21/07/2010

Langage des corps. Atelier d'écriture.

Voilà! je vais vous laisser méditer, avoir chaud ou froid, fantasmer, rire, chanter, essayer d'écrire vous aussi un texte sur ce thème. Je pars demain matin en vacances jusque fin juillet. Alors je vous embrasse et que vous partiez ou pas, je vous souhaite d'être heureux:)!

 

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Voici donc la fameuse consigne:

Une écriture du corps _ Retrouvez le souvenir ou imaginez une perception du corps d'un autre (mouvements,présence, odeurs...), qu'il soit caché ou soudain dévoilé, dans une situation amoureuse ou non, mais dans un moment ou le corps de l'autre jette un trouble. Découverte (la nudité d'un corps qu'on connaissait autrement), gêne (par exemple la maladie qui expose au regard ou des situations imprévues qui donnent à voir un corps qu'on ne souhaite pas voir)...Ou retrouvez une sensation particulière de votre corps : dans l'eau ou dans un état second. Écrivez ces sensations sous formes de bribes, d'images....

Sa main comme une flamme. Sa main comme un brasier. Elle est là sur le siège, elle ne bouge pas. Pourtant elle l'imagine qui remonte doucement et son pouls s'accélère, sa respiration progressivement devient haletante. Elle a chaud, elle a froid elle ne sait plus trop.


Lui il est là tranquille, il ne parle pas. Sa voisine de canapé lui pose une question. Il se tourne vers elle et dévoile fugitivement l'échancrure de son cou, délicieusement blanc, doux, enfantin.

Sa main alors fait des volutes dans l'air, rythmant ses mots. elle voit ses lèvres, un peu fines mais très rouges, qui bougent et s'humidifient. Il sourit et la blancheur de ses dents décroche dans sa poitrine à elle un séisme de sensations. Maintenant elle est moite, elle ne suit absolument plus aucune conversation, elle est muette et chaude. Lui se tourne un peu vers elle, il lui parle mais elle n'entend pas, elle ne perçoit que "lui" physiquement. ce qu'il dit importe peu, d'ailleurs est-il intelligent? Elle ne l'a jamais jugé, elle le côtoie depuis des années sans même lui porter le moindre intérêt et là, tout à coup c'est le désir, absolu.

Il faut qu'elle le touche. Il lui suffirait de l'effleurer, elle est sûre qu'alors, la magie n'opérerait plus, il redeviendrait François, le mari de Nadine.

Mais en attendant, il est le mâle. Sa bouche est sèche, gonflée, presque douloureuse. Elle passe doucement sa langue sur sa lèvre supérieure et ce contact enflamme d'autant plus ses sens. Elle a la perception éperdue de son corps malgré la distance. Elle imagine sur elle, en elle, son grain de peau, sa chaleur nichée en elle, palpitante et le désir monte, le ventre se fait creux, en attente, haletant, le picotement de la nuque est presque insoutenable, son corsage caresse et dessine ses seins durcis, Elle est à lui, pour lui en cet instant de passion folle. De légers tremblements l'animent: quelqu'un pourrait-il le voir? Elle ne sait plus, elle est tendue vers son plaisir. Et puis la jouissance est là, sublime, sans nom, suffocante d'être enfouie, tue. Elle pourrait hurler, elle voudrait crier et pourtant elle ne bouge pas. Ses cuisses doucement se sont rapprochées et le crissement de la soie échauffe encore ses sens. Elle mord l'intérieur de sa joue et cette douleur, même légère, lui donne du plaisir parce que c'est encore lui qui la lui inflige.


Elle le regarde. Voila! La magie est passée. François ne saura jamais et elle gardera en elle, toujours, la blessure de sa chair offerte, ce moment d'amour flou, solitaire et pourtant partagé.

 

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01/02/2010

Un deux trois: Texte d'atelier.

Un autre texte d'atelier. Je vous laisse le soin d'en retrouver la consigne:)!

 

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Il est venu ce jour et il faisait très sombre.
Un homme marchait seul, il attendait nous Deux

Il a suffi qu'un temps Trois femmes l'âme en bleu
Multiplient mais par Quatre la source de nos ombres.
Cinq jours seront utiles à finir cet ouvrage
Six hommes cagoulés avanceront vers vous
Vous ne croiserez point le funeste destin
Des Sept autre damnés que Huit dingues détiennent.
Il est Neuf plombes à peine mais celà me viendra
A Dix heures tapantes je vous retrouverai
Onze personnes en somme oseront me lécher
Sur Douze ici présents d'où viennent les péchés.

Treize coups sonnent clair et moi je me rhabille
Les siestes crapuleuses ne dureront jamais
Midi à Quatorze heures il ne faut pas chercher.
Je donnerai mon coeur au grand Quinze de France
Qui détenant Chabal ne pourra que gagner
Seize heures! c'est le prêtre qui vient de me souffler
Les Dix sept coups de coeur de la dame patronnesse.
Mes Dix huit ans sont loin je ne connais l'ivresse
Des Dix neuf âmes soeurs qui seront châtiées
Après avoir fait fort du haut de ces Vingt berges.
Il ne me reste donc que Vingt et un fardeaux
Je ne saurai de flic que Vingt deux le vain mot
A Vingt trois on le sait l'équipe n'a plus de lien
Et enfin! Vingt quatre heures ont passées .
Un nouveau jour revient et ni une ni deux
L'ombre enfin trépasse....

 
Comprenne qui pourraClin d'oeil!!!!

 
AB asignat doré

25/01/2010

Mimi Calimity Jane: texte d'atelier.

Je n'en tire pas une rame au point de vue blog en ce moment. Alors là, je vous ressors un texte pondu à l'Atelier d'écriture virtuel auquel nous avons participé Nays et moi: on s'amusait beaucoupRigolant!
je vous ai déjà mis quelques extraits de ma production ici, c'est très différent de ce que je propose habituellement mais je vous assure, çà me ressemble aussi!

La contrainte est simple: Le lipogramme. A la manière de George Perec qui a écrit « La disparition »  sans la lettre E, écrire un texte court sans le 0

 
O

 
Une paille dans une main, un verre dans l'autre, je m'aventurai dans la salle du café pas très net. Un siège visqueux attendait mes fesses meurtries par la grande chevauchée entamée dans les plaines et qui m'avait amenée dans cette ville putride. Au bar, un quidam m'interpella:

«  - Hé la belle, tu prends un verre?
- Çà c'est une  plante verte? Répliquai-je avec ce sens de la répartie qui me caractérise en élevant le verre dans la lumière.
- Un petit en-cas si tu préfères!
-  Laisse aller Bébert, t'as pas le niveau! »

L'échange n'avait pas échappé au caféman qui me fit signe d'avancer:

«  - Pssiittt! C'est pas Bébert, c'est Jules! Et il est pas facile, il va se fâcher si tu le prends de haut, fais gaffe petite!
- Suis pas si petite v'savez? Je suis une grande fifille qui peut rendre un pain à qui la cherche. Y a pas d'malaise! »

Je plantai là l'artiste et regagnai le siège dégueulasse. Jules me suivit. Je m'attendais un peu à des ennuis mais que nenni! Il prit place en face et se pencha:

«  - J'ai un petit deal!
- Y a que çà qu'est petit?
- Haaa haaa!!! Elle est maligne la gamine!
- C'est de qui qu'il s'agit là?
- Fais pas ta star, tu es suivie depuis Santa Fe par mes aides: je veux que tu travailles à mes desseins!
- Quel dessins? Je ne suis ni dessinatrice ni peintre!
- ha! Je me suis fichu dedans avec cette meuf, pfffff!
- Vas-y, cause! Fis-je en levant le nez. »

Et c'est ainsi qu'a débuté la légende de Mimi de Santa Fe!

A suivre, qui sait????

Mimi Calamity JaneCool.

 
AB asignat doré

20/11/2009

Ecrire. Le poème de la semaine.

ECRIRE

 

Je suis absente aujourd'hui. Une journée à Marseille, imprévue mais néammoins bienvenue! je rentre en fin d'aprés midi. Donc, à plus tard?

Avez-vous remarqué? Je fais comme à la télé, des rediffusions. Peu de temps pour écrire sans bâcler en ce moment. Je m'en excuse pour ceux qui ont déjà lu ce texte dans 4 mains. Peut-être l'avez-vous oublié et aurez-vous plaisir à le revoir quant aux autres, les nouveaux venus, voici le temps de la découverte:)!


ECRIRE oui mais...

Ecrire pour ceux qui nous aiment
Pour ceux que l'on aime
Ecrire parce que la pluie
Ou bien le soleil
Pour le temps qui passe
En coulées d'argent
Pour voir le printemps
Naître sous la plume
Avant que le vent
Le noie sous la brume
Ecrire parce que çà va bien
Parce que çà va mal
Pour ne pas pleurer
Pour ne pas souffrir
Pour quelqu'un qui part
Ou bien qui s'égare
Ecrire pour donner son coeur
Pour offrir des fleurs
Pour mieux dénoncer
La peur des enfants
Pour ne pas laisser
Salir l'océan
Puis écrire pour tous les otages
Devenus sans âge
Comme un peu mourir
Ecrire pour ne plus courir
Pour garder la flamme
Pour sauver l'amour
En tendant son âme
Que quelqu'un un jour
Au bout la saisisse
Ecrire mais pour respirer
Et aussi pour vivre
Oh! oui pour vivre
Ecrire écrire

... Enfin exister!

AB asignat doré

24/09/2009

L'orthographe en question. Société.


François de Closets a écrit un bouquin (ce n'est pas le premier et en principe je l'aime bien cet homme) dans lequel il règle ses comptes avec une discipline qui l'a fait souffrir dans sa jeunesse. Notre langue et ses subtilités seraient, selon lui, trop dures pour la moitié de la population. Et c'est trop inzuste, comme dirait Caliméro. Il insiste notamment sur le fait que la très grande variété et complexité de notre vocabulaire lèsent les personnes dépourvues d'une bonne mémoire.
 
Heureusement qu'il n'est pas né Chinois ni Japonais. Apprendre tous ces idéogrammes l'aurait perturbé davantage. Effectivement quand on n'a pas une bonne mémoire, il faut bûcher, apprendre les mots par cœur en les écrivant, en les réécrivant. On apprend les règles de grammaire, de conjugaison, il y a du vocabulaire à l'école, toutes choses faites pour nous apprendre la langue correctement ce que la majorité d'entre nous est parvenue à faire jusqu'à aujourd'hui!
 
En sport, nous sommes nombreux à avoir du mal avec les barres parallèles, fixes ou asymétriques. Dame Nature ne nous a pas tous construits sur le même moule. Pourtant, je suis aujourd'hui certaine qu'avec davantage de volonté et de travail étant petite , j'aurais pu en faire beaucoup plus que je n'ai fait en gym. Eh oui, c'est du boulot, le sport, l'orthographe mais aussi les maths ou les sciences quand on n'est pas spontanément doué pour. Faudrait-il simplifier ces matières, allons-nous nous contenter de 2+2=4 et supprimer le 2X2=4 à la demande de D'Ormesson qui a mal assimilé ces matières?

Du reste, et la fameuse dictée de "Sauver les lettres" est là pour le prouver, le niveau en orthographe était meilleur au milieu des années 80, date à laquelle la massification (entendez par là, tirer vers le bas) était déjà intervenue dans le second degré. Et l'orthographe n'était pas plus facile il y a vingt-cinq ans. Cela démontre bien qu'on a lâché la bride aux élèves sur ce plan là. On a notamment interdit de distinguer les notes de français selon qu'elles concernaient la rédaction, l'orthographe, la grammaire ou l'explication de textes. En place d'avoir une note sur le bulletin trimestriel comme aujourd'hui, on en avait quatre, ce qui obligeait à faire un effort dans toutes ces disciplines. On a aussi concocté des barèmes plutôt empathiques envers les allergiques à la dictée (prépariez-vous systématiquement vos dictées jusqu'à la classe du bac vous? Pas moi, je prenais une feuille et j'écrivais! mon travail n'était pas mâché au préalable: attention là, gros piège! avertit-on nos élèves.).

Et c'est là que j'en arrive à me demander si François de Closets vit bien en France en 2009. Il parle de gens montrés du doigt parce qu'ils ont une mauvaise orthographe, dans les entreprises ou ailleurs. Aujourd'hui, pourtant, il n'est pas rare que même de jeunes directeurs de ressources humaines ne soient pas non plus exemplaires sur ce plan là. Le "montré du doigt", le bouffon, de nos jours, c'est davantage celui qui fait attention à ne pas faire de faute et qui écrit des textos ou des courriels dans un français correct.
C'est grave je sais, mais c'est comme çà et parfois je suis mal à l'aise et j'ai envie de placer une petite faute ici et là histoire de ne pas trop dénaturer dans le paysage!
 
Même si François de Closets et "Le Point", qui semble avoir pris ce combat au sérieux, arrivaient à leurs fins et influençaient les décideurs pour aboutir à cette fameuse simplification, on n'aurait pas de meilleurs élèves pour autant. Ce qui fait défaut de nos jours, c'est le manque d'envie d'apprendre, on va au plus simple, on tire de plus en plus vers le bas. Quelle valeur accorder à nos diplômes principalement le bac quand on voit les chiffres de reçus toujours en hausse alors même que les élèves n'ont pas le temps de voir leur programme au complet brisé qu'il est (le programme) par les grèves à répétition, l'absentéisme des profs et celui des élèves?

 
Alors ne rêvons pas, nous n'aurons pas de meilleurs élèves en leur mâchant toujours plus les cours, en simplifiant à outrance. Par contre, nous aurons un français estropié. Nos jeunes ne connaissent plus leur langue: elle est mieux parlée, mieux orthographiée en Chine ou au Japon que sur notre propre sol. Car il se trouve de par le monde des personnes pour reconnaître la richesse, la diversité, l'intensité de la langue de Molière, celle de la France et des pays francophones. Et j'espère que, malgré la complexité de sa grammaire, son vocabulaire périlleux, peut être même grâce à celà qui fait son charme, notre langue continuera d'inspirer les écrivains, les poètes, les amateurs du parler vrai, de la phrase juste ou simplement vous et moi qui aimons et respectons cette langue.

 
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23/09/2009

Mes premiers textes: Extrait de journal perso.

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A quel âge cesse-t-on de croire au Père Noël? C'est à l'époque où j'y croyais encore que remontent mes premiers souvenirs de cahiers d'écriture. En tous cas il me semble que mon premier fut celui là, que j'écrivais sur un cahier à lignes que la maîtresse m'avait donné, ainsi que des crayons de couleurs et bien sûr le crayon à papier qui allait avec: un vrai trésor car à l'époque, le matériel était distribué par l'école et utilisé pour l'école, cahier de 32 pages recouvert de ce papier bleu, un peu brillant qui sentait si bon! Ouvrir un cahier neuf n'est rien pour les enfants d'aujourd'hui mais pour nous c'était une fête!

J'étais une bonne élève et , en récompense spéciale, plutôt qu'un bon point ou une image, il m'avait été donné ce matériel que j'allais pouvoir utiliser à ma guise!

Parce que j'aimais inventer des histoires, je décidai d'en écrire là, dans ce cahier secret. Je commençai par y mettre un petit conte  de Noël bien sûr puisque cette fabuleuse fête approchait, que j'illustrai d'un beau sapin décoré de boules. Je précise que je dessinais très mal! Enfin, c'est-ce que je crois puisque je suis si mauvaise illustratrice mais à l'époque évidemment j'admirais mes chefs-d'ouvres. J'ouvrais mon cahier dans la chambre que je partageais avec ma sœur et j'admirais mon écriture d'enfant appliquée, les mots, le dessin très coloré et j'étais heureuse et fière. Dés que je percevais un bruit, hop! Je fermais le précieux cahier et le glissais dans mon tiroir de chevet.

Puis un autre texte vint, en vers celui-là. Je trouvai ce mode d'expression plus simple pour moi, une rime en amenant une autre et je continuai mes illustrations. Sur la page de droite le texte, sur celle de gauche le dessin. De petites choses simples: la poupée amoureuse du beau soldat , elle dans sa jolie maison de bois, lui dans la bataille qui se livrait juste là, dans la chambre de mon frère à côté! Je me souviens très bien de ce texte parce que j'ai beaucoup pleuré à la relecture. J'ai oublié les autres, je ne pourrais vous en parler. Je sais cependant que souvent des Pères Noël à longue barbe y figuraient.

Noël, le jour de l'an, passèrent et mon cahier s'étoffait de mes contes et poèmes. Je le jugeais magnifique en toute modestie et brûlais d'envie de faire découvrir ce talent qui m'était venu.  Alors, à la fin de ces vacances d'hiver, j'offris mon cahier à maman.

Elle l'ouvrit d'abord avec un petit sourire attendri pensant y trouver les gribouillages de petite fille de mon âge. Puis elle lut! Que lui inspirèrent ces petits textes naïfs, je ne sais pas trop. Elle sécha une petite larme, me demanda l'autorisation de le montrer à la famille: bien sûr je permettais, imaginez mon bonheur de voir enfin reconnu mon travail! Car pour moi c'était celà! J'avais tant investi d'amour, d'heures d'application... et puis pour moi si timide, la petite dernière... j'étais gonflée d'importance:))!

J'ai gardé par la suite une certaine aisance à m'exprimer par écrit. Je ne craignais pas mes débordements d'imagination dans mes rédactions. J'avais trouvé là le moyen de m'extérioriser, de conjurer cette timidité qui me paralysait et ne redoutais plus de me lever pour avoir à lire mon texte à la classe quand il se révélait être le meilleur ce qui, disons le, arrivait très souvent! Et puis je choisissais un vocabulaire riche, imagé, une habitude que j'ai perdue quand je me suis mise vraiment à l'écriture: là j'ai toujours écrit avec des mots très simples, ceux de la vie quotidienne. C'est-ce que je fais encore aujourd'hui!

 
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04/09/2009

Mon blog, partie de moi!

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Je poste ici, contrairement à 4 mains où tout était fiction, des moments de ma vie. Certains ne sont pas forcément gais que voulez-vous: la vie est un tout: bonheurs, malheurs, petites et grandes joies mais aussi peines plus ou moins profondes, cruauté... C'est-ce qui m'a construite, qui a fait que je suis moi, telle que je suis avec ma sensibilité parfois trop vive, mes colères face à l'injustice, surtout quand elle est dirigée vers des enfants... mais pas seulement.

Mes choix de vie, l'entraide par exemple, sont forgés par mon propre passé. Sans doute, quand j'en avais tant besoin, le fait que la maman d'une petite camarade m'ait donné l'attention que ne m'apportait pas ma famille a-t-il fait naître en moi le désir de rendre ce qui m'a été donné de cette façon.
 

Puis je me suis aperçue que si l'évocation de mes souvenirs heureux faisaient renaître les vôtres et étaient fort appréciés, quand il m'est arrivé de raconter simplement des peines, parfois la cruauté de ma propre vie d'enfant, un évènement qui, par sa dureté, a marqué mon âme à jamais... vous réagissiez de manière plus vive, presque agressive, voire carrément insultante pour certains qui n'ont pas hésité à m'envoyer des mails outrageants. Mais ces moments-là, en les niant, me feraient me renier moi-même! Alors que faire? N'écrire et de plus en les édulcorant, que des pans de vie semés de rires et de joies? Qui pourrait croire que je ne suis que cette femme-là? Renoncer à me raconter? Ce blog a été, contrairement à 4 mains, dans lequel j'ai mis tant de temps à poster ma propre photo par souci d'anonymat , conçu pour cela: parler de moi, un peu, mais très expurgé pourtant, des parties de mon journal personnel. mais ce qui peut être dit sans trop en dire!
 
Alors je m'interroge: dois-je changer de genre et ne poster là que du général? Des recettes, des blagounettes, un poème (encore qu'ils disent déjà beaucoup) ou un texte d'atelier, un résumé de vacances, des photos de ma région, un fait de société? Dois-je me cantonner à çà? Car je mets tout cela ici déjà mais est-ce que ce contenu là me plairait à moi? Ce blog se veut  ouvert à tout, c'est mon choix: la variété des posts en atteste. Alors oui, peut-être devrais-je supprimer les parties qui me concernent plus intimement et écrire sur moi pour moi! mais dans ce cas, serait-ce encore mon blog ou bien deviendrait-il plutôt celui que je ferais pour vous plaire?  est-ce là son but? Là je dis non, ce blog je l'ai créé pour mon plaisir et il vit pour cela. Si ce n'était plus le cas il n'aurait plus de raison d'être!
 

 
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03/08/2009

Qu'est ce qu'un bon blog?

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Pardon! Je viens de me rendre compte que mon copyright bloquait la possibilité de prendre les recettes que je vous propose. Je le supprime donc! Rien de privé ici si ce n'est ce que j'ai de plus cher mais qui n'a de valeur que pour moi: les photos de ma famille:)!

 

C'est une vraie question que je pose! Bien sûr je vais moi vous en donner ma version mais ce que j'attends avant tout, c'est que vous écriviez là la vôtre.

 

Pour moi c'est avant tout le blog qui fait plaisir à celui qui l'a créé parce qu'à un moment donné il a eu envie de mettre là son projet ou son non-projet d'ailleurs! Il sera alimenté au propre rythme de son créateur, rempli de lui ou d'elle, quelle que soit sa fonction de base. Par exemple les plus belles photos, familiales, animalières ou de paysages, régional ou plus étendu, de petits billets d'humeur au quotidien, de toiles, peintures diverses, recettes de cuisine, passion de la moto ou du tricot, journal perso... mais toujours suivant le plaisir de celui qui y met tout son cœur pour se plaire mais aussi, ne nous leurrons pas, pour plaire à ses visiteurs.

 

Car les visiteurs prennent une grande place dans la blogosphère. Doit-on pour autant se laisser prendre au piège infernal de la visite quotidienne du plus de blogs possible quitte à y laisser passer sa vie et ses saisons? Pour ma part, je dirai non! Mon blog reste un support pour mes textes, pour ma fantaisie, ma personnalité parce que j'y mets beaucoup de moi, je raconte un peu de mon enfance, de ma vie en Afrique, de ce qui me fait rire, mes recettes préférées... ce pour quoi il a été créé. J'y prends beaucoup de plaisir et en cela pour moi, c'est un bon blog.

 

Pour les autres je ne sais pas. Répond-il aux critères « bon blog » de skynet par exemple? Je ne crois pas. Répond-il à l'attente des visiteurs? Pour certains pendant un temps puis ils se lassent et vont voir ailleurs comme je le fais moi-même pour certains blogs tout en gardant un œil bienveillant toujours sur ce blog que j'adorais visiter, en y passant de temps en temps...

 

Alors, ce que je privilégie moi en tant que visiteuse pour juger si un blog est bon c'est avant tout qu'il m'apporte quelque chose: qu'il me fasse rire, réfléchir, me touche, me raconte... bref! Qu'il y ait un apport. Puis j'aime l'ordre, la clarté, pas trop de trucs qui chargent et peinent à l'ouverture. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'on passe quasiment 2 fois sur le blog, l'une pour lire le billet, l'autre pour le commenter. Perso je préfère passer plus de temps à voir le contenu qu'aller me chercher un bouquin en attendant l'ouverture. Je n'aime pas trop les paillettes et gifs clignotants, çà fatigue. Je préfère la simplicité. Mais j'aime bien les pages personnelles qui reflètent déjà la personnalité de l'Auteur. Un look original ou joli ou qui reflète le contenu du blog... une personnalisation.

 

Et les coms? Qu'en penser et qu'en dire? Ils font partie intégrante du blog mais doit-on pour en obtenir faire du racolage, du porte à porte? Les visités ressentent cela et la démarche va souvent à l'encontre du but recherché. Alors pour ma part je préfère peu de coms mais de circonstance. C'est pourquoi la première partie de mon blog 4 mains (pour ceux qui me connaîssent bien) a disparue. J'avais des 50 jusqu'à 91 coms! Est-ce ma faute, suis-je trop allée en visite? Presque tous ces coms ne concernaient en rien le sujet du post mais c'était surtout le coucou en passant. J'ai cessé de rendre la pareille et la source s'est tarie. Parce que personne ne pourra dire que j'ai laissé sur un blog un com copié/collé ou même bonjour c'est moi au revoir. C'est comme cela que je conçois les liens entre blogueurs: des échanges. Si ces échanges ne se font pas alors j'arrêteJ !

 

Et vous, saurez-vous me dire ce qu'est pour vous un bon blog, ce que vous attendez du votre et ce qu'il vous apporte vraiment? Répond-il à vos attentes, êtes-vous lassé parfois, vous est-il arrivé d'avoir envie de raccrocher (hors les problèmes de Skynet évidemment! Et encore!).

 

Bref, parlez moi un peu de VOS blogs et vous!

 
Copie de imagemagic

15/07/2009

ELLE: Exercice d'atelier.

Exercice d’atelier encore mais il s’agit d’un texte plus ancien. Par contre je crois bien l'avoir posté sur 4 mains déjà, je ne sais plus.
En tous cas il s’agit de la phrase cachée, si le cœur vous en dit donnez-vous donc la peine de la chercher? Peut-être un changement de style, ou une incongruité dans la logique du récit vous mettront-ils sur la piste! Personnellement j’ai eu du mal à la retrouver après tout ce temps:) ! Comme vous voyez, encore autre chose, un autre style plus sentimental, l’humour là n’a pas sa place mais je m’y retrouve aussi, je ne renie pas ce côté en moi.

 

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Ce n'est pas une légende mais une histoire vraie.

ELLE avait 17 ans lorsque son père, riche commerçant du Nord-Cameroun, la maria à LUI: pour une jeune fille de cette famille, de ce milieu, ce n'était pas trés jeune. Et ELLE se plia sans mot-dire au désir de cet homme qui la chérissait depuis qu'elle avait ouvert ses grands yeux sur le monde.

Aussi fut-elle stupéfaite au soir de ses noces, de découvrir celui à qui son père l'avait  -pensa-t'elle alors-  vendue.

LUI n'était pas, à proprement parler, un homme laid. Grand commerçant Bamiléké il avait, comme beaucoup d'hommes de cette ethnie, cette silhouette râblée, un peu courte, le visage lunaire, les cheveux déjà rares et un peu grisonnants. C'est du moins ce que vit ELLE. Elle ne remarqua pas ses grands yeux un peu tristes, le pli généreux de sa bouche au timide sourire... Non, rien vraiment ne la toucha en lui.

Alors, lorsqu'il l'approcha oh! pour un chaste baiser pourtant, il ne souhaitait pas l'effaroucher, elle le repoussa avec violence et, par la porte-fenêtre ouverte sur la nuit, s'enfuit dans le jardin vers cette charmante gloriette  -mais elle ne savait pas-  qu'il avait fait aménager pour elle. Elle y passa le reste de la nuit: elle savait bien pourtant que le mariage devait être consommé. mais, faisant un pas pour rentrer parfois, elle revoyait cet homme qui lui était apparu si repoussant et ses jambes ne suivaient pas. Elle finit par s'endormir là, sur les coussins dorés de la balancelle bercée doucement par une brise légère.

LUI ne l'avait pas suivie: il comprenait son émoi. Elle a 17 ans, se disait-il. Elle ne sait rien de l'amour, de la vie. Ai-je le droit? Avons-nous le droit?
Il connaissait déjà sa grâce, sa beauté; il l'avait vue grandir, entourée des soins de son père qui la vénérait et des 3 épouses qui l'avaient prise en charge au départ de sa mère. Son père n'avait pas voulu d'autre enfant. Ses épouses n'auraient qu'un seul rôle auquel elles s'étaient strictement tenues, élever et chérir cette unique enfant; et comment ne pas aimer la tendre biche qui leur était confiée!

C'étaient ces pensées-là que LUI remuait dans sa tête tout en s'apprêtant, comme à l'accoutumée, à partir travailler.

Le soir, lorsqu'il rentra au palais, il trouva ELLE installée dans son boudoir prés d'une lampe. Elle brodait à petits points une minuscule pièce de lingerie. Il s'approcha doucement, s'assit en face d'elle, vit sa rougeur monter par plaques de sa gorge vers son cou gracile puis se répandre sur son visage grisé par l'émotion. Il prit ses 2 mains rapprochées dont il ôta la broderie, il porta à ses lèvres les doigts palpitants posés là dans ses mains en coupe à lui tels de fragiles oisillons. Alors ELLE osa lever les yeux vers lui. Elle vit ce regard infiniment doux, infiniment aimant posé sur elle, et elle pleura. Elle pleura longtemps et lui la tint là, tendrement, buvant à petits coups le sel de son visage, apaisant de tout son amour ses peurs et son chagrin.
 

Le coeur gonflé d'amour, ELLE s'étira au chant des oiseaux. Pour qu'elle profite de cette douceur matinale avant la grosse chaleur du jour, LUI avait ouvert avant de partir les grandes baies vitrées donnant sur le parc. Le bruissement de la fontaine finit de la réveiller. Un plateau chargé d'une théière brûlante et de douceurs l'attendait orné d'un vase de cristal d'où émergeaient 5 magnifiques roses rouges. Elle y trouva également un bristol: "Dors tranquille mon amour, je ne serai jamais qu'à toi", avait-il écrit d'un tracé large et élégant.

Quand la servante vint l'habiller, elle prévint ELLE que Monsieur ne rentrerait pas de plusieurs jours: "Oh! il faut s'habituer allez, c'est souvent comme çà. Ils aiment les jeunettes mais retournent toujours vers la 1° épouse", fit-elle détachée.
Le coeur de ELLE se liquéfia:

- Mais où vit-elle, cette femme? balbutia-t'elle.

- Là-bas vers Biltine, bien loin plus au Nord, dit la servante en se retirant trés vite.

Que pensa ELLE? Que fit-elle durant ces 3 longs jours à ne voir personne, même pas son père, son cher vieux père qui l'aimait tant et l'avait pourtant trompée?

Elle pleura beaucoup. Elle espéra.

Au bout de ces 3 jours de longue attente, désespérée de ne pas le voir revenir, elle partit à sa recherche à travers les déserts brûlants. Cheveux au vent, pieds nus, vêtue seulement d'une longue robe claire qui lui faisait une allure de mirage, elle partit. Sans rien d'autre que son désespoir, son chagrin, son immense détresse, elle partit.
 

LUI revint au 4° jour: il était heureux. ELLE etait désormais sa seule, son Unique épouse! Répudiée cette femme épousée par la volonté de son père! Il se voulait libre pour ELLE, amoureux d'ELLE, aux pieds d'ELLE.
 

On ne la revit jamais. Il ne sortit plus. Ses cheveux avaient blanchi dans la nuit même suivant son retour. Sans goût à rien, il errait: plus de travail, plus d'amis, plus rien ne comptait pour LUI que cette minuscule pièce de lingerie brodée par ELLE.

 
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22/05/2009

Prendre le temps: Société.

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Le manque de temps nous sert bien souvent d'alibi. Mais cette source de manque de temps n'est-il pas plutôt une peur de faire, de s'engager, d'entreprendre?
 

Pour clarifier ce que l'on veut faire de notre temps (de notre vie), n'est-il pas nécessaire de regarder vers l'avant, de se poser régulièrement pour décider de nos prochaines priorités. Cela ne peut-il pas se faire au boulot comme dans la vie privée ?
 

Je partage bien sûr la perplexité de tous ceux qui comme moi, comme vous, courent après le temps. Mais j'aimerais proposer une autre approche: prenons conscience du fait que:
 

1. nous avons d'abord tous le même temps, ces mêmes 24 heures dont nous disposons à notre réveil.

2. En réalité, nous avons tout le temps voulu mais à la phrase  je n'ai pas le temps  , ajoutons le mot « pour» et alors là tout change. Par exemple:

 - je n'ai pas le temps "pour" mes amis mais j'ai le temps "pour" bloguer. Ainsi, tout devient une question de priorité.
 

Et là, on peut se demander: Est-ce pour moi LA priorité? Il fait si beau, n'ai-je pas envie de faire un peu de jardinage ou bien lire au soleil? Est-ce que ma préférence va vraiment vers le temps passé à aller sur les blogs laisser des coms, écrire un post? Si oui, alors on a fait un choix et qu'il ne nous reste pas assez de temps dans les 24h qui nous sont imparties dans notre journée pour le reste importe peu et nous n'avons pas à nous justifier. Ce qui est important n'est pas ce que nous n'aurons pas eu le temps de faire mais la façon dont nous aurons utilisé notre temps, dont nous aurons pris le temps pour répondre à nos propres choix.
 

Juste une suggestion: tout à l'heure, demain, dans une semaine, prenez 2 heures, éteignez le téléphone, ne regardez pas votre messagerie électronique, isolez-vous, prenez une feuille de papier: 2 lignes (ce que j'aime faire, ce que je n'aime pas faire), 2 colonnes (ce que je fais bien, ce que je fais moins bien). Remplissez les cases. Dans la case "ce que j'aime faire/ce que je fais bien", posez-vous la question de ce que vous voudriez réaliser dans les 6 prochains mois. Soyez hyper concret, il ne s'agit pas de concept philosophique. Quand vous visualisez ces résultats, transformez-les en objectifs, puis en action à réaliser. Enfin, prenez votre agenda et réservez du temps dans l'agenda (intelligemment choisi) pour faire ces actions. Donc prenez des engagements avec vous-même dans votre agenda sur les 6 prochains mois pour réaliser ces objectifs. Les 2 heures sont passées ? Comment ça va ?

Tiens, vous avez eu le temps de travailler sur l'essentiel car vous avez pris le temps...
 

Alors, qu'en pensez-vous? Prendrez-vous le temps de lire et de répondre et nous dire comment vous, vous prenez le temps?

 
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