28/12/2009

Il en faut peu... souvenir d'un Noël!

fin de fête
Après la fête.

 
Voilà, la fête est finie... en attendant la très prochaine.

Mais Noël, la magie de Noël, a-t-elle eu lieu pour nous, pour vous? J'ai demandé à mes voisins, mes amis, des proches ou moins proches... tous sont unanimes: oui, Noël reste magique et rend heureux. Chacun a fait un effort côté porte-monnaie, soit en réalisant quelques économies avant, soit en se jurant de se restreindre après quitte à avoir quelque souci avec leur banquier. Mais ce sont les enfants qui ont bénéficié de ces efforts surtout. Eh oui! Nous préférons privilégier nos têtes blondes, quitte à décider de ne rien faire pour les grands et je trouve çà bien.

Là je parle des familles, des personnes qui n'ont pas de problème particulier, de santé, d'argent, de couple ou que sais-je! Chez ceux-là, la joie n'était pas vraiment au rendez-vous même si les associations ont fait le maximum pour leur mettre un peu de baume au cœur.

Parfois il en faut peu pour rendre un sourire à une personne. Je me souviens du Noël 84: j'étais à l'hôpital, je venais de sortir du coma. Nous avions envoyé nos enfants au Tchad pour ne pas les traumatiser: ils savaient que j'étais rentrée malade en France, pas plus.

Je n'avais droit qu'à une petite heure de visite. Comme tous les soirs j'ai dit au revoir en pleurant de faiblesse et de détresse à mon mari. Il est parti puis revenu quelques instants après, avec les bras chargés de fleurs que je n'ai pu voir qu'à travers la vitre bien sûr et une très belle montre d'un joaillier de la rue de la Paix que j'ai pu garder au poignet toute la nuit. Et surtout, surtout, il avait prévu du pain et du saucisson avec un très bon vin rouge. Il a saucissonné là près de moi et il est resté toute la nuit sur la chaise collée au lit en me tenant la main, avec la complicité du chef de service. C'est cette nuit-là que j'ai retrouvé le sommeil: depuis ma sortie du coma, avec les lumières crues en permanence, le bruit et la gène des appareils, malgré les calmants, la faiblesse... je n'avais pas dormi plus d'1/4d'heure à la fois de jour comme de nuit.

Ceci pour vous dire qu'il en faut peu pour être heureux, mettre du baume au cœur: une présence aimée ou amie, un sourire, quelques mots... je le sais si bien que je ne l'oublie jamais.


Et hop, on s'élance pour la dernière ligne droite 2009!


AB asignat doré

08:00 Écrit par Mireille dans Journal perso | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/12/2009

Premiers sapins: souvenirs d'enfance.

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Le sapin de noël chez nous, on le décorait le 24 décembre au matin alors que la crèche était prête depuis quelques jours déjà. Mon frère aîné et mon père partaient le choisir en forêt le 23. Comme les plafonds étaient très hauts à l 'époque, surtout dans les maisons de campagne, ils ne lésinaient pas sur la taille d'autant qu'il fallait éclaircir les bois. Donc, généralement le sapin touchait le plafond, voire même se recourbait au faîte. Ajoutez à cela que les souvenirs d'enfant sont toujours surdimensionnés et vous aurez une idée de la taille qu'avait notre sapin pour la petite fille que j'étais.

Nous réunissions tout ce que nous avions préparé pour le décor: des boules de platane recouvertes de papier doré ou argent, des étoiles, pères noël et autre figurines en carton, des pommes de pin (des pignes) peintes dans toutes les couleurs dont nous avions disposé, des guirlandes aussi, en carton mais quelques-unes que maman achetait. Elle nous offrait tous les ans quelques boules mais à l'époque c'était très fragile, elles étaient dans une matière, genre ampoules, et il y avait de la casse. Nous mettions aussi des papillotes dans leurs jolis papiers rouges, verts et bleus, des mandarines et oranges,  des petits sachets de noisettes et noix que maman confectionnait pour nous dans du tissu dentelé. Le coton symboliserait la neige et  nous possédions des bougies à clipper sur le bout des branches du sapin.

Mon frère aîné s'aidait d'une échelle et installait la pièce maîtresse: l'Étoile du berger! Je crois bien que j'ai toujours vu cette étoile chez nous. Elle est actuellement dans la famille de ma sœur, l'aînée de la famille, ainsi que notre grande crèche.

C'était pratique: mon frère Paul et moi, les plus jeunes, nous décorions le bas de l'arbre, ma sœur Carole et mon frère Alex s'occupaient du milieu tandis que les plus grands se débrouillaient avec ce que nous voulions bien leur laisser pour meubler le haut. Nous discutions ferme, nous tenions tant à ce que notre partie soit la plus belle! J'aimais par-dessus tout lancer le coton, je chargeais toujours trop et je soupçonne maman d'avoir retiré souvent une partie de ma « neige » lorsque j'étais au lit.

Nous disposions nos chaussures bien cirées au pied du sapin, à côté de la crèche. Un verre de vin, quelques fruits secs et une petite tranche de pain étaient prévus pour restaurer le père noël.

Il était magnifique notre sapin et ce n'est que le soir au moment du repas que nous allumions les nombreuses bougies. Elles ne brûleraient pas longtemps et ce soir-là seulement. Gare au feu disait papa.

C'est surtout le parfum de cet arbre frais coupé que je garde en mémoire: une odeur très présente que j'ai recherchée longtemps dans mes noëls aux sapins standardisés.

 
AB asignat doré

10/11/2009

Plaisir de rire: journal perso.

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Comme vous pouvez voir, Toulouse porte bien son nom de ville rose!

 
Il faut que je vous raconte çà: j'ai une maison pas loin de Toulouse, très belle ville d'ailleurs et nous y allions très souvent, avec ma fille, qui y faisait ses études, et des amis. Ce soir-là, nous fêtions gaiement l'anniversaire  de je ne sais plus qui, nous étions un groupe de jeunes et moins jeunes et nous avions (pas moi, je ne bois pas) pas mal arrosé la chose dans un restaurant espagnol. Oui parce que Toulouse est très tournée vers l'Espagne proche!
En sortant, longeant les quais de la Garonne on voit un gros attroupement, du mouvement, plutôt sympa. Bien sûr, nous allons voir! Il s'agissait du tournage du film « Ma saison préférée » avec Catherine Deneuve et Daniel Auteuil.

La scène: c'est le 14 juillet, un bal populaire au bord de la Garonne le soir, Daniel Auteuil marche rapidement et rejoint Chiara Mastroianni, qui faisait ses débuts aux côtés de sa mère, et tous deux se mettent à danser.
C'est très rapide la prise, on ne s'en rend pas compte au cinéma, mais les actions défilent.

Nous demandons à un assistant s'il serait possible, puisque c'est une scène de foule, de participer au tournage. Il accepte et nous explique un peu: on s'adosse au parapet qui descend vers la Garonne où se tient le bal. C'est très en pente et il y a beaucoup de monde. Certains doivent également remonter la route, d'autres descendre, tout cela sans gêner  Daniel Auteuil.

Et c'est parti: je suis dans le groupe, en compagnie de ma fille,  des flâneurs qui remontent la rue. Et Daniel Auteuil descend rapidement, je me retourne pour voir si ma fille suit et paf! Je rentre dans Daniel:)! fou rire garanti surtout dans le groupe de potes qui a sagement choisi de jouer les badauds contre le parapet: comme ils sont un peu saouls, ils sont bien tenus, accoudés là!

André Téchiné fait reprendre la scène, chose qu'il avait déjà faite pas mal de fois déjà à notre arrivée. Il donne ses instructions du haut de son perchoir (il s'agit de ces caméras à long bras, avec un siège pour la personne qui supervise la prise). Et il nous demande d'être un peu plus nombreux sur la piste de danse. Bien sûr, tout notre groupe décide d'aller s'amuser un peu à se trémousser sur l'air de Carmen arrangé sauce bal populaire sous les lampions. Et nous y allons de bon cœur! puis stop, puis reprise... çà dure.

Finalement Téchiné dit dans son porte-voix: « vous êtes très sympathiques amis toulousains mais peu disciplinés, quand Daniel descend il faudrait que vous dégagiez le trottoir pour éviter de le gêner, lui et le mouvement de la caméra ».

Et nous en bas, les fêtards qui commençons à nous lasser de se marcher sur les pieds on commence alors à scander sur l'air de « CRS, SS » bras levé genre manifestation « Li bé rez, le  tro  toir...! » et de rire comme des fous. Nous étions bien une 60aine de personnes, principalement de jeunes étudiants, Toulouse est une ville étudiante d'où son dynamisme.

Franche rigolade de l'équipe, même Auteuil était plié de rire.

Puis le tournage a repris à peu près dans le calme.  Pour nous remercier, Téchiné a invité tous les participants à un petit casse-croûte avant de passer à la scène suivante. Mais notre groupe commençait à tirer ses dernières cartouches, nous avons jugé plus sage de rentrer.

Quand le film est sorti, il passait en première à Toulouse, nous nous sommes précipités pour voir « notre » scène! Déception: elle a été coupée au montage et comme je le comprends Téchiné:). Mais le film est très bien et Marthe Villalonga y est très émouvante.

 
AB asignat doré

21/10/2009

Le cinéma de papa: Journal perso!

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J'allais beaucoup au cinéma quand j'étais enfant: ma sœur, qui avait 7 ans de plus que moi, pouvait y aller tous les dimanches à condition d'être  "chaperonnée ". Et le chaperon, c'était moi!
Je me souviens de mon premier film: "Le corsaire rouge," avec Victor Mature. Enfin, je ne m'en souviens pas vraiment si ce n'est une scène avec ballon dirigeable je crois, mais sans certitude.
 
Nous nous mettions au balcon: ma sœur m'installait au premier rang puis elle rejoignait ses copains, au fond de la salle. Et c'était parti pour environ 4h de cinéma. Parce qu'on ne se contentait pas du film et quelques pubs locales à l'époque: il y avait un court-métrage: un film policier avec un acteur que je trouvais très beau, Louis Jourdan, puis un entracte suivi d'une série de pubs et de films animés ou des Charlots, Laurel et Hardy... et les actualités avec ces voix qui m'effrayaient un peu, un autre entracte et la présentation des films à venir et enfin le film, le tout évidemment coupé de  "caramels, bonbons, chocolats glacés...." proposés par les ouvreuses.

Mes films préférés étaient les westerns. Le genre avait beaucoup de succès à l'époque et pour cause,  c'étaient de très bon films et j'adorais  John Wayne, Gary Cooper dans  "Le train sifflera 3 fois " avec Grace Kelly, sublime bien sûr!
Mais aussi d'autres merveilles du cinéma comme "Gilda " servi par Glen Ford qui m'émouvait beaucoup et la merveilleuse Rita Hayworth: je ne me serais jamais douté que la scène du gant deviendrait un grand moment de cinéma (on dit culte aujourd'hui!). Où l'érotisme allait se nicher n'est-ce pas? ...  Qui, de ma génération, n'a pas vu tous ces films?

J'ai vu  "Pour qui sonne le glas" , avec Gary Cooper encore et Ingrid Bergman: Je n'ai su que plus tard que ce superbe film était tiré du roman éponyme d'Ernest Hemingway, quand j'ai eu l'âge de lire le livre en fait! D'ailleurs, dans les mêmes conditions j'avais aimé  "L'adieu aux armes".

Bien sûr je n'ai pas raté James Dean, j'ai pleuré devant " A l'est d'eden", frémi devant  "La fureur de vivre " mais pas trop aimé  "Géant"!

Il y avait les péplums aussi avec le très beau Charlton Heston et Yul Brinner: je ne savais pas que je le trouvais sexy alors:)! j'étais une enfant!
Et puis les films français:  "La vérité sur Bébé Donge " m'a laissée sceptique. Disons que je n'y ai strictement rien compris!  Il y avait "Don Camillo "qui nous faisait beaucoup rire. "Fanfan la Tulipe" m'a charmée, il fut longtemps mon film préféré, sans doute le physique de Gérard Philipe n'étant pas étranger à cet engouement de gamine.  "Nous sommes tous des assassins" m'a énormément marquée au point que maman s'est demandée si elle était assez vigilante dans le choix des films par ma sœur.

Avez-vous vu  "Le salaire de la peur "?  Vanel et Montand nous ont fait trembler de frayeur: explosera, explosera pas???

Puis Brigitte Bardot est venue montrer un autre chemin, avec les nouveaux cinéastes, une autre manière d'approcher et de filmer les acteurs en France, Marilyn, Marlon Brando et tant d'autres encore à Hollywood....

Je me rends compte à quel point ces années  "d'accompagnatrice"» ont formé ma culture cinématographique de l'époque.
Alors vous comprenez bien que, malgré qu'il lui soit arrivé de m'oublier à la fin de la séance et que j'aie dû attendre qu'elle s'en rende compte et revienne me chercher, tremblant de peur et  de froid, je n'ai jamais trahi ma sœur!

Et peut être n'est-ce pas un hasard si mon film préféré aujourd 'hui est  "Cinéma paradiso"» avec le grand Noiret!

 
AB asignat doré

28/09/2009

Les bals populaires: Extrait de journal perso.

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Ma sœur Carole et moi, nous avions peur la nuit. Il est vrai que nous vivions à la campagne sans vraiment être de la campagne: la périphérie de Marseille. Et nous sortions souvent le soir, surtout l'été avec les bals de quartiers que nous n'aurions manqués pour rien au monde. Je me souviens que, dés que nous approchions de la place où se tenait la fête, dés les premiers sons de musique, nous enlevions nos chaussures  et nous courions pour n'en rien perdre. Et la nuit nous semblait toujours trop courte.

Nous étions très demandées parce que très bonnes danseuses toutes les deux. Nous ne sentions pas le mal aux pieds, la fatigue... Nous passions de bras en bras, nous tentions tous les concours de rock, de chachacha, de tango ou rumba. Nous nous  amusions beaucoup! Quelle période fabuleuse, d'insouciance, de joies, de bonheur!!!
Mais, nos nuits de danse terminées, après le dernier slow, il fallait rentrer, à pieds bien entendu! A moins qu'un ami véhiculé, ce qui était rare à l'époque, nous propose de nous ramener.

Nous prenions donc notre petite traverse et nous marchions sur la pointe des pieds pour ne pas être entendues mais aussi pour repèrer l 'éventuel agresseur qui nous guettait dans l'ombre:)!!!

Un soir nous perçûmes des voix, plusieurs voix masculines. Nous nous regardâmes, épouvantées. Pour moi je me souviens que la chair de poule courait tout au long de mon dos, mes jambes flageolaient... . Et ma soeur ne valait guère mieux. Fuir? Impossible dans cette traverse caillouteuse, juchées sur nos talons aiguilles. Et se cacher, mais où? Dans le mur? Sous un arbre? Nous n'avions que çà pour nous sauver et nous étions plantées là à chuchoter et trembler tandis que les voix approchaient. Lentement, nous ôtames nos chaussures et les brandîmes, armes dérisoires qui ne nous rassurèrent pas.

Les trois hommes tournèrent au coin du chemin, le lampadaire les éclaira de plein fouet et nous pûmes voir leurs têtes: trois hommes ordinaires aussi surpris que nous étions terrorisées qui nous hélèrent:

- "N'ayez pas peur mesdemoiselles, on ne vous veut aucun mal".

Et pour confirmer leurs propos ils partirent tous trois d'un grand éclat de rire qui nous apeura davantage si possible.
Mais c'était vrai et ils nous proposèrent gentiment de faire un bout de chemin avec nous: ils revenaient d'une partie de pétanque nocturne et nous ne fûmes pas surprises d'apprendre que notre père y participait.

 
signat doré

23/09/2009

Mes premiers textes: Extrait de journal perso.

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A quel âge cesse-t-on de croire au Père Noël? C'est à l'époque où j'y croyais encore que remontent mes premiers souvenirs de cahiers d'écriture. En tous cas il me semble que mon premier fut celui là, que j'écrivais sur un cahier à lignes que la maîtresse m'avait donné, ainsi que des crayons de couleurs et bien sûr le crayon à papier qui allait avec: un vrai trésor car à l'époque, le matériel était distribué par l'école et utilisé pour l'école, cahier de 32 pages recouvert de ce papier bleu, un peu brillant qui sentait si bon! Ouvrir un cahier neuf n'est rien pour les enfants d'aujourd'hui mais pour nous c'était une fête!

J'étais une bonne élève et , en récompense spéciale, plutôt qu'un bon point ou une image, il m'avait été donné ce matériel que j'allais pouvoir utiliser à ma guise!

Parce que j'aimais inventer des histoires, je décidai d'en écrire là, dans ce cahier secret. Je commençai par y mettre un petit conte  de Noël bien sûr puisque cette fabuleuse fête approchait, que j'illustrai d'un beau sapin décoré de boules. Je précise que je dessinais très mal! Enfin, c'est-ce que je crois puisque je suis si mauvaise illustratrice mais à l'époque évidemment j'admirais mes chefs-d'ouvres. J'ouvrais mon cahier dans la chambre que je partageais avec ma sœur et j'admirais mon écriture d'enfant appliquée, les mots, le dessin très coloré et j'étais heureuse et fière. Dés que je percevais un bruit, hop! Je fermais le précieux cahier et le glissais dans mon tiroir de chevet.

Puis un autre texte vint, en vers celui-là. Je trouvai ce mode d'expression plus simple pour moi, une rime en amenant une autre et je continuai mes illustrations. Sur la page de droite le texte, sur celle de gauche le dessin. De petites choses simples: la poupée amoureuse du beau soldat , elle dans sa jolie maison de bois, lui dans la bataille qui se livrait juste là, dans la chambre de mon frère à côté! Je me souviens très bien de ce texte parce que j'ai beaucoup pleuré à la relecture. J'ai oublié les autres, je ne pourrais vous en parler. Je sais cependant que souvent des Pères Noël à longue barbe y figuraient.

Noël, le jour de l'an, passèrent et mon cahier s'étoffait de mes contes et poèmes. Je le jugeais magnifique en toute modestie et brûlais d'envie de faire découvrir ce talent qui m'était venu.  Alors, à la fin de ces vacances d'hiver, j'offris mon cahier à maman.

Elle l'ouvrit d'abord avec un petit sourire attendri pensant y trouver les gribouillages de petite fille de mon âge. Puis elle lut! Que lui inspirèrent ces petits textes naïfs, je ne sais pas trop. Elle sécha une petite larme, me demanda l'autorisation de le montrer à la famille: bien sûr je permettais, imaginez mon bonheur de voir enfin reconnu mon travail! Car pour moi c'était celà! J'avais tant investi d'amour, d'heures d'application... et puis pour moi si timide, la petite dernière... j'étais gonflée d'importance:))!

J'ai gardé par la suite une certaine aisance à m'exprimer par écrit. Je ne craignais pas mes débordements d'imagination dans mes rédactions. J'avais trouvé là le moyen de m'extérioriser, de conjurer cette timidité qui me paralysait et ne redoutais plus de me lever pour avoir à lire mon texte à la classe quand il se révélait être le meilleur ce qui, disons le, arrivait très souvent! Et puis je choisissais un vocabulaire riche, imagé, une habitude que j'ai perdue quand je me suis mise vraiment à l'écriture: là j'ai toujours écrit avec des mots très simples, ceux de la vie quotidienne. C'est-ce que je fais encore aujourd'hui!

 
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17/08/2009

Petite enfance. Extrait de journal perso.

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Lorsque j'étais petite fille et d'ailleurs encore maintenant, j'adorais aller au marché. Alors l'été, maman nous réveillait tôt ma sœur et moi, nous déjeunions d'un délicieux pain perdu puis nous partions à la fraîche car, disait maman, les bons produits ne nous attendront pas sur l'étal! Et il fallait voir un marché en Provence dans les années 50!

 
Bien sûr nous passions prendre les légumes pour la ratatouille et le pistou,  le poisson frais (ah! Les petits rougets à griller, les sardines encore frétillantes...!), mais aussi les tripes pour préparer les pieds-paquets! Qui ne connaît pas nos pieds-paquets de Provence n'a jamais rien goûté! Je ne pourrais pas vous en donner la recette, je ne la connais pas et les tripiers se sont faits très rares de nos jours: j'achète les inégalables pieds-paquets de Sisteron en bocaux de verre, ils sont fameux dans toute la France... et même ailleurs! Mais en ce temps-là, c'est maman qui s'y mettait: des heures de travail!

 
Vous l'aurez compris, les marchés étaient très colorés et très vivants mais ils avaient cette spécificité: les vendeurs de brousses du Rove, un fromage unique, qui a sa propre recette de bergers faisant  paître leurs chèvres dans ces collines arides du quartier du Rove entre l'Estaque et Martigues. Les marchands, soufflaient dans leur cornet de cuivre pour rameuter les clients et hurlaient comme seuls les marseillais savent le faire: aaaah qu'elle est belleee ma brousse madameee, elle est belle, elle est fraîèèche » et c'était vrai qu'elle était fraîche et savoureuse. J'en mange encore aujourd'hui mais elle est moins parfumée, sans doute parce que les chèvres broutent une herbe toujours aussi rare mais sans doute bien plus polluée. 

Les glaciers fonctionnaient sur le même principe avec leur vélo à 3 roues. Je ne parle pas là de glaces en cornets mais de pains de glace à rafraîchir pour nos glacières. Nous avions aussi les pognes, du Rove encore, les seules, les vraies: brioches rondes parfumées à la fleur d'oranger. Et bien d'autres spécialités que je vous vante ici et là sur ce blog.

 
Puis nous déposions nos paniers dans un café, nous buvions une orangeade et, pour  me faire plaisir, maman nous emmenait sur la place de La Plaine faire un tour de manège: horreur! J'avais peur, j'étais malade et qui plus est, timide comme on en fait peu, je n'aurais jamais osé attraper le pompon qui vous donnait droit à un tour gratuit. La dame du manège qui me trouvait bien mignonne et voyant maman, semaine après semaine, m'expliquer comment tirer sur le pompon que pourtant on me fichait sous le nez pour qu'il n'y ait pas de malentendu: il était bien pour moi ce fameux tour en plus, m'offrait malgré tout le ticket-sésame et c'était parti pour un autre moment de cauchemar.

 
Mais jamais au grand jamais je n'aurais avoué, craignant de faire du chagrin à maman, que j'aurais donné tous les tours de manège du monde pour au moins une fois prendre le tramway 68 qui, venant d'Aubagne,  passait sous la place de La Plaine en zigzags et chaos dans un long tunnel (pensais-je alors), et nous amenait à la gare de l'Est à deux pas de la célèbre Canebière.

 
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09/07/2009

Marthe. Extrait de mon journal Perso.

le vieux chène

 
Ma grand-mère maternelle, Claire, avait 3 enfants quand son mari, jeune officier, mourut à la guerre. Son fils aîné Jean l'aidait à élever les plus jeunes: mon oncle Albert et ma mère Marthe.
 
Elle n'était pas une fillette facile la petite Marthe, elle faisait preuve d'un sacré caractère. Ainsi quand elle avait 9 ans seulement elle rentra un jour de l'école en disant à sa mère et à son grand frère que la maîtresse leur demandait de passer le lendemain: en fait elle avait dit merde à la maîtresse qui informa ma grand mère que cette enfant devait manifestement en connaître plus qu'elle. Elle accepta sur l'insistance et la confirmation d'une sévère punition, de reprendre Marthe en classe: il faut dire que la petite était une élève douée et puis n'est ce pas, une orpheline de guerre... Mais si de nos jours une telle chose paraît banale, imaginez à l'époque dont je parle!
 
Ma grand mère se remaria avec un veuf qui avait lui-même un fils Lucien, de 6 ans l'aîné de Marthe et, quelques années plus tard, pour des considérations d'intérêts familiaux, les 2 jeunes gens furent mariés. Si Lucien était heureux de cet arrangement il ne faisait pas vraiment le bonheur de sa jeune femme. Elle pleura beaucoup me dira-t-elle un jour puis se résigna quand elle s'aperçut qu'un enfant allait naître. Ce fut une petite Lucienne et peu de temps plus tard Lucien, bien assis dans son rôle de mari, se mit à rentrer tard et éméché. Aux reproches de Marthe il répondit par des coups.
Marthe se plaignit à sa mère espérant un peu d'affection et de soutien! peine perdue. Elle tint le coup jusqu'au premier anniversaire de la petite Lucienne, une soirée mémorable pour elle par la violence des coups subis. Elle partit!
 
Imaginez une chose pareille: elle demanda le divorce! Elle n'avait pas 19 ans mais elle osa se mettre au ban de la société malgré le courroux de sa mère et la désapprobation de son frère Jean qui l'avait élevée. Seul son frère Albert la soutint. En cela il prit une énorme place dans sa vie. Elle put s'installer chez lui qui venait d'épouser la douce Charlotte.
 
Charlotte s'occupait de la petite Lucienne tandis que Marthe travaillait en usine. Un travail écrasant mais qui lui permettait de participer financièrement à ses besoins et ceux de sa fille malgré que oh! Albert et Charlotte ne lui auraient jamais rien demandé, ils n'étaient même pas d'accord pour la voir travailler, s'éloigner de la petite fille.

Elle rencontra mon père dans une guinguette un dimanche après midi, comme souvent les jeunes gens de cette époque. Il était beau, il dansait bien, il faisait figure de héros lui dont les parents comédiens avaient quitté l'oppression de l'Espagne. Elle en tomba follement amoureuse et là aussi elle brava la famille: elle l'épousa, un étranger fils de saltimbanques...
 
Oui elle en avait du caractère Marthe et elle n'a pas eu une vie ordinaire pour l'époque dans laquelle elle a vécu, le milieu social qui était le sien.
 
J'ai connu ces grands-parents-là: Claire ma grand-mère qui maltraitait ma nièce Anne Marie, la fille de ma demi-soeur Lucienne par vengeance envers sa grand-mère (ma mère), et son mari, père de Lucien qui vivaient tous deux chez Lucienne; et Lucien bien sûr qui passait mais rarement, voir sa fille et son père. Chez nous vivait mon grand-père paternel le "saltimbanque", devenu veuf.
Quelles empoignades mémorables entre tous ces "vieux" réunis les après midis d'été sous Le Grand Chêne qui donnait son nom à la propriété! Oui car si chacun avait sa petite maison, nous vivions tous sur cet espace que mon père avait acheté pour se marier: Nous habitions dans la maison principale puis des logements avaient été aménagés sur l'arrière dans les anciennes écuries et porcheries
.

 
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01/07/2009

Attendre l'Afrique: Extrait de Journal Perso.

Les photos que je mets sur ce post ne m'appartiennent pas mais illustrent bien mon lieu de vie en fin des années 60, l'époque de cet épisode de ma vie.

 
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Les allées du Prado et le marché cher à mon coeur!

 

Mon jeune mari passait beaucoup de temps à lire les petites annonces. Il préparait disait-il, notre avenir. Il est vrai que le poste qu'il occupait ne correspondait pas vraiment à ses qualifications et qu'il était sous rémunéré ce qui le chagrinait beaucoup lui qui voulait offrir le meilleur à sa famille.

Je ne reprendrais pas le travail: les crèches étaient rares à l'époque et les nounous encore plus surtout dans un quartier assez huppé où les femmes n'avaient pas pour vocation de confier leur progéniture pour aller travailler. Ce côté-là de ma maternité m'ennuyait un peu mais compensé par le fait de pouponner mon petit ange.

Nous étions heureux! Notre petite maison se situait dans la cour d'un immeuble bourgeois et nous disposions d'un jardinet et surtout de soleil toute la journée. J'adorais, moi qui venais de la campagne où le fait d'acheter une baguette impliquait de faire 3kms, descendre ma rue pour me retrouver sur les allées du Prado, à 2 pas de la place Castellane, profiter du marché tous les jeudis matin et quel marché! et des belles boutiques de ce beau quartier. En 1/4 d'h j'étais dans le centre ville, je descendais la rue de Rome et me voici sur la Canebière, le Vieux Port me tendait les bras... Dés les premiers beaux jours nous installions Fred dans sa poussette et nous allions le soir au Parc Borély, l'été nous y faisions du canotage sur le lac. Là nous étions pratiquement à l'immense plage du Prado dont nous ne nous privions pas.

Le bonheur vous dis-je!

 
borely années 60
Le Parc Borely fin des années 60: notre lieu de promenade du soir.

 
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La plage du Prado à l'époque dont je parle...

 
plage prado le soir
... et la même aujourd'hui, mais de nuit!

 
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29/06/2009

Les vacances. Extrait de mon Journal Perso.

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Collines de Château Gombert.

 
Je vous l'ai dit déjà, enfant je vivais dans la campagne en périphérie de Marseille. Pour vous donner une idée du lieu, si vous avez vu le château de ma mère et la suite de Pagnol, vous avez là un aperçu : Pour lui, les collines étaient le Garlaban, pour moi, celles de Château Gombert, mais toujours le Massif de l'Etoile et pas moins belles, pas moins pleines de sentiers aux senteurs Provence garantis où nous nous ébattions l'été venu avec un bonheur tous les ans renouvelé. Nous prenions garde, et nos parents ne cessaient de nous le rappeler, à ne jamais faire de feu dans ces lieux sacrés mais très secs où tous les ans des incendies, criminels ou pas, se déclaraient. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui.

Nous faisions la cueillette de baies à confiture, ma préférée étant celle de mûres de ronces. Équipés de crochets de notre fabrication, nous nous arc-boutions pour attraper les plus éloignées qui, c'est bien connu, sont toujours plus belles, plus grosses. Et nous rentrions la bouche violette d'y avoir goûté,l es mains et les bras en sang. Maman n'avait pas le droit d'attendre: vite, nous l'aidions à laver à la fontaine notre énorme provision et hop! Au feu. Nous salivions devant le chaudron parfumé et nous adorions quand elle nous proposait à tous un bol brûlant de la préparation pour "vérifier" la cuisson:)!

Mais ce que j'aimais par-dessus tout c'est, après l'un de ces orages d'été qui nous laissait tremblants de peur, dans la quasi obscurité en plein après-midi, sortir dés les dernières gouttes pour ramasser les limaçons.
Çà n'a plus trop court de nos jours: il s'agit de ces petits escargots, blancs à marrons en passant par le beige, aux rayures en spirales, qui s'accrochent en grappes aux tiges montées des fenouils sauvages dont ils se gorgent de la saveur anisée. Nous avions nos coins, pas la moindre petite tige de fenouil ne nous échappait! Nous  prenions les plus gros  et veillions à en laisser toujours suffisamment pour assurer la relève, écolos avant la lettre que nous étions!
Nous les transportions dans des paniers à salade de l'époque, tapissés d'un torchon pour éviter l'évasion.
 
Maman les laissait dégorger 2 ou 3 jours dans des cages grillagées puis elle les préparait à l'aïgue sau, littéralement eau salée. Il s'agit en fait d'un bouillon  bien salé et poivré agrémenté de fenouil bien sûr, bouquet garni, ail et oignons, blanc de  poireau  et petits bâtonnets de carottes mais surtout d'une peau d'orange entière gardée et séchée de l'hiver. Je ne vous en dis pas plus, il est impensable que quelqu'un  envisage de nos jours de préparer ce délice que les grands dégustaient à l'apéritif avec un pastis bien frais pris sous un énorme chêne mais que nous enfants, nous mangions dans des bols, assis sur le pas de la porte, en tirant les limaçons de leurs coquilles avec une aiguille à coudre: un régal!

Et d'ailleurs puisqu'on en parle, je me souviens sur les marchés, les vendeuses de ces délicieuses petites bêtes, leur chaudron rempli, les cornets de papier gris déjà roulés et criant pour attirer le client: « à l'aïgue sau les limaçouns y'en a des graüs et des pitchouns »! Vous aurez compris à l'eau salé les limaçons, il y en a des gros et des petits, mais c'est moins chantant n'est-ce pas dit comme çà?

 
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L'aïgue sau!

 
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20/06/2009

Et puis la vie... Extrait de mon journal perso.

C'est le passage de mon journal qui a inspiré le titre de ce blog vous l'aurez compris! Le bonheur, la vie, tout simplement!

 
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Enfin, j'étais sortie de l'emprise familiale! les premiers mois furent difficiles puisque j'ai dû arrêter de travailler et mon mari avait quitté son emploi comme il s'y était engagé. Il était entre deux boulots, moi je touchais mes prestations sociales et nous organisions notre vie de futurs parents: enfin un vrai bonheur, profond, sans concession! je vivais ma grossesse comme les premiers jours du monde. Je sentais ce petit être bouger, je lui parlais bien sûr, comme font toutes les futures mamans, mais en étant persuadée être la première à connaître ce bonheur de cet état d'attente.

 

J'ignorais le sexe, on ne faisait pas d'écho à l'époque, et j'envisageais une petite fille. Mais quand Fred est venu, mais comment décrire cela? Il n'y a pas de mots pour le dire, seules les nouvelles mamans savent! Peu importent alors les douleurs (pas de péridurale), l'attente dans la salle de travail qui a duré des heures... rien, plus rien que ce petit bout d'homme que la sage-femme vous remet avec délicatesse, tout rouge et braillard mais si beau, si fin, si fragile... Allons, la 7ème merveille du monde! Il est enfin là et vous êtes écrasée par la responsabilité de lui avoir donné le jour. Vous savez, aussi sûrement que le monde est monde que plus rien jamais ne sera pareil!

 

Nous avons ramené le Saint Graal à la maison et c'est sur son souffle que je passais mes heures. Il suçait mon sein et c'est ma vie que je lui offrais encore une fois, à chaque fois!

 

Je ne parle pas beaucoup du nouveau papa, c'est vrai. Eh bien, il était très présent auprès de son fils mais de moi aussi. Il participait à tout. Il avait commencé sa nouvelle vie d'homme à terre et çà le préoccupait lui qui n'avait jamais connu çà et il avait beaucoup de mal à s'y contraindre je crois. Il épluchait les petites annonces pour trouver un job à l'étranger, en Afrique de préférence. Mais il ne s'est jamais plaint d'avoir dû quitter la mer et un salaire si confortable.

 

Et il était là, admiratif devant l'enfant, mais il lavait les couches aussi (eh oui!), faisait la cuisine et les courses, aidait aux tâches ménagères... Quand il partait avec Fred dans son landau je n'étais jamais tranquille et il le savait alors il faisait des sorties de plus en plus longues pour m'habituer doucement mais c'est ensemble généralement que nous sortions: une vraie petite famille. Je ne me rendais pas compte mais nous étions très jeunes et les voisins s'émerveillaient de nous voir si responsables, si prévenants!

 

Ce fut une belle période de ma vie. Dieu que nous étions heureux!

 
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16/06/2009

L'avant: Extrait de mon journal perso.

 Copie de morrisson joplin emblêmes des années60
Joplin, Morrison: symboles d'une génération!

 

 J'ai rencontré celui qui deviendrait mon mari dans un restaurant où j'avais trouvé un boulot de serveuse pendant la période estivale. Mon père et ma sœur exigeaient de moi une rentrée d'argent régulière et ne me laissaient pour argent de poche que le strict minimum. Je n'étais pas difficile, je prenais tout ce qui se présentait. J'en ai exercé beaucoup de petits boulots qui souvent ne me rapportaient que ce qui devait être ramené à la maison. Je n'ai jamais non plus envisagé de me rebeller contre cet état de fait: une jeune fille douce, gentille et docile!
 

J'étais en attente de ce poste si convoité dans la pub: Je n'y faisais pas d'étincelles. Je faisais de l'encadrement d'une équipe qui cherchait (et parfois trouvait) des slogans, imaginait des astuces tirées par les cheveux je crois bien... pour promouvoir auprès des "ménagères de plus de 25 ans"  des produits d'entretien, de beauté, etc... Eh oui, Chef d'équipe moi! avec ma timidité maladive mais avec pour bagage ma bonne volonté! J'ai passé là des moments formidables d'amitié, de complicité, dans une entreprise qui ne parlait encore que de réclame, le mot publicité a émergé à peu prés à cette époque.
 

Mon fiancé lui, naviguait. Mais il savait déjà qu'il quitterait ce monde-là pour fonder notre famille. En attendant, et parce qu'il partait pour 6 à 10 mois parfois, je le retrouvais dans les ports les plus proches pour 4 ou 8 jours, selon la chance. Heureusement que mon employeur était compréhensif!!!
 

Et je m’amusais aussi beaucoup malgré ma vie de famille si compliquée! Ces années 60 étaient faites d’insouciance, d’émergence de musiques, des petites boites sympas où nous les filles étions très favorisées puisque l’entrée y était gratuite et on pouvait y danser toute la nuit en sécurité; c’était l’époque des copains et de la solidarité entre nous les jeunes, face aux générations précédentes.

Puis je suis tombée enceinte comme on dit encore aujourd'hui. Et mon fiancé a quitté son emploi pour entrer dans une société de maintenance: plus question de voyager, nous allions nous marier. Nous avons opté pour juin.
 

C'était sans compter sur les soubresauts de l'histoire puisque nous étions en 68, plus personne dans les mairies, état civil compris, le mariage était reporté on ne savait quand! Les files d'attente s'allongeaient et mon petit ventre s'arrondissait, ô pas des masses hein! je n'étais pas bien grosse au point que dans le bus, enceinte de 6 mois, j'ai souvent dû laisser ma place aux futures mamans "prioritaires" qui pourtant étaient moins avancées que moi dans leur grossesse!
   

C'est donc le 10 août 68 que je suis passée devant monsieur le Maire. Une nouvelle vie commençait pour moi. Celle d'une jeune femme qui allait pouvoir enfin ne vivre que par ses propres choix, sans subir l'emprise d'un père, d'une soeur qui, pour peut être n'avoir voulu que mon bien n'en ont pas moins cherché que le leur dans ce que de nos jours on appellerait de l'exploitation d'enfant.

 
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05/06/2009

La fin de l'enfance: Extrait de mon Journal Perso.

Amoi

 

Je savais que çà ne passerait pas cette fois. Le matin, je me suis levée tôt, je n'avais pas dormi, j'étais en miettes tant je m'étais tournée et retournée dans mon lit. C'était un jeudi et à cette époque (l'année 1960) le jour de congé scolaire était encore le jeudi. J'avais beaucoup de devoirs: en 3ème, tout commençait à devenir sérieux, même pour une élève très douée. Et puis il me manquait quelques fournitures que je devrais aller chercher en début d'après midi chez le papetier.


Elle devait être opérée le matin. Encore une fois! Mais cette fois-là pour moi je le sentais, c'était différent. J'avais beau me dire que c'était seulement le fait d'être plus âgée qui me faisait prendre conscience enfin de la gravité de la situation mais non, çà ne me rassurait pas du tout. Alors je me disais: "fais tout bien, si tu te conduis particulièrement bien Dieu ne la prendra pas". Et effectivement j'ai tout bien fait: J'ai fait les courses, préparé le repas, fait les lits, le nettoyage de la maison à fond, lavé la vaisselle, j'ai été gentille, serviable, je ne me suis pas irritée quand mon frère m'a cherchée des noises pour une broutille, lui aussi devait être inquiet... j'ai tout fait comme il faut! Bien gentiment en pensant lui donner sa chance.


L'après midi, je suis partie chercher mes fournitures: 4kms! une promenade à l'époque. Mais tout au long du chemin je me disais: à quoi bon! Je sentais que le lendemain ne serait pas pour moi un jour d'école.
Pourtant je suis rentrée et me suis mise au travail sur mon coin de nappe dans la salle commune.


Vers 16h, mon beau frère est rentré. Nous nous sommes élancés nous les plus jeunes pour avoir des nouvelles mais je savais déjà. Je n'ai pas pleuré. Ma soeur Carole s'est écroulée (elle avait 20 ans) mais pas moi. Je n'ai rien dit mais je sentais mes yeux devenir immenses, mon coeur aussi, dilatée voilà! Je crois que c'est ce que j'ai ressenti. J'enflais de désespoir et j'étais seule pour toujours. A ce moment-là déjà j'étais seule. Je l'ai toujours été depuis. L'orpheline de 14 ans pleurerait sa mère pour le restant de sa vie. Dieu? qui est dieu?

 

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29/05/2009

Mon père suite: Extrait de mon journal perso.

Marseille la jetée
Marseille: La Jetée dans les années 50.


J'adorais ces journées. Nous nous installions suivant la hauteur des vagues côté large sur La Jetée ou côté quai où étaient amarrés les bâteaux, pour les jours de mistral. Le côté large était bien sûr mon préféré. Les vagues venaient nous éclabousser, nous sentions les embruns, l'iode trés présente qui creusait les estomacs bien avant l'heure du déjeuner....

 

Il fallait prendre garde à ne pas glisser sur les rochers mais le plaisir de poser ses canes au plus prés de l'eau était trés tentant. Aussi je m'aventurais, la journée avançant, à la limite d'être hâpée par le ressac. Et je pêchais! Là où personne n'avait de touche moi je tirais mon fil régulièrement et j'assurais la soupe du soir:)!  Quel coups de soleils nous prenions avec ma nièce! Nous rentrions le soir dorées comme des brugnions.
 
Le repas de midi était un moment privilègié et pourtant maintenant je me rends compte à quel point notre menu était modeste: maman nous préparait une salade dans un saladier emballé dans un torchon et bien calé dans la musette de mon père: tomates, pommes de terre, oeufs durs, olives, concombres... puis il y avait ces délicieux maquereaux au vin blanc dont je me délecte encore aujourd'hui, des tranches de rôti de porc, puis du fromage et en guise de dessert, melons jaunes ou pastêques. Nous avions toujours quelques bonbons dans un papier gris comme nous en utilisions à l'époque.

Ce repas était immuable: maman savait à quel point j'appréciais ces choses simples, le moment où Edouard mon beau frère allait ouvrir la boite de maquereaux, le jus des melons ou pastèques dégoulinant sur nos mentons... C'était LE menu de pèche!

 

Le soir il fallait refaire le chemin en sens inverse. Nous étions épuisées nous les petites filles par cette journée de grand air, nos espadrilles trempées, nos shorts frottant nos petites cuisses brûlées par le soleil... Mais nous ne disions rien, inquiètes de ne plus être choisies pour cette sortie exceptionnelle.

 

J'ai eu dans mon enfance des moments de joie mais peu partagés avec mon père. Des moments privilégiés veux-je dire, lui et moi. Pourtant j'étais heureuse, aimée, adorée par maman, mais mon père... Et je voulais tant qu'il m'aime!

 

 TRES IMPORTANT! Notre amie Nays a supprimé son blog par erreur et je suis sûre que vous aurez envie de la retrouver. Voici donc son nouvel URL en attendant qu'elle retrouve (peut être) son bébé:)!

 
http://naysretour.skynetblogs.be

 

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27/05/2009

Mon père: Extrait de mon journal perso.

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Je me souviens des matins bleus. Le soleil tôt levé inondait déjà les prés de sa lumière métallique. Mon père me réveillait à l'aube. Enfin, je crois que c'était l'aube! Nous prenions un café au lait c'est tout! Le matériel de pêche était prêt de la veille, maman s'occupait du casse-croûte du midi. Nous passions chercher mon beau frère, le mari de ma soeur aînée, avec ma nièce Anne Marie et hop! journée de soleil et de bonheur!

 

Il fallait faire 2 bons Kms pour arriver à l'arrêt du tramway. Ah! le vieux tramway de mon enfance, avec ses banquettes en bois qui se tournaient suivant qu'on voulait aller dans un sens ou dans l'autre, le composteur de billets, un monsieur en uniforme dont nous avions un peu peur, avec sa drôle de machine dont il tournait la manivelle aprés y avoir introduit nos 5 tickets! Eh oui car nous allions au terminus, aux Réformés.
Là, nous nous arrêtions dans le premier café de la place Gambetta et nous prenions enfin le petit déjeuner: café au lait crémeux, pain frais, beurre et confiture et aussi... un croissant!
 
Et puis nous repartions trés vite car le plaisir n'attend pas.

 

Nous descendions la Canebière déserte ou presque, les cantonniers nettoyant les caniveaux tandis que les garçons arrosaient à grande eau les terrasses avant d'installer tables et parasols. On se faisait souvent mouiller les pieds, par jeu bien sûr!
 

Puis nous longions le Vieux Port direction la Joliette, on passait le pont tournant (quelle émotion!) puis nous filions, sur la corniche qui fermait les quais.

C'était loin je sais pour de si petites filles mais c'était le prix à payer pour ces journées de bonheur.

 

A suivre...

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20/05/2009

Ma mère: Extrait de mon Journal Perso.

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   Du plus loin que je me souvienne, je l'ai toujours connue malade. Et je ne dis pas malade de bobos sans importance ou imaginaires non! malade du cancer. Ce qui a été le facteur déclenchant du désamour que mon père m'a porté: oui parce qu'elle a eu son cancer, de l'utérus dans un premier temps, dés après ma naissance. Il s'est généralisé par la suite mais c'est par là qu'il a démarré. De là à dire que j'en étais la cause n'est ce pas? C'est si simple d'accuser l'enfant qui est né plutôt que remettre en doute son propre mode de vie. Car enfin, s'il fallait des responsables, c'était bien du côté des parents qu'il aurait fallu chercher, je ne me suis pas fabriquée toute seule comme d'ailleurs les frères et soeurs qui m'ont précédée dans l'utérus de ma mère!

Mais non, j'étais coupable donc pas aimée de ce père que j'adorais pourtant. Par contre ma mère, peut être pour compenser et parce que vraiment j'étais une petite fille charmante et puis sans doute parce que tout simplement j'étais sa fille, sa petite dernière, me vouait un profond amour.

 

Les matins d'école je partais au petit jour parce que la route était longue. Dans une trouée de la haie, je l'apercevais qui me faisait toujours le même signe de la main, le baiser envoyé et moi, penchée par ce trou providentiel je lui renvoyais tout çà en soufflant dans les mains. Mais si un matin, distraite, j'oubliais ce rituel, quelle tristesse toute la journée et quels baisers au retour pour me racheter de ce "délit:)"!

 

J'étais une petite fille heureuse mais pas épanouie avec cette épée de Damoclès au dessus de ma tête: le départ de maman. Je comptais souvent dans ma tête: si elle meurt dans un an j'aurai... et là je spéculais sur ce que j'étais capable d'assumer toute seule puis bien vite, je chassais ces idées de mon esprit de crainte d'attirer le malheur et je culpabilisais d'y penser. J'aurais eu besoin de mots, de gestes qui ne se faisaient pas à l'époque, on ne parlait pas de ces choses-là. Sans doute ces années ont-elles forgées ma sensibilité extrême d'aujourd'hui, mon sens de l'écoute qui me fait choisir si souvent de façon naturelle par les personnes ayant besoin de s'épancher.

 

C'est ma joie et ma fierté de pouvoir, parfois, aider quelqu' un qui se trouve dans la peine, la détresse morale...; être ces bras, cette épaule que personne ne m'a tendus! Pourtant bien souvent moi aussi j'ai besoin d'écoute et c'est dans ce journal perso que j'ai écrit jour aprés jour que je trouve les mots: mettre des mots sur les évènements les plus douloureux, les sortir du coeur, de l'âme... exorciser les souffrances anciennes pour pouvoir profiter du présent!


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07/05/2009

Journal perso: la petite enfance!

Comme je le dis au début, je parlerai de tout un peu ici, dont quelques bribes de mon journal perso. Surtout ce qui est avouable hein, pas toujours été une sainte la petite!

Alors il y aura des évènements drôles et moins drôles mais qui font partie de moi et j'espère que vous aimerez me rencontrer sur ces terrains.

Je ne suis pas sur cette photo, c'est ma soeur qui a gardé tous ces beaux souvenirs, mais elle date de l'époque dont je parle, le début des années 50. Par contre nous portions tous les mêmes tabliers impeccablement repassés le lundi et bien défraîchis à la fin de la semaine (ils restaient à l'école).

 

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Mes premiers souvenirs remontent à mes 5 ans à peu prés. L'un des premiers: ma rentrée à l'école. Mon frère Paul et moi nous avions un an d'écart seulement, çà crée des liens. C'est donc tout naturellement que nous avons pris le chemin ensemble. Nous étions accrochés l'un à l'autre et n'avons pas bougé de la journée. Je n'ai pas de souvenir de la cantine, de la classe ou des récrés. Par contre je me souviens parfaitement de la petite cour et de son préau minuscule, la grille peinte en vert qui donnait sur la rue et nos petites mains accrochées aux barreaux. Nous avons d'autant plus pleuré, nous entraînant l'un l'autre que ma soeur aînée, qui devait venir nous chercher, était (et ce sera récurrent) en retard. Nous sommes restés seuls dans la cour, accrochés chacun à une jambe du pantalon du Maître. je précise que je ne me souviens absolument pas de cet homme mais mon frère m'a souvent raconté la scène.

 

Par la suite bien sûr, j'ai adoré comme beaucoup les classes, le départ dans le petit matin d 'hiver, le goûter de 10h, apprendre surtout, mon grand bonheur! Mais je jouais peu, avais peu d'amies: j'observais, tout se bousculait dans ma tête. J'étais une contemplatrice et c'est une bonne école de la vie çà! Je ne parlerai pas de l'odeur de la craie, du tableau noir... Nous avons tous les mêmes souvenirs. Par contre le vieux poële rond entouré d'une grille, qui nous endormait un peu par son ronronnement et sa douce chaleur me reste au coeur à jamais! 

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