "Pour qui sonne le glas" , avec Gary Cooper encore et Ingrid Bergman: Je n'ai su que plus tard que ce superbe film était tiré du roman éponyme d'Ernest Hemingway, quand j'ai eu l'âge de lire le livre en fait! D'ailleurs, dans les mêmes conditions j'avais aimé  "L'adieu aux armes".

Bien sûr je n'ai pas raté James Dean, j'ai pleuré devant " A l'est d'eden", frémi devant  "La fureur de vivre " mais pas trop aimé  "Géant"!

Il y avait les péplums aussi avec le très beau Charlton Heston et Yul Brinner: je ne savais pas que je le trouvais sexy alors:)! j'étais une enfant!
Et puis les films français:  "La vérité sur Bébé Donge " m'a laissée sceptique. Disons que je n'y ai strictement rien compris!  Il y avait "Don Camillo "qui nous faisait beaucoup rire. "Fanfan la Tulipe" m'a charmée, il fut longtemps mon film préféré, sans doute le physique de Gérard Philipe n'étant pas étranger à cet engouement de gamine.  "Nous sommes tous des assassins" m'a énormément marquée au point que maman s'est demandée si elle était assez vigilante dans le choix des films par ma sœur.

Avez-vous vu  "Le salaire de la peur "?  Vanel et Montand nous ont fait trembler de frayeur: explosera, explosera pas???

Puis Brigitte Bardot est venue montrer un autre chemin, avec les nouveaux cinéastes, une autre manière d'approcher et de filmer les acteurs en France, Marilyn, Marlon Brando et tant d'autres encore à Hollywood....

Je me rends compte à quel point ces années  "d'accompagnatrice"» ont formé ma culture cinématographique de l'époque.
Alors vous comprenez bien que, malgré qu'il lui soit arrivé de m'oublier à la fin de la séance et que j'aie dû attendre qu'elle s'en rende compte et revienne me chercher, tremblant de peur et  de froid, je n'ai jamais trahi ma sœur!

Et peut être n'est-ce pas un hasard si mon film préféré aujourd 'hui est  "Cinéma paradiso"» avec le grand Noiret!

 
AB asignat doré

23/09/2009

Mes premiers textes: Extrait de journal perso.

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A quel âge cesse-t-on de croire au Père Noël? C'est à l'époque où j'y croyais encore que remontent mes premiers souvenirs de cahiers d'écriture. En tous cas il me semble que mon premier fut celui là, que j'écrivais sur un cahier à lignes que la maîtresse m'avait donné, ainsi que des crayons de couleurs et bien sûr le crayon à papier qui allait avec: un vrai trésor car à l'époque, le matériel était distribué par l'école et utilisé pour l'école, cahier de 32 pages recouvert de ce papier bleu, un peu brillant qui sentait si bon! Ouvrir un cahier neuf n'est rien pour les enfants d'aujourd'hui mais pour nous c'était une fête!

J'étais une bonne élève et , en récompense spéciale, plutôt qu'un bon point ou une image, il m'avait été donné ce matériel que j'allais pouvoir utiliser à ma guise!

Parce que j'aimais inventer des histoires, je décidai d'en écrire là, dans ce cahier secret. Je commençai par y mettre un petit conte  de Noël bien sûr puisque cette fabuleuse fête approchait, que j'illustrai d'un beau sapin décoré de boules. Je précise que je dessinais très mal! Enfin, c'est-ce que je crois puisque je suis si mauvaise illustratrice mais à l'époque évidemment j'admirais mes chefs-d'ouvres. J'ouvrais mon cahier dans la chambre que je partageais avec ma sœur et j'admirais mon écriture d'enfant appliquée, les mots, le dessin très coloré et j'étais heureuse et fière. Dés que je percevais un bruit, hop! Je fermais le précieux cahier et le glissais dans mon tiroir de chevet.

Puis un autre texte vint, en vers celui-là. Je trouvai ce mode d'expression plus simple pour moi, une rime en amenant une autre et je continuai mes illustrations. Sur la page de droite le texte, sur celle de gauche le dessin. De petites choses simples: la poupée amoureuse du beau soldat , elle dans sa jolie maison de bois, lui dans la bataille qui se livrait juste là, dans la chambre de mon frère à côté! Je me souviens très bien de ce texte parce que j'ai beaucoup pleuré à la relecture. J'ai oublié les autres, je ne pourrais vous en parler. Je sais cependant que souvent des Pères Noël à longue barbe y figuraient.

Noël, le jour de l'an, passèrent et mon cahier s'étoffait de mes contes et poèmes. Je le jugeais magnifique en toute modestie et brûlais d'envie de faire découvrir ce talent qui m'était venu.  Alors, à la fin de ces vacances d'hiver, j'offris mon cahier à maman.

Elle l'ouvrit d'abord avec un petit sourire attendri pensant y trouver les gribouillages de petite fille de mon âge. Puis elle lut! Que lui inspirèrent ces petits textes naïfs, je ne sais pas trop. Elle sécha une petite larme, me demanda l'autorisation de le montrer à la famille: bien sûr je permettais, imaginez mon bonheur de voir enfin reconnu mon travail! Car pour moi c'était celà! J'avais tant investi d'amour, d'heures d'application... et puis pour moi si timide, la petite dernière... j'étais gonflée d'importance:))!

J'ai gardé par la suite une certaine aisance à m'exprimer par écrit. Je ne craignais pas mes débordements d'imagination dans mes rédactions. J'avais trouvé là le moyen de m'extérioriser, de conjurer cette timidité qui me paralysait et ne redoutais plus de me lever pour avoir à lire mon texte à la classe quand il se révélait être le meilleur ce qui, disons le, arrivait très souvent! Et puis je choisissais un vocabulaire riche, imagé, une habitude que j'ai perdue quand je me suis mise vraiment à l'écriture: là j'ai toujours écrit avec des mots très simples, ceux de la vie quotidienne. C'est-ce que je fais encore aujourd'hui!

 
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18/08/2009

Ma Provence: Les pâtes de mûres.

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Je vous présente souvent ici des recettes provençales mais pour la première fois je vous parlerai dessert.

 
La saison des mûres est  là et je vous ai déjà parlé (ou pas???) de nos expéditions dans les ronces avec mes grands frères pour aller les cueillir. Nous partions le matin de bonne heure et tous nos coins secrets étaient proprement pillés de leurs fruits: nous en mangions beaucoup et rentrions la bouche noire. On n'aurait pas pu mentir à maman en lui affirmant que mais non, toute la cueillette était là mais nos 4 à 5 kgs de fruits lui semblaient bien suffisants pour réaliser une délicieuse confiture et en réserver encore pour préparer ses délicieuses pâtes de mûres! Sans doute connaissez-vous la pâte de coings, les pâtes de fruits mais en avez-vous déjà préparé?

 
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Ingrédients: 

 
* 1 kg de mûres,
* 1/2 verre de vinaigre,
* 1 kg sucre,
* Huile,
* Le jus d'un citron,
* 1 kg de sucre en poudre.

 

Préparation:

 
* Laver les mûres à l'eau vinaigrée pour éliminer les éventuels insectes.
* Enlever une à une les petites queues qui restent et les mûres abîmées (c'est le plus ennuyeux).
* Peser les fruits, ajouter 700g de sucre, le jus du citron et 25 cl d'eau.
* Placer sur feu doux et laisser cuire un bon quart d'heure.
* Passer le tout au mixer pendant bien 3 minutes pour qu'il n'y est presque plus de petites graines.

  
* Remettre sur le feu et remuer souvent. 
* Lorsque la préparation commence à épaissir, surveiller de près, en remuant sans cesse, jusqu'à ce qu'en soulevant la pâte celle-ci reste dans la même position que lorsque vous l'avez fait tomber.

 
* Verser encore chaud sur une plaque rectangulaire recouverte de papier sulfurisé et laisser refroidir 48 heures. 
* Démouler, couper en carrés un peu épais.
* Rouler chaque carré  dans le sucre en poudre restant et laisser sécher à l'air libre pendant 24h en saupoudrant de temps en temps de sucre. 

* Conserver dans une boite hermétique.

 

Mon avis:
 
Ces pâtes de mûres sont délicieuses servies avec un bon thé aux fruits rouges ou un café mais peuvent  ajouter une note raffinée à une fin de repas, servies avec un blanc liquoreux: Sauternes, Monbazillac ou plus chic encore (mais aussi plus cher) Château Climens 1° cru 2004!

 
Parce qu'elles se conservent longtemps, vous pourrez peut être les servir avec vos 13 desserts de Noël dont je vous parlerai en temps utile.

 
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17/08/2009

Petite enfance. Extrait de journal perso.

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Lorsque j'étais petite fille et d'ailleurs encore maintenant, j'adorais aller au marché. Alors l'été, maman nous réveillait tôt ma sœur et moi, nous déjeunions d'un délicieux pain perdu puis nous partions à la fraîche car, disait maman, les bons produits ne nous attendront pas sur l'étal! Et il fallait voir un marché en Provence dans les années 50!

 
Bien sûr nous passions prendre les légumes pour la ratatouille et le pistou,  le poisson frais (ah! Les petits rougets à griller, les sardines encore frétillantes...!), mais aussi les tripes pour préparer les pieds-paquets! Qui ne connaît pas nos pieds-paquets de Provence n'a jamais rien goûté! Je ne pourrais pas vous en donner la recette, je ne la connais pas et les tripiers se sont faits très rares de nos jours: j'achète les inégalables pieds-paquets de Sisteron en bocaux de verre, ils sont fameux dans toute la France... et même ailleurs! Mais en ce temps-là, c'est maman qui s'y mettait: des heures de travail!

 
Vous l'aurez compris, les marchés étaient très colorés et très vivants mais ils avaient cette spécificité: les vendeurs de brousses du Rove, un fromage unique, qui a sa propre recette de bergers faisant  paître leurs chèvres dans ces collines arides du quartier du Rove entre l'Estaque et Martigues. Les marchands, soufflaient dans leur cornet de cuivre pour rameuter les clients et hurlaient comme seuls les marseillais savent le faire: aaaah qu'elle est belleee ma brousse madameee, elle est belle, elle est fraîèèche » et c'était vrai qu'elle était fraîche et savoureuse. J'en mange encore aujourd'hui mais elle est moins parfumée, sans doute parce que les chèvres broutent une herbe toujours aussi rare mais sans doute bien plus polluée. 

Les glaciers fonctionnaient sur le même principe avec leur vélo à 3 roues. Je ne parle pas là de glaces en cornets mais de pains de glace à rafraîchir pour nos glacières. Nous avions aussi les pognes, du Rove encore, les seules, les vraies: brioches rondes parfumées à la fleur d'oranger. Et bien d'autres spécialités que je vous vante ici et là sur ce blog.

 
Puis nous déposions nos paniers dans un café, nous buvions une orangeade et, pour  me faire plaisir, maman nous emmenait sur la place de La Plaine faire un tour de manège: horreur! J'avais peur, j'étais malade et qui plus est, timide comme on en fait peu, je n'aurais jamais osé attraper le pompon qui vous donnait droit à un tour gratuit. La dame du manège qui me trouvait bien mignonne et voyant maman, semaine après semaine, m'expliquer comment tirer sur le pompon que pourtant on me fichait sous le nez pour qu'il n'y ait pas de malentendu: il était bien pour moi ce fameux tour en plus, m'offrait malgré tout le ticket-sésame et c'était parti pour un autre moment de cauchemar.

 
Mais jamais au grand jamais je n'aurais avoué, craignant de faire du chagrin à maman, que j'aurais donné tous les tours de manège du monde pour au moins une fois prendre le tramway 68 qui, venant d'Aubagne,  passait sous la place de La Plaine en zigzags et chaos dans un long tunnel (pensais-je alors), et nous amenait à la gare de l'Est à deux pas de la célèbre Canebière.

 
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29/06/2009

Les vacances. Extrait de mon Journal Perso.

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Collines de Château Gombert.

 
Je vous l'ai dit déjà, enfant je vivais dans la campagne en périphérie de Marseille. Pour vous donner une idée du lieu, si vous avez vu le château de ma mère et la suite de Pagnol, vous avez là un aperçu : Pour lui, les collines étaient le Garlaban, pour moi, celles de Château Gombert, mais toujours le Massif de l'Etoile et pas moins belles, pas moins pleines de sentiers aux senteurs Provence garantis où nous nous ébattions l'été venu avec un bonheur tous les ans renouvelé. Nous prenions garde, et nos parents ne cessaient de nous le rappeler, à ne jamais faire de feu dans ces lieux sacrés mais très secs où tous les ans des incendies, criminels ou pas, se déclaraient. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui.

Nous faisions la cueillette de baies à confiture, ma préférée étant celle de mûres de ronces. Équipés de crochets de notre fabrication, nous nous arc-boutions pour attraper les plus éloignées qui, c'est bien connu, sont toujours plus belles, plus grosses. Et nous rentrions la bouche violette d'y avoir goûté,l es mains et les bras en sang. Maman n'avait pas le droit d'attendre: vite, nous l'aidions à laver à la fontaine notre énorme provision et hop! Au feu. Nous salivions devant le chaudron parfumé et nous adorions quand elle nous proposait à tous un bol brûlant de la préparation pour "vérifier" la cuisson:)!

Mais ce que j'aimais par-dessus tout c'est, après l'un de ces orages d'été qui nous laissait tremblants de peur, dans la quasi obscurité en plein après-midi, sortir dés les dernières gouttes pour ramasser les limaçons.
Çà n'a plus trop court de nos jours: il s'agit de ces petits escargots, blancs à marrons en passant par le beige, aux rayures en spirales, qui s'accrochent en grappes aux tiges montées des fenouils sauvages dont ils se gorgent de la saveur anisée. Nous avions nos coins, pas la moindre petite tige de fenouil ne nous échappait! Nous  prenions les plus gros  et veillions à en laisser toujours suffisamment pour assurer la relève, écolos avant la lettre que nous étions!
Nous les transportions dans des paniers à salade de l'époque, tapissés d'un torchon pour éviter l'évasion.
 
Maman les laissait dégorger 2 ou 3 jours dans des cages grillagées puis elle les préparait à l'aïgue sau, littéralement eau salée. Il s'agit en fait d'un bouillon  bien salé et poivré agrémenté de fenouil bien sûr, bouquet garni, ail et oignons, blanc de  poireau  et petits bâtonnets de carottes mais surtout d'une peau d'orange entière gardée et séchée de l'hiver. Je ne vous en dis pas plus, il est impensable que quelqu'un  envisage de nos jours de préparer ce délice que les grands dégustaient à l'apéritif avec un pastis bien frais pris sous un énorme chêne mais que nous enfants, nous mangions dans des bols, assis sur le pas de la porte, en tirant les limaçons de leurs coquilles avec une aiguille à coudre: un régal!

Et d'ailleurs puisqu'on en parle, je me souviens sur les marchés, les vendeuses de ces délicieuses petites bêtes, leur chaudron rempli, les cornets de papier gris déjà roulés et criant pour attirer le client: « à l'aïgue sau les limaçouns y'en a des graüs et des pitchouns »! Vous aurez compris à l'eau salé les limaçons, il y en a des gros et des petits, mais c'est moins chantant n'est-ce pas dit comme çà?

 
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L'aïgue sau!

 
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20/06/2009

Et puis la vie... Extrait de mon journal perso.

C'est le passage de mon journal qui a inspiré le titre de ce blog vous l'aurez compris! Le bonheur, la vie, tout simplement!

 
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Enfin, j'étais sortie de l'emprise familiale! les premiers mois furent difficiles puisque j'ai dû arrêter de travailler et mon mari avait quitté son emploi comme il s'y était engagé. Il était entre deux boulots, moi je touchais mes prestations sociales et nous organisions notre vie de futurs parents: enfin un vrai bonheur, profond, sans concession! je vivais ma grossesse comme les premiers jours du monde. Je sentais ce petit être bouger, je lui parlais bien sûr, comme font toutes les futures mamans, mais en étant persuadée être la première à connaître ce bonheur de cet état d'attente.

 

J'ignorais le sexe, on ne faisait pas d'écho à l'époque, et j'envisageais une petite fille. Mais quand Fred est venu, mais comment décrire cela? Il n'y a pas de mots pour le dire, seules les nouvelles mamans savent! Peu importent alors les douleurs (pas de péridurale), l'attente dans la salle de travail qui a duré des heures... rien, plus rien que ce petit bout d'homme que la sage-femme vous remet avec délicatesse, tout rouge et braillard mais si beau, si fin, si fragile... Allons, la 7ème merveille du monde! Il est enfin là et vous êtes écrasée par la responsabilité de lui avoir donné le jour. Vous savez, aussi sûrement que le monde est monde que plus rien jamais ne sera pareil!

 

Nous avons ramené le Saint Graal à la maison et c'est sur son souffle que je passais mes heures. Il suçait mon sein et c'est ma vie que je lui offrais encore une fois, à chaque fois!

 

Je ne parle pas beaucoup du nouveau papa, c'est vrai. Eh bien, il était très présent auprès de son fils mais de moi aussi. Il participait à tout. Il avait commencé sa nouvelle vie d'homme à terre et çà le préoccupait lui qui n'avait jamais connu çà et il avait beaucoup de mal à s'y contraindre je crois. Il épluchait les petites annonces pour trouver un job à l'étranger, en Afrique de préférence. Mais il ne s'est jamais plaint d'avoir dû quitter la mer et un salaire si confortable.

 

Et il était là, admiratif devant l'enfant, mais il lavait les couches aussi (eh oui!), faisait la cuisine et les courses, aidait aux tâches ménagères... Quand il partait avec Fred dans son landau je n'étais jamais tranquille et il le savait alors il faisait des sorties de plus en plus longues pour m'habituer doucement mais c'est ensemble généralement que nous sortions: une vraie petite famille. Je ne me rendais pas compte mais nous étions très jeunes et les voisins s'émerveillaient de nous voir si responsables, si prévenants!

 

Ce fut une belle période de ma vie. Dieu que nous étions heureux!

 
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10/06/2009

Enfants guerriers. Poème.

Je poste ce texte ici aujourd'hui à la demande d'Anne (Bilou) suite à son post d'hier. Et çà tombe bien parce que je lui disais, hier donc à 20h que je n'avais pas de post pour aujourd'hui:)!

 

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Il y a dans mon coeur des vagues de tendresse
Pour tous ces enfants là qui se trouvent en détresse
Ils vivent des conflits qui ne sont pas les leurs
Plus personne pour entendre leurs plaintes et leurs peurs.

Ils souffrent dans leur chair déchirée, mutilée
Ils ont le ventre gros de n'avoir pas mangé
Ils ont le coeur éteint, les larmes ne coulent plus
Ils sont morts, ils sont tristes, ils n'ont jamais vécu.

Leurs yeux ne savent pas ce que c'est l'insouciance
Ils n'ont jamais été autrement qu'en silence
Dégoupillent des grenades, chargent des mitrailleuses
Ils ne sauront jamais rendre une femme heureuse.

Ils sont là regard dur face à des caméras
Ils ne souffrent même pas car ils ne savent pas
Leurs vies ne comptent pas, ils ne sont que des ombres
Des machines tueries: tuer le plus grand nombre.

Ils ignorent ces enfants, qu'il y a d'autres jeux
Qu'on peut être un enfant avant que d'être vieux
Ils ne connaîssent pas autre chose que la guerre
Ils existent c'est tout, ignorent leur misère.

Ils ne prononcent jamais le moindre mot d'amour
Ils n'imaginent pas une suite à leurs jours
Leur avenir n'est pas, ils sont dans l'inconnu
Ils se rendent aux chefs, à des ordres reçus.

S'il faut mourir demain est-ce bien un problème
Ils n'auront jamais su qu'on peut dire je t'aime
Ils s'armeront de bombes, sauteront comme en jeu
Entraînant dans la mort d'autres enfants comme eux.

Il est trés dur je sais de croire à leur enfance
Et pourtant ils sont là ils n'ont aucune chance
D'échapper à ce sort, ils ne vivront plus rien
Ils ne sauront jamais ce qu'est un vrai chagrin.

Un chagrin voyez-vous est un moment précieux
S'ils pouvaient seulement! ils pourraient être heureux
Et si quelqu'un un jour leur donnait cette chance
Rendre à ces guerriers là le rôle de l'enfance.

 
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20/05/2009

Ma mère: Extrait de mon Journal Perso.

Mere-a-l-enfant-AffichesG. klimt

 

   Du plus loin que je me souvienne, je l'ai toujours connue malade. Et je ne dis pas malade de bobos sans importance ou imaginaires non! malade du cancer. Ce qui a été le facteur déclenchant du désamour que mon père m'a porté: oui parce qu'elle a eu son cancer, de l'utérus dans un premier temps, dés après ma naissance. Il s'est généralisé par la suite mais c'est par là qu'il a démarré. De là à dire que j'en étais la cause n'est ce pas? C'est si simple d'accuser l'enfant qui est né plutôt que remettre en doute son propre mode de vie. Car enfin, s'il fallait des responsables, c'était bien du côté des parents qu'il aurait fallu chercher, je ne me suis pas fabriquée toute seule comme d'ailleurs les frères et soeurs qui m'ont précédée dans l'utérus de ma mère!

Mais non, j'étais coupable donc pas aimée de ce père que j'adorais pourtant. Par contre ma mère, peut être pour compenser et parce que vraiment j'étais une petite fille charmante et puis sans doute parce que tout simplement j'étais sa fille, sa petite dernière, me vouait un profond amour.

 

Les matins d'école je partais au petit jour parce que la route était longue. Dans une trouée de la haie, je l'apercevais qui me faisait toujours le même signe de la main, le baiser envoyé et moi, penchée par ce trou providentiel je lui renvoyais tout çà en soufflant dans les mains. Mais si un matin, distraite, j'oubliais ce rituel, quelle tristesse toute la journée et quels baisers au retour pour me racheter de ce "délit:)"!

 

J'étais une petite fille heureuse mais pas épanouie avec cette épée de Damoclès au dessus de ma tête: le départ de maman. Je comptais souvent dans ma tête: si elle meurt dans un an j'aurai... et là je spéculais sur ce que j'étais capable d'assumer toute seule puis bien vite, je chassais ces idées de mon esprit de crainte d'attirer le malheur et je culpabilisais d'y penser. J'aurais eu besoin de mots, de gestes qui ne se faisaient pas à l'époque, on ne parlait pas de ces choses-là. Sans doute ces années ont-elles forgées ma sensibilité extrême d'aujourd'hui, mon sens de l'écoute qui me fait choisir si souvent de façon naturelle par les personnes ayant besoin de s'épancher.

 

C'est ma joie et ma fierté de pouvoir, parfois, aider quelqu' un qui se trouve dans la peine, la détresse morale...; être ces bras, cette épaule que personne ne m'a tendus! Pourtant bien souvent moi aussi j'ai besoin d'écoute et c'est dans ce journal perso que j'ai écrit jour aprés jour que je trouve les mots: mettre des mots sur les évènements les plus douloureux, les sortir du coeur, de l'âme... exorciser les souffrances anciennes pour pouvoir profiter du présent!


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07/05/2009

Journal perso: la petite enfance!

Comme je le dis au début, je parlerai de tout un peu ici, dont quelques bribes de mon journal perso. Surtout ce qui est avouable hein, pas toujours été une sainte la petite!

Alors il y aura des évènements drôles et moins drôles mais qui font partie de moi et j'espère que vous aimerez me rencontrer sur ces terrains.

Je ne suis pas sur cette photo, c'est ma soeur qui a gardé tous ces beaux souvenirs, mais elle date de l'époque dont je parle, le début des années 50. Par contre nous portions tous les mêmes tabliers impeccablement repassés le lundi et bien défraîchis à la fin de la semaine (ils restaient à l'école).

 

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Mes premiers souvenirs remontent à mes 5 ans à peu prés. L'un des premiers: ma rentrée à l'école. Mon frère Paul et moi nous avions un an d'écart seulement, çà crée des liens. C'est donc tout naturellement que nous avons pris le chemin ensemble. Nous étions accrochés l'un à l'autre et n'avons pas bougé de la journée. Je n'ai pas de souvenir de la cantine, de la classe ou des récrés. Par contre je me souviens parfaitement de la petite cour et de son préau minuscule, la grille peinte en vert qui donnait sur la rue et nos petites mains accrochées aux barreaux. Nous avons d'autant plus pleuré, nous entraînant l'un l'autre que ma soeur aînée, qui devait venir nous chercher, était (et ce sera récurrent) en retard. Nous sommes restés seuls dans la cour, accrochés chacun à une jambe du pantalon du Maître. je précise que je ne me souviens absolument pas de cet homme mais mon frère m'a souvent raconté la scène.

 

Par la suite bien sûr, j'ai adoré comme beaucoup les classes, le départ dans le petit matin d 'hiver, le goûter de 10h, apprendre surtout, mon grand bonheur! Mais je jouais peu, avais peu d'amies: j'observais, tout se bousculait dans ma tête. J'étais une contemplatrice et c'est une bonne école de la vie çà! Je ne parlerai pas de l'odeur de la craie, du tableau noir... Nous avons tous les mêmes souvenirs. Par contre le vieux poële rond entouré d'une grille, qui nous endormait un peu par son ronronnement et sa douce chaleur me reste au coeur à jamais! 

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