15/07/2009

ELLE: Exercice d'atelier.

Exercice d’atelier encore mais il s’agit d’un texte plus ancien. Par contre je crois bien l'avoir posté sur 4 mains déjà, je ne sais plus.
En tous cas il s’agit de la phrase cachée, si le cœur vous en dit donnez-vous donc la peine de la chercher? Peut-être un changement de style, ou une incongruité dans la logique du récit vous mettront-ils sur la piste! Personnellement j’ai eu du mal à la retrouver après tout ce temps:) ! Comme vous voyez, encore autre chose, un autre style plus sentimental, l’humour là n’a pas sa place mais je m’y retrouve aussi, je ne renie pas ce côté en moi.

 

ELLE2


Ce n'est pas une légende mais une histoire vraie.

ELLE avait 17 ans lorsque son père, riche commerçant du Nord-Cameroun, la maria à LUI: pour une jeune fille de cette famille, de ce milieu, ce n'était pas trés jeune. Et ELLE se plia sans mot-dire au désir de cet homme qui la chérissait depuis qu'elle avait ouvert ses grands yeux sur le monde.

Aussi fut-elle stupéfaite au soir de ses noces, de découvrir celui à qui son père l'avait  -pensa-t'elle alors-  vendue.

LUI n'était pas, à proprement parler, un homme laid. Grand commerçant Bamiléké il avait, comme beaucoup d'hommes de cette ethnie, cette silhouette râblée, un peu courte, le visage lunaire, les cheveux déjà rares et un peu grisonnants. C'est du moins ce que vit ELLE. Elle ne remarqua pas ses grands yeux un peu tristes, le pli généreux de sa bouche au timide sourire... Non, rien vraiment ne la toucha en lui.

Alors, lorsqu'il l'approcha oh! pour un chaste baiser pourtant, il ne souhaitait pas l'effaroucher, elle le repoussa avec violence et, par la porte-fenêtre ouverte sur la nuit, s'enfuit dans le jardin vers cette charmante gloriette  -mais elle ne savait pas-  qu'il avait fait aménager pour elle. Elle y passa le reste de la nuit: elle savait bien pourtant que le mariage devait être consommé. mais, faisant un pas pour rentrer parfois, elle revoyait cet homme qui lui était apparu si repoussant et ses jambes ne suivaient pas. Elle finit par s'endormir là, sur les coussins dorés de la balancelle bercée doucement par une brise légère.

LUI ne l'avait pas suivie: il comprenait son émoi. Elle a 17 ans, se disait-il. Elle ne sait rien de l'amour, de la vie. Ai-je le droit? Avons-nous le droit?
Il connaissait déjà sa grâce, sa beauté; il l'avait vue grandir, entourée des soins de son père qui la vénérait et des 3 épouses qui l'avaient prise en charge au départ de sa mère. Son père n'avait pas voulu d'autre enfant. Ses épouses n'auraient qu'un seul rôle auquel elles s'étaient strictement tenues, élever et chérir cette unique enfant; et comment ne pas aimer la tendre biche qui leur était confiée!

C'étaient ces pensées-là que LUI remuait dans sa tête tout en s'apprêtant, comme à l'accoutumée, à partir travailler.

Le soir, lorsqu'il rentra au palais, il trouva ELLE installée dans son boudoir prés d'une lampe. Elle brodait à petits points une minuscule pièce de lingerie. Il s'approcha doucement, s'assit en face d'elle, vit sa rougeur monter par plaques de sa gorge vers son cou gracile puis se répandre sur son visage grisé par l'émotion. Il prit ses 2 mains rapprochées dont il ôta la broderie, il porta à ses lèvres les doigts palpitants posés là dans ses mains en coupe à lui tels de fragiles oisillons. Alors ELLE osa lever les yeux vers lui. Elle vit ce regard infiniment doux, infiniment aimant posé sur elle, et elle pleura. Elle pleura longtemps et lui la tint là, tendrement, buvant à petits coups le sel de son visage, apaisant de tout son amour ses peurs et son chagrin.
 

Le coeur gonflé d'amour, ELLE s'étira au chant des oiseaux. Pour qu'elle profite de cette douceur matinale avant la grosse chaleur du jour, LUI avait ouvert avant de partir les grandes baies vitrées donnant sur le parc. Le bruissement de la fontaine finit de la réveiller. Un plateau chargé d'une théière brûlante et de douceurs l'attendait orné d'un vase de cristal d'où émergeaient 5 magnifiques roses rouges. Elle y trouva également un bristol: "Dors tranquille mon amour, je ne serai jamais qu'à toi", avait-il écrit d'un tracé large et élégant.

Quand la servante vint l'habiller, elle prévint ELLE que Monsieur ne rentrerait pas de plusieurs jours: "Oh! il faut s'habituer allez, c'est souvent comme çà. Ils aiment les jeunettes mais retournent toujours vers la 1° épouse", fit-elle détachée.
Le coeur de ELLE se liquéfia:

- Mais où vit-elle, cette femme? balbutia-t'elle.

- Là-bas vers Biltine, bien loin plus au Nord, dit la servante en se retirant trés vite.

Que pensa ELLE? Que fit-elle durant ces 3 longs jours à ne voir personne, même pas son père, son cher vieux père qui l'aimait tant et l'avait pourtant trompée?

Elle pleura beaucoup. Elle espéra.

Au bout de ces 3 jours de longue attente, désespérée de ne pas le voir revenir, elle partit à sa recherche à travers les déserts brûlants. Cheveux au vent, pieds nus, vêtue seulement d'une longue robe claire qui lui faisait une allure de mirage, elle partit. Sans rien d'autre que son désespoir, son chagrin, son immense détresse, elle partit.
 

LUI revint au 4° jour: il était heureux. ELLE etait désormais sa seule, son Unique épouse! Répudiée cette femme épousée par la volonté de son père! Il se voulait libre pour ELLE, amoureux d'ELLE, aux pieds d'ELLE.
 

On ne la revit jamais. Il ne sortit plus. Ses cheveux avaient blanchi dans la nuit même suivant son retour. Sans goût à rien, il errait: plus de travail, plus d'amis, plus rien ne comptait pour LUI que cette minuscule pièce de lingerie brodée par ELLE.

 
Copie de imagemagic

Commentaires

la cata ... des contes à ne pas lire quand on a le coeur en dérive ........ grand rire ..... et bien cordiales pensées ...

Écrit par : Chantal | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Coucouuu la phrase elle est cachée ...dans le sable ;)))
oui bon c'est n'importe nawak
oui merci de m'avoir prévenue pour Julie pck je ne vais pas d'office voir par là ;)

passe une belle journée Mimi ,ici soleil mais bcp de vent ,bcp trop de vent si il se calme pas mhm on va avoir de la pluie ....

gros bisous

Écrit par : bio | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Bonjour Mimi, Superbe tout simplement!!! Hier nous avons fait la fête mais avec modération!!! Ici il fait gris aussi et le tonnerre à grondé toute la nuit. Belle journée, bisousss.

Écrit par : tede | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Mimiiiiiii me souviens pas de ce texte, sûrement avant mon arrivée, la phrase peut-être : comment ne pas aimer la tendre biche....

tu vois chez nous une assiette " creuse " on dit une assiette " profonde " marrant je trouve tout ça..
on me demande du wallon mais là j'y connais rien du tout...
va faire chaud et cet aprem chez mamy mais en bagnole je deviens un peu fainéante, non c'est la côte quand ça chauffe c'est trop dur..
tu me rassures avec mon potager, ma voisine en attrape des cheveux gris mais elle n'ose rien me dire..je me marre..
bisous Mimi tu trouveras bien à occuper les enfants
xxxxxxx a +++++++

Écrit par : nays | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Bonjour Mimi Je donne ma langue au chat.Bonnes vacances.
Et amical bisou
Duke

Écrit par : DUKE | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Bonjour Mimi Pas essayé pour l'exercice mais un texte plus qu'émouvant pour une histoire bien réelle en plus
tout gros bisous mimi passe une bonne après midi

Écrit par : Anne | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

"Elle" a d'abord 17 ans, puis luise dit "elle a 16 ans"..c'etst ça l'incohérence je suppose.
En tous cas, tu imagines bien que j'adore ce genre de textes pétillants Mimi. Bravo. Et à bientît, je vais faire une petite pause, non sans poster un petit texte avant pour prévenir.

Écrit par : Edouard | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Bonjour mimi, Comment ce passe les vacances en famille,fini la pluie???bronzette et barbecue alors.Oui petit mari en vacances mais nous partons vers les Pyrénées Orientales seulement le 22Aout.Merci pour Méli.Bisous mimi profite-en bien ça passe tellement vite

Écrit par : petzouille | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

Oui comme dit tootsie ! Mais bon ce soir ça va mieux. ça DOIT aller mieux.
Bisous Mimi.
Brig

Écrit par : Brigitte | 15/07/2009

Répondre à ce commentaire

C'est bien triste cette histoire Mimi... j'ai pas cherché l'incohérence. J'ai juste lu l'histoire avec grand intérêt...
Oui alors peut être les cheveux grisonnants...
Tes vacances se passent bien ? J'en suis sûre..
Je t'embrasse !

Écrit par : Or | 16/07/2009

Répondre à ce commentaire

coucou Mimi un histoire assez triste
bientôt le départ pour les vacances youpieeeeee
les enfants sont aux anges
nous partirons pour la rochelle
bisous

Écrit par : Pascal | 16/07/2009

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.