23/03/2010

A ma soeur. Poème de la semaine.

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Ma soeur
Il fallait le comprendre
Ma soeur
Je ne pouvais entendre
Ton mal d'aimer
Ta soif de nous le dire
Toi tu voulais
Autre chose que le pire
Tu as
Connu tant de souffrances
Tu avais
Connu tant de malchance
Tu attendais
De nous une lumière
Pourtant tu sais
Nous ne pouvions rien faire
C'est toi
Qui contrôlais ta vie
C'est toi
Mais toi tu nous as fuis
Tu aurais pu
Choisir de te reprendre
Tu sais la vie
Parfois peut nous surprendre
Elle offre
Ses moments les plus doux
A ceux
Qui croient être au bout
Il faut parfois
Savoir saisir sa chance
D'un autre amour
D'une douce présence
Tu as
Couru vers des chimères
La nuit parfois, je crois
Entendre tes prières
Je sais la peur
De vivre est bien trop dure
Alors adieu
Adieu ma soeur ma reine
Tu sais sous peu
Je n'aurai plus de peine
Je garderai
Tous nos mots les plus chauds
Et de nous deux
Les rêves les plus beaux
Car je n'aurai
Au coeur plus d'amertume
Et je vivrai
Sans pensées importunes
Je donnerai
Ce que tu as refusé
Et j'aimerai
Ceux que tu as quittés
Pour effacer en eux
Toute trace de haine
Et ne garder
Que ce mot doux: on t'aime!

03/03/2010

L'orpheline: poème de la semaine.

orpheline

 
J'ai posté ce texte en juillet sur 4 mains, avec un succès mitigé: trop triste pour la période des vacances, vacances donc peu de visites, que sais-je. Pourtant il me tient à cœur pour avoir été écrit dans des circonstances particulières. Je l'ai un peu retouché et je le reposte de nouveau. L'aimerez-vous davantage aujourd'hui, je ne sais pas! ce n'est pas vraiment le but je pense.

 
Son regard est éteint
Même pas la brillance
Que donne le chagrin
Dans les grandes souffrances.
Elle ne pense pas
Elle est seule dans sa bulle
Elle voudrait parfois
Qu'un peu le temps recule
Elle entend une voix
Qui lui parle tout bas
Bonjour  ma petite fille
Je suis là, ton papa
Pour toi vois-tu chérie
Je ne suis pas parti
Tu me gardes en toi
Comme un souffle de vie.
Ne cachons pas les mots
Il ne sera plus là
Pour panser ses bobos
Elle ne s'y attend pas
Ce qu'elle voudrait, elle
C'est un grand champ de fleurs
Et puis l'entendre rire
Et effacer ses peurs
Pour elle rien n'est pire
Que cet affreux silence
La maison est muette
De ses bruits familiers
Le calme ou la tempête?
Immense turbulence
Le temps s'en est allé.
Elle pourrait jouer
Mais ce creux dans sa tête
Son âme est en béance
Bien qu' elle ne sache pas
Le temps lui est clément
Qui lui offre cette absence
Car son tout petit être
Ne pourrait pas entendre
Ces mots qu'on lui dit là
Il est mort ton papa.

Alors demain peut-être...
Pour l'instant il est là
.

 

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02/10/2009

La veuve. Le poème de la semaine.

Je vais tenter de me remettre à écrire, photographier, chercher des sujets de société agréables...  Mais je ne suis pas en grande forme en ce moment. Alors pour aujourd'hui, j'ai remanié quelque peu ce texte posté il y a un an (déjà!) sur 4mains. Peu de chose, juste un zeste de musicalité, de fluidité... L'aimerez-vous, le reconnaitrez-vous? 

Et je tenterai de passer chez vous, au moins, qui me rendez visite:)! Alors, à bientôt!

 
a la veuve

 
Je ne t'oublierai pas
Tu es là à jamais
Je te garde au coeur
Mon secret bien gardé
Tu me permets de suivre
Le chemin de la vie
Parfois dans le silence
Je te parle, je te dis
Te souviens-tu de nous
De nos mots, de nos gestes
Des moiteurs de nos nuits
De nos élans si fous
Tu sais c'est une souffrance
De te savoir ailleurs
Je sais ce qui me reste
Nos jours de grand bonheur
Tu étais doux, sensible
Tu savais m'amuser
Maintenant par ton absence
Je me sens invisible
J'étais belle pour toi
Et toi tu m'admirais
Je sens monter en moi
La houle des regrets.
Je t'espère serein
Dans ce nouvel ailleurs
Pour moi chaque matin
Est moment de douleur
Savoir que tu n'es plus
Ne jamais te revoir
Vivre une heure, un peu plus
J'ai promis de savoir.
Alors mon cher amour
De là-haut dans tes cieux
Tu peux voir que toujours
J'obéis à ton voeu
Je vis, je vis tu vois
Je fais de gros efforts
Pour que, à travers moi
Toi aussi vives encore.

 
signat doré

05/06/2009

La fin de l'enfance: Extrait de mon Journal Perso.

Amoi

 

Je savais que çà ne passerait pas cette fois. Le matin, je me suis levée tôt, je n'avais pas dormi, j'étais en miettes tant je m'étais tournée et retournée dans mon lit. C'était un jeudi et à cette époque (l'année 1960) le jour de congé scolaire était encore le jeudi. J'avais beaucoup de devoirs: en 3ème, tout commençait à devenir sérieux, même pour une élève très douée. Et puis il me manquait quelques fournitures que je devrais aller chercher en début d'après midi chez le papetier.


Elle devait être opérée le matin. Encore une fois! Mais cette fois-là pour moi je le sentais, c'était différent. J'avais beau me dire que c'était seulement le fait d'être plus âgée qui me faisait prendre conscience enfin de la gravité de la situation mais non, çà ne me rassurait pas du tout. Alors je me disais: "fais tout bien, si tu te conduis particulièrement bien Dieu ne la prendra pas". Et effectivement j'ai tout bien fait: J'ai fait les courses, préparé le repas, fait les lits, le nettoyage de la maison à fond, lavé la vaisselle, j'ai été gentille, serviable, je ne me suis pas irritée quand mon frère m'a cherchée des noises pour une broutille, lui aussi devait être inquiet... j'ai tout fait comme il faut! Bien gentiment en pensant lui donner sa chance.


L'après midi, je suis partie chercher mes fournitures: 4kms! une promenade à l'époque. Mais tout au long du chemin je me disais: à quoi bon! Je sentais que le lendemain ne serait pas pour moi un jour d'école.
Pourtant je suis rentrée et me suis mise au travail sur mon coin de nappe dans la salle commune.


Vers 16h, mon beau frère est rentré. Nous nous sommes élancés nous les plus jeunes pour avoir des nouvelles mais je savais déjà. Je n'ai pas pleuré. Ma soeur Carole s'est écroulée (elle avait 20 ans) mais pas moi. Je n'ai rien dit mais je sentais mes yeux devenir immenses, mon coeur aussi, dilatée voilà! Je crois que c'est ce que j'ai ressenti. J'enflais de désespoir et j'étais seule pour toujours. A ce moment-là déjà j'étais seule. Je l'ai toujours été depuis. L'orpheline de 14 ans pleurerait sa mère pour le restant de sa vie. Dieu? qui est dieu?

 

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